[CRITIQUE] : You won't be alone

Par Fuckcinephiles
Réalisateur : Goran Stolevski
Acteurs : Noomi Rapace,Alice EnglertAnamaria Marinca,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Épouvante-horreur, Fantastique, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h48min.
Synopsis :
Une jeune fille transformée en sorcière dispose du pouvoir de prendre l’apparence de n’importe quel être ou animal. Elle passe alors de corps en corps pour faire son expérience de la diversité des êtres vivants.


Critique :

Pas si éloigné des questionnements mystiques/existentielles de Malick, #YouWontBeAlone se fait une fable sombre et existentialiste au lyrisme envoûtant, un vrai film d'émerveillement doux-amer sur l'humanité et ses imperfections qui bouscule la figure stéréotypée de la sorcière. pic.twitter.com/86ZDIN4BFV

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) December 4, 2022

C'est un fait indiscutable (ou pas loin), depuis Millenium premier du nom, tous les spectateurs de bon goût sont tombés amoureux de la merveilleuse Noomi Rapace, petit bout de femme badass à souhait à la vulnérabilité captivante, qui a la particularité d'être totalement investi dans ses rôles, même les plus indéfendables flanqués dans les péloches les plus... indéfendables (oui, c'est logique).
Un attachement qui rend de facto chacun de ses nouveaux films férocement immanquable, même s'ils sont pour la plupart gentiment exemptés des salles obscures.
À l'instar des récents The Trap de Tommy Wirkola, qui avait été une excellente surprise en tant que DTV bien barré, et Lamb de Valdimar Jóhannsson, petit bout d'horreur folklorique moderne mâtiné de drame à combustion lente, You won't be alone de Goran Stolevski lui permet à nouveau de dégainer l'une de ses meilleures performances à ce jour, dans ce qui s'apparente comme une expérience à part, étrange et profondément pénétrante qui n'est pas sans rappeler sous certains aspects celle qu'incarnait Under The Skin de Jonathan Glazer.

Photograph: Branko Starcevic/Focus Features

Estampillé premier long-métrage du wannabe cinéaste australien, le film ne se fait pas tant un morceau d'horreur folklorique, même s'il en épouse de nombreux codes autant qu'une propension à laisser s'exprimer ses penchants sanglants, que profondément dérangeante dans sa manière d'incarner une réflexion viscérale et sensitive sur les méandres de l'âme humaine, scrutée au travers de l'odyssée cathartique et quasi-mutique d'une femme en marge (elle est devenue une sorcière à cause de la violence sourde et de l'intolérance nourrit par la société patriarcale), Nevena, qui se métamorphose en ses victimes, chaque corps lui donnant une nouvelle fenêtre curieuse pour vivre l'expérience d'être humain et sa quête frustante mais romantique d'amour et d'affection.

Pas si éloigné des questionnements mystiques et existentielles de Terrence Malick - le pendant religieux en moins mais le gore en plus -, You won't be alone se fait une fable sombre et existentialiste au lyrisme gothique envoûtant, un vrai film d'émerveillement doux-amer et embaumé dans la partition lumineuse de Mark Bradshaw, sur l'humanité et ses imperfections qui s'octroie le luxe de bousculer en prime, la figure stéréotypée de la sorcière.
Un pur voyage transcendantal éblouissant et terrifiant, qui aurait mérité une sortie plus reluisante qu'une apparition en catimini par la case VOD...
Jonathan Chevrier