[CRITIQUE] : Shotgun Wedding

[CRITIQUE] : Shotgun WeddingRéalisateur : Jason Moore
Avec : Jennifer Lopez, Josh Duhamel, Jennifer Coolidge, Sonia Braga, Lenny Kravitz, Cheech Marin,...
Distributeur : Amazon Prime Vidéo France
Budget : -
Genre : Comédie, Action, Romance.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h41min
Synopsis :
Un couple décide de se marier dans un endroit exotique loin de la civilisation mais cet espace paradisiaque est sous la coupe de criminels. En protégeant leurs familles respectives, les tourtereaux redécouvrent pourquoi ils tenaient tant à se marier.

Critique :

Romcom d'action férocement déséquilibrée, #ShotgunWedding, jamais vraiment drôle ni musclé, se tire lui-même des balles dans pied de sorte que même toute l'énergie de J-Lo ne puisse jamais l'élever au-delà de son indéboulonnable statut d'offre de streaming générique et régressive pic.twitter.com/kkESuMF0FT

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) January 27, 2023

De The Wedding Planner à Monster-in-Law en passant par le récent Marry Me, Jennifer Lopez, au-delà d'être depuis deux décennies maintenant une reine sans âge de la comédie romantique US (même si ses choix récents viennent clairement muscler - pour le mieux - sa filmographie), peut également se voir experte de la romance sous fond de mariage, et il était donc tout naturel qu'elle porte sur ses belles - et de plus en plus badass - épaules, une fusion improbable entre la romcom classique et l'actionner débridé.
Sur le papier, Shotgun Wedding de Jason Moore, qui a connu quelques remous au démarrage (Josh Duhamel a remplacé un Armie Hammer blacklisté à Hollywood, mais aussi Ryan Reynolds qui était un temps pressenti), vendait donc un chouïa du pâté dans son idée de faire de l'éternel " Jenny from the block " une mariée dont la robe pouffante perd progressivement des couches de tulle et sa splendeur alors qu'elle se fritte non seulement avec son futur époux, des invités grincheux mais aussi et surtout des pirates philippins armés venus piquer la fortune de son paternel, et qui l'obligent à prendre - littéralement - les armes pour sauver ce qui est censé être " le plus beau jour de sa vie ".

[CRITIQUE] : Shotgun Wedding

Copyright Prime Video / Lionsgate


Malheureusement côté exécution, le cocktail ne prend jamais vraiment et le tout vire très vite à la limonade certes désaltérante mais loin d'être fraîche, sensiblement à court d'idées bien avant même que la dernière balle n'ait volé.
Comédie romantique d'action dans laquelle l'action est frappée sans inspiration ni panache (même si elle est, pour le coup, étonnamment violente), la romance est tiède (la faute en grande partie au manque d'alchimie entre les deux comédiens vedette), le drame relationnel limité (même si ce n'est pas réellement le but de ce genre de production d'appuyer sur les fragilités du couple ni des relations familiales tendues, au coeur de l'histoire) et la comédie affreusement plate (qui ne joue jamais la carte du slapstick tant espéré), de sorte que même toute l'énergie et le charme de J-Lo ne puissent l'élever au-dessus de son indéboulonnable statut d'offre de streaming simpliste et un brin agressive; le film, qui arbore sans complexe son étrange déséquilibre tonal, semble tout du long laisser de côté la moindre de ses armes percutantes (les désopilantes Jennifer Coolidge et Sonia Braga - qui se battent avec des dialogues génériques - et le génial Cheech Marin en tête) au profit d'un contenu expéditif, prévisible et boiteux, dénué de tout suspense et ne provoquant aucun rire sincère - un sacrilège vu les talents impliqués.

[CRITIQUE] : Shotgun Wedding

Copyright Prime Video / Lionsgate


Ni la réalisation fonctionnelle de Jason Moore et encore moins le scénario peu exigeant de Mark Hammer, ne se penchent suffisamment sur l'absurdité de la situation pour que Shotgun Wedding décolle réellement et embrasse la pleine mesure jouissive de son potentiel : incarner un wannabe Die Hard comico-décomplexé sous les tropiques où un John McClane à marcel se voit remplacé par une J-Lo en robe de mariée, à qui il ne faut définitivement pas foutre les noces en l'air et qui prend au pied de la lettre le sentencieux " jusqu'à ce que la mort nous sépare "...
Jonathan Chevrier
[CRITIQUE] : Shotgun Wedding