[FUCKING SERIES] : Fubar saison 1 : Schwarzy versus la (mauvaise) nostalgie

Par Fuckcinephiles

(Critique - avec spoilers - de la saison 1)

Il y a une sorte de finalité plutôt enthousiasmante, presque comme s'ils faisaient - consciemment ou non - renaître leur rivalité d'antan (bien qu'elle soit cette fois-ci plus amicale qu'autre chose), dans le fait que les deux plus grandes stars du cinéma d'action que sont Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger, aient trouvé quasiment dans le même mouvement, leur place sur le petit écran au moment même où ils arrivent au crépuscule de leur carrière.
Mais si Sly s'est vu offrir un show sur mesure par la plume de Taylor Sheridan - Tulsa King, qui vaut à elle seule l'abonnement à Paramount Plus -, Schwarzy lui, fait sensiblement choux blanc avec la comédie d'action Fubar du côté de la firme au Toudoum - qui lui consacrera un peu plus tard ce mois-ci, une série documentaire à sa gloire, Arnold

Copyright Christos Kalohoridis/Netflix


À sa décharge, la série chapeautée par Nick Santora (Scorpion, Reacher) avait tout, sur le papier tout du moins, d'un retour en arrière nostalgique à sa période faste, avec une comédie d'espionnage so 90s façon sous-True Lies (ou du sous, sous-Chuck pour les initiés), catapultant l'éternel Conan dans le rôle d'un agent de la CIA qui repousse indéfiniment sa retraite puisqu'il a toujours " une dernière mission à mené " et des vilains à arrêter pour sauver le pays - voire le monde -, quand bien même le métier lui a coûté un mariage et des liens solides avec sa fille et son fils.
Tout se pimente néanmoins lorsqu'il apprend que sa fille est, elle aussi, un agent et qu'elle a infiltré une organisation paramilitaire appelée Lape Pa Lanmo, dirigée par Boro Polonia.
Confrontés à des décennies de mensonges et se reprochant mutuellement d'avoir trahi aussi bien la confiance de l'autre que d'avoir brisé l'unité de la cellule familiale, les deux vont néanmoins devoir se supporter (thérapie barrée à la clé) et apprendre à faire équipe (en jouant autant avec les forces que les faiblesses de l'autre) pour coincer Boro et prouver que oui, le travail en famille c'est bien meilleur qu'en solitaire.

Copyright Christos Kalohoridis/Netflix


D'une écriture paresseuse et bardée de clichés qui se fait seppuku avant même d'avoir dépassé la première demie heure du pilote (on voit le moindre rebondissement avec un quart d'heure d'avance), à un rythme furieusement décousu, en passant des séquences d'action plates et obsolètes (où il ne fait aucun doute, cadrage maladroit à la clé, que Schwarzenegger est constamment doublé où presque) que ne vient jamais relever ni un jeu d'acteur pas toujours juste (pas aidé par des archétypes dont ils n'ont aucune possibilité de s'extirper) ni un humour potacho-facile (qui fait plus grincer des dents que mouche), Fubar convoque un charme 90s qui se retourne continuellement contre lui car plus que toute chose, Schwarzy n'est plus le même comédien aujourd'hui - et les projets qu'il porte ne sont plus les mêmes non plus.
Même pétri de bonnes intentions, la série n'est que le symbole criant d'un comédien qui, faute de bons choix (où, plus cruellement, de bonnes propositions) n'a jamais réellement su retrouver un second souffle post-carrière politique malgré quelques belles fulgurances (Le Dernier Rempart, Maggie), à la différence d'un Sly qui a forgé lui-même son retour (et renforcé celui de Schwarzy aussi via The Expendables et Escape Plan), au point même de flirter avec les cérémonies de récompenses.

Copyright Christos Kalohoridis/Netflix


Mais celui-ci reste vaillant, son charisme inné faisant le gros du taf (à défaut d'être bien dirigé, où dirigé tout court) tandis que son timing comique s'avére toujours aussi juste malgré les terribles dialogues et punchlines que le scénario lui assène en permanence.
Insuffisant cela dit pour relever le show du marasme créatif dans lequel il se complaît, un moment de télévision plus ennuyé et ennuyant que fun, là où il avait tout entre ses mains pour être un petit délice de pur Dad TV, qui assume tout du long ses contours régressifs.
Même nous, on est décemment trop vieux pour ces conneries...

Jonathan Chevrier