[CRITIQUE] : Fumer Fait Tousser

[CRITIQUE] : Fumer Fait TousserRéalisateur : Quentin Dupieux
Avec : Gilles Lellouche, Vincent Lacoste, Anaïs Demoustier, Jean-Pascal Zidi, Oulaya Amamra,…
Distributeur : Gaumont Distribution
Budget : -
Genre : Comédie
Nationalité : Français
Durée : 1h20min
Synopsis :
Après un combat acharné contre une tortue démoniaque, cinq justiciers qu’on appelle les "TABAC FORCE", reçoivent l’ordre de partir en retraite pour renforcer la cohésion de leur groupe qui est en train de se dégrader. Le séjour se déroule à merveille jusqu’à ce que Lézardin, empereur du Mal, décide d’anéantir la planète Terre…
Critique :

Avec #FumerFaitTousser, loin d'incarner un pastiche de son propre cinéma, Quentin Dupieux fait se percuter avec nostalgie Power Rangers et Chair de Poule dans un pur délire (très) actuel où réfléchir au sens de sa vie et à l’écologie se transforment en sujet gore (@CookieTime_LE) pic.twitter.com/gxDEnQFT9V

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) November 27, 2022

On ne peut plus arrêter Quentin Dupieux. Depuis Au Poste, sorti chez nous en 2018, le réalisateur nous a offert un film par an. Cette année, ce n’est pas un, pas trois mais bien deux films au cinéma. Quelques mois seulement après Incroyable mais vrai, où il s’attaquait à la tyrannie du jeunisme dans notre société, le cinéaste sort Fumer Fait Tousser. Ce onzième long métrage n’est pas passé inaperçu au dernier Festival de Cannes. Et pour cause ! Outre son titre énigmatique et rigolo, ce nouveau film s’empare d’une imagerie kitsch assumée, reprenant le ton et le style de la série Power Rangers.
Ce sont les Tabac Force. Benzène, Méthanol, Nicotine, Mercure et Ammoniaque combattent les forces du mal. Ceux-ci étant des monstres de carton pâtes, pas dangereux pour deux sous. Qu’importe, ces super-héro⋅ines prennent leur job au sérieux. Accoutré⋅es de combinaisons en vinyle, ils et elles vont là où leur chef Didier les envoie.

[CRITIQUE] : Fumer Fait Tousser

Copyright Gaumont Distribution


Dupieux n’est jamais aussi drôle quand il s’affranchit tout à fait des enjeux scénaristiques. On avait peur de le voir s’enfermer dans une pastiche de lui-même, avec des films faussement décalés, reprenant sans cesse les mêmes gimmicks. Dans Fumer Fait Tousser, les enjeux n'existent pas. Les personnages sont aussi lisses qu’une page de comics, voués à se répéter ad vitam eternam. Leurs actions n’aboutissent à rien. C’est dans ce rien, cependant, que se niche la bonne idée du film : leur ennui devient source d’inspiration. En vacances, pour “la cohésion du groupe”, d’après le chef Didier, les Tabac Force se rassemblent autour d’un feu, en pleine forêt, et se racontent des histoires qui font peur. Les Power Rangers laissent place à Chair de Poule, version Dupieux évidemment. Les histoires, plus loufoques les unes que les autres, détonnent par leur conception toute particulière de l’horreur. Point de fantôme, de tueur en série ou de monstre sanguinaire. Réfléchir au sens de sa vie ou l’écologie se transforment en sujet gore. Attention les yeux, l’hémoglobine gicle un peu partout !
Comme à son habitude, le cinéaste met en avant des personnages gauches, détestables parfois mais tellement entiers qu’ils en deviennent attachants. Fumer Fait Tousser ne fait pas exception. Le casting s’amuse et apporte une touche de légèreté salvatrice. Car l’air de rien, le film s’approche de l’actualité pour mieux appuyer là où ça fait mal. La nostalgie d’une autre époque, l’avant, là où tout était mieux, là où on pouvait (supposément) tout dire, est moquée par le réalisateur. La scène finale, hilarante, dépeint un immobilisme sécurisant. On se plaint mais on ne fait rien pour vivre dans un monde meilleur, le regard perdu dans le vide vers une époque révolue qu’on ne pourra jamais revivre de toute façon. “Changement d’époque en cours”.
Il ne nous reste que les histoires que l’on se raconte, espérant que la morale fasse son chemin et ouvre les œillères. En attendant, il faudra compter sur Quentin Dupieux pour nous faire rire et nous décomplexer. Si la Terre court à sa perte, autant patienter sagement dans une salle de cinéma.
Laura Enjolvy
[CRITIQUE] : Fumer Fait Tousser

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