Les Lignes Courbes de Dieu (2022) de Oriol Paulo

Par Seleniecinema @SelenieCinema

Nouveau film du réalisateur espagnol Oriol Paulo, encore assez peu connu chez nous mais qui a pourtant connu un certain succès avec ses premiers thrillers "El Cuerpo" (2012), "L'Accusé" (2017) et "Mirage" (2018) qui montre bien les influences du cinéaste, essentiellement Agatha Christie et Alfred Hitchcock. Le réalisateur -scénariste précise : "Ce que j'essaie de faire, c'est d'intégrer les grands classiques du suspens au sein du XXIème siècle." Pour son nouveau projet, sous l'égide de la plateforme Netflix, il adapte le roman "Los Renglones Torcidos de Dios" (1979) de Torcuato Luca de Tena. Oriol Paulo co-écrit son scénario avec Guillem Clua créateur et auteur de la série TV "Smiley" (2022)... Pour une de ses enquêtes, une détective privée infiltre un hôpital psychiatrique où elle prétend souffrir de paranoïa. Elle doit trouver ce qui s'est passé réellement sur le présumé suicide d'un patient, mais très vite elle se retrouve prisonnière de son propre plan...

Cette détective est incarnée par Barbara Lanie qui retrouve son réalisateur après "L'Accusé" (2017), aussi remarquée dans "La Nina de Fuego" (2015) de Carlos Vermut,  "Oro, la Cité Perdue" (2018) de Agustin Diaz Yanes, "El Reino" (2019) de Rodrigo Sorogoyen, puis retrouve également après les films "La Piel que Habito" (2011) de Pedro Almodovar, "El Nino" (2015) de Daniel Monzon et "Everybody Knows" (2018) de Asghar Farhadi son partenaire et directeur de l'asile, Eduard Fernandez vu entre autre dans "Truman" (2015) de Cesc Gay, "L'Homme aux Mille Visages" (2016) de Alberto Rodriguez ou "Lettre à Franco" (2019) de Alejandro Amenabar. Citons ensuite Javier Beltran aperçu surtout à la télévision dont la série TV "Si je ne t'avais Rencontrée" (2019) après laquelle il retrouve son partenaire Pablo Derqui vu dans "Les Yeux de Julia" (2010) de Guillem Morales écrit pas Oriol Paulo, "Neruda" (2017) de Pablo Larrain ou "Les Mystères de Barcelone" (2022) de Lluis Danes, Federico Aguado surtout vu à la télévision dont séries TV "Mar de Plastico" (2015-2016), "La Peste" (2019) et dans le film d'horreur "Venus" (2022) de Jaume Balaguero, Antonio Buil vu dans "La Reine d'Espagne" (2018) de Fernando Trueba, "Les Siffleurs" (2020) de Corneliu Porumboiu et en France dans "Amants" (2021) de Nicole Garcia, Loreto Mauleon vu dans la série TV "El Secreto de Puente Viejo" (2012-2019) après laquelle il retrouve l'actrice Adelfa Calvo vue dans les films "Biutiful" (2010) de Alejandro Gonzales Inarritu, "La Isla Minima" (2015) de Alberto Rodriguez et "Madre Paralelas" (2021) de Pedro Almodovar... Le film débute en entrant directement dans le vif du sujet avec l'arrivée de la détective Alice comme patiente avec dès les premières minutes une collection d'invraisemblances, sur le fond comme dans la forme. D'abord on se demande ce qu'a voulu faire le réalisateur, à savoir que le livre date de 1979, mais que le film semble se dérouler aujourd'hui, tandis que cet hôpital psychiatrique semble complètement anachronique dans ses décors, son agencement ou son architecture, mais aussi et surtout dans son règlement et fonctionnement, voir même dans ces patients dont on a l'impression qu'ils sont issus d'un autre siècle. 

Ensuite on reste perplexe devant les protocoles mis en place, comme cette fouille intime dont on se demande pourquoi elle dure si long (?!), puis ensuite on se demande pourquoi cette nouvelle patiente a droit a autant de passe-droit comme une cigarette, garder un livre, obtenir les clefs de toilettes réservées. On peut aussi noter cette raison fumeuse qui aurait pousser à mentir à l'époux, tandis qu'on apprend que l'urticaire aquagénique serait une maladie mentale ?!... etc... Une accumulation importante d'invraisemblances et/ou d'incohérences qui parasitent le récit jusqu'à ce qu'on comprenne que la version de cette patiente infiltrée est si facilement vérifiable qu'il est totalement absurde de refuser de passer un simple coup de fil, et donc, qui dévoile d'emblée et logiquement le twist final presque une heure avant la fin. Quelle maladresse, quel gâchis ! Le cinéaste met en place un climax assez efficace au début, un scénario pas si mal fichu dans sa ligne directrice, une actrice principale solide, subtile et investie ce qui n'est pas le cas du directeur/Fernandez trop caricatural, trop lisible. Mais il y a trop de paramètres pas crédibles pour convaincre. Dommage... 

Note :                 

08/20