[CRITIQUE] : Bones & All

[CRITIQUE] : Bones & AllRéalisateur : Luca Guadagnino
Acteurs : Timothée Chalamet, Taylor Russell, Mark Rylance, André Holland, Michael Stulhbarg, Jessica Harper, Michael Stuhlbarg, David Gordon-Green, Francesca Scorsese, Chloë Sevigny,...
Distributeur : Warner Bros. France
Budget : -
Genre : Drame, Épouvante-horreur, Romance.
Nationalité : Italien, Américain.
Durée : 2h10min.
Synopsis :
Maren part à la recherche de sa mère et rencontre Lee, un adolescent à la dérive qui va l’embarquer dans un road trip enflammé sur les routes de l’Amérique profonde. Leur amour naissant sera-t-il suffisamment fort pour résister à leurs démons, leur passé et le regard d’une société qui les considère comme des monstres ?

Critique :

Odyssée un brin conventionnelle sur la découverte - pas uniquement de soi -, la vie et la mort sous fond de difficile passage à l'âge adulte où les massacres cruels sont paradoxalement les pièces d'une douce guérison, #BonesAndAll est un teen movie aussi troublant que doux-amer. pic.twitter.com/MdCBKOvwyb

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) November 20, 2022

Sur le papier, l'intrigue de Bones & All - basé sur le roman éponyme de Camille DeAngelis - pourrait être pris comme une mauvaise blague, un de ces teen movies parodico-méta qui n'ont de drôles que les fausses promesses qu'elles déclament dans des campagnes promotionnelles furieusement racoleuses.
Voyez plutôt : croiser une romance adolescente mettant en vedette la gueule d'ange triste la plus populaire du moment, avec une intrigue de cannibales en pleine crise existentielle, force est d'admettre que l'on a connu moins propice à la rigolade.
Et pourtant, rien de cela au coeur du nouveau long-métrage de Luca Guadagnino, tant toute idée d'absurdité se dissipe dès les premières secondes tant le cinéaste est l'un des plus prompt du moment à triturer les questions de la jeunesse et de l'identité au sein de sa filmographie.

[CRITIQUE] : Bones & All

Copyright Yannis Drakoulidis / Metro Goldwyn Mayer Pictures


Sensiblement entre le chef-d'oeuvre Badlands de Terrence Malick et le bijou Near Dark de Kathryn Bigelow - avec une pointe du Grave de Julia Ducournau -, le film suit les aléas de la jeune Maren, une adolescente abandonnée par son père en raison de son incapacité sensiblement problématique à ne pas pouvoir contenir son envie de chair humaine.
Seule, elle entreprend un voyage à travers les États-Unis pour retrouver sa mère disparue.
Au cours de son road trip tordu, elle rencontrera d'autres individus comme elle dont Lee, également cannibale, elle se laissera une chance d'épouser une vie en harmonie avec elle-même et explorera même la possibilité de trouver l'amour au milieu des viscères...
S'il a beau suivre le chemin balisé de la romance adulescente familière qui occupe gentiment le planning des sorties annuelles, le film s'autorise néanmoins quelques embardées savoureusement imprévisibles.
Si, habituellement, les romances adolescentes partent du territoire sentimental et vaporeux pour ensuite passer, étape par étape, au domaine du physique, Bones & All inverse le rapport de force en se focalisant de prime abord sur le physique (plus proche de la nausée et du dégoût qu'autre chose) au romanesque.
Une version profondément horrifique des crocs moralement tourmentés de Twilight où la condition cannibale est presque élevé au rang de super-(anti)héros, où tuer n'est plus amoral - voire même banalisé -, où manger son prochain fait tutoyer l'extase et où la marginalité est aussi absolue que propice à se créer une nouvelle famille.

[CRITIQUE] : Bones & All

Copyright Yannis Drakoulidis / Metro Goldwyn Mayer Pictures


Odyssée sur la découverte (pas uniquement de soi), la vie et la mort sous fond de difficile passage à l'âge adulte où les massacres les plus cruels sont paradoxalement les pièces d'une douce guérison, Bones & All se fait une expérience troublante et douce-amère où Guadagnino cite le body horror sinistre de son Suspiria autant que la tendresse réservée et déchirante de son Call me by your name.
Une vraie et mordante (pardon) surprise.
Jonathan Chevrier
[CRITIQUE] : Bones & All

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