[CRITIQUE] : L'Aube des Furies

Par Fuckcinephiles
Réalisatrice : Veronica Ngo
Acteurs : Veronica Ngo, Song Luan, Thuan K. Nguyen, Thanh Nhien Phan,...
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Action, Thriller.
Nationalité : Vietnamien.
Durée : 1h49min
Synopsis :
Trois redoutables justicières sont réunies pour faire tomber le sinistre syndicat du crime qui contrôle les sombres rues de Saïgon dans les années 90. Un préquel de Furie


Critique :

Pas exempt de quelques couacs dommageables voire même d'un ton parfois déconcertant, #LAubedesFuries n'en est pas moins une bisserie qui tâche généreuse et savoureusement désordonnée où la mise en scène fluide et dynamique reste constamment au contact de ses empoignades musclées. pic.twitter.com/WUrUWkPyyd

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) March 24, 2023

Tous les amateurs de cinéma bourrin qui envoie gentiment du petit bois n'ont pas forcément le souvenir de Furie premier du nom, petite bombe vietnamienne signée Le-Van Kiet arrivée en catimini du côté de la plateforme au Toudoum en 2019, sorte de Taken furieux (d'où le titre, t'es attentif) et spectaculaire au féminin qui voyait la merveilleuse botteuse de cul Veronica Ngo camper une mère courage/ancienne chef de gang obligée de retourner sur son ancien terrain de jeu pour sauver sa fille d'un réseau de passeurs d'enfants et de trafiquants d'organes - ambiance.
De la bonne bisserie divertissante et violente qui rompait sa prévisibilité évidente et son manque cruel de vraisemblance autant par une mise en scène arienne que par de la castagne gentiment gourmande.
Si l'idée d'une suite n'était pas vraiment pertinente (t'es pas d'accord, Europa Corp ?), force est d'admettre que celle d'un prequel ne s'imposait pas non plus mais titillait tout de même l'intérêt puisque Ngo, au-delà d'y briguer un rôle important à nouveau (mais différent du précédent, évidemment), ajoutait les casquettes de productrice, co-scénariste et réalisatrice dans sa besace.

Courtesy of Netflix

Intitulé L'Aube des Furies (pourquoi s'emmerder ?), ce prequel pousse les potards au maximum en étant sensiblement plus brutal et brut que son aîné dans son exploration de la face sombre qui nous habite, et qui consume toutes celles et ceux qui décident de l'embrasser.
Porté par un pitch résolument prétexte qui lui permet de scruter le conflit interne d'une jeune femme et de sa relation/attirance pour son côté obscur et sa propension à la violence (les origines de Thanh Soi, recueillie puis formée comme deux autres femmes par Mme Lin, pour former un trio sans pitié dont la mission est d'abattre le syndicat du crime à Saïgon, qui fait son beurre dans le trafic de drogues mais surtout avec la prostitution des femmes), le film joue la carte de la pure péloche d'exploitation à l'ancienne, du HK furieux et sanglant glorifiant l'héroïsme iconique tout en ne laissant pas pour autant de côté ses émotions - même si assez sommaires.
Pas exempt de quelques panouilles dommageables (ce long plan-séquence à moto avec un fond vert digne d'une capture PS2) voire même d'un ton parfois déconcertant (ses petites saillies légères qui viennent annihiler sa tension), L'Aube desFuries fait modestement le café, incarnant une bisserie qui tâche généreuse et savoureusement désordonnée où la mise en scène fluide et dynamique reste constamment au contact de ses empoignades burnées.
Pas très fin donc, mais ça se mange sans faim.
Jonathan Chevrier