Les Femmes du Square (2022) de Julien Rambaldi

Après "les Meilleurs Amis du Monde" (2010), "Bienvenue à Marly-Gomont" (2016) et "C'est la Vie" (2020) l eréalisateur-scénariste Julien Rambaldi revient avec une idée autour de son propre fils Dino et Amina sa nounou : "En observant leur relation, j'ai réalisé que mon fils de sept ans à l'époque connaissait cette femme mieux que moi. Il était au courant de ses problèmes de famille, de santé ; il est même parti au Maroc avec elle une fois. Tous deux étaient en fusion. Dans un foyer où les parents sont séparés, ces femmes deviennent des repères pour les enfants. Les parents sont immergés dans leur vie professionnelle sans prendre conscience que cela est rendu possible grâce à ces femmes. Elles passent plus de temps avec les enfants dont elles s'occupent qu'avec les leurs. C'est cette relation que je voulais raconter, ainsi que ce mur invisible entre les parents et ces aides à domicile, ce jeu de cache-cache dans ces appartements dont les enfants sont au coeur." Notons que Dino et sa nounou apparaissent dans le film comme un clin d'oeil. Le cinéaste signe donc un film assez personnel, avec également son frère Emmanuel Rambaldi qui signe la musique... Angèle, jeune ivoirienne s'en sort souvent grâce à sa tchatche et son culot mais cette fois elle risque des représailles d'un gang. Pour se mettre un peu au vert elle se fait embaucher comme nounou pour Arthur, un garçon de 8 ans dont les parents sont issus des beaux quartiers. Découvrant un autre univers et les conditions de travail de ses consoeurs Angèle décide de les aider, d'abord avec quelques subterfuges puis en demandant l'aide d'un jeune avocat...

Les Femmes du Square (2022) de Julien Rambaldi

Angèle est incarnée par Eye Haïdara remarquée par le réalisateur pour sa performance dans "Le Sens de la Fête" (2017) du duo Toledano-Nakache, vue récemment dans "Kung-Fu Zohra" (2022) de Mabrouk El Mechri et "Les Goûts et les Couleurs" (2022) de Michel Leclerc, et retrouve après le navet "Brutus vs César" (2020) de Kheiron son partenaire Marc Zinga qui retrouve de son côté le réalisateur après "Bienvenue à Marly-Gomont" (2016) et vu depuis dans "Nos Patriotes" (2017) de Gabriel Le Bomin et "Tori et Lokita" (2022) des frères Dardenne. Le jeune Arthur est interprété par le jeune Vidal Arzoni aperçu dans "Pearl" (2019) de Elsa Amiel, sa maman est jouée par l'omniprésente Léa Drucker qui retrouve aussi le réalisateur après "C'est la Vie" (2020), qui est là dans son 7ème film de l'année depuis "Adieu Paris" de et avec Edouard Baer au tout récent "Couleurs de l'Incendie" (2022) de et avec Clovis Cornillac, elle retrouve après "La Sainte Famille" (2019) son réalisateur et acteur Louis-Do de Lencquesaing vu dans "Ouistreham" (2021) de Emmanuelle Carrière, "Illusions Perdues" (2021) de Xavier Giannolo et "Kompromat" (2022) de Jérôme Salle. Le jeune avocat est incarné par Ahmed Sylla vu dans "Inséparables" (2019) de Varante Soudjian et Jean-Marc Zadi puis dernièrement dans "Jumeaux mais pas Trop" (2022) de Olivier ducray et Wilfried Méance. Citons ensuite Elodie Navarre devenue particulièrement rare sur grand écran avec seulement trois long métrages en 10 ans, "Opium" (2013) de et avec Arielle Domsbale, "Bonjour Anne" (2016) de Eleanor Coppola et "Notre-Dame Brûle" (2022) de Jean-Jacques Annaud après lequel elle retrouve Pascal Rénéric vu dans "La Vraie Famille" (2021) de Fabien Gorgeart et retrouve aussi après "Un Petit Frère" (2022) de Léonor Séraille sa partenaire Annabelle Lengronne vue dans "Filles de Joie" (2020) de Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich ou "Novembre" (2022) de Cédric Jimenez. N'oublions pas Bwanga vu dans "Faut pas lui Dire" (2016) et "Adorables" (2020) tous deux de Solange Cicurel, Jisca Kalvanda révélée de l'excellent "Divines" (2016) de Houda Benyamina puis aperçue dans "L'Ordre des Médecins" (2019) de David Roux et "Exfiltrés" (2019) de Emmanuel Hamon, et pour finir citons l'actrice Assouma Sow aperçue dans "Madeleine Collins" (2021) de Antoine Barraud... Pour commencer, remarquons que le tournage s'est déroulé majoritairement dans le square d'Anvers dans Paris 9ème, un choix logique et judicieux puisque situé entre la cossue avenue Trudaine et les quartiers plus populaires de Pigalle. Le cinéaste précise sur ce point : "J'aime ce contraste, dont Angèle, qui fait ses petites arnaques à Clignancourt et va aider Arthur à transiter doucement vers l'âge adulte, se fait le trait d'union. Ce square dessine une frontière symbolique entre deux mondes : on y trouve des femmes d'origine maghrébine, africaine ou asiatique." Pourtant, on peut aussi tiquer un peu sur le cliché véhiculé dans le film, à savoir qu'il n'y aurait pas de caucasiennes ("blanches" voir même blanc !) qui seraient nounous ; ça serait l'inverse on crierait au racisme ou à l'amalgame ou autre termes devenus à la mode. La pauvreté n'est pas l'apanage d'une certaine couleur, ce n'est pas si simple et on en voit encore le cliché avec la courte séquence du métro. Agaçant.

Les Femmes du Square (2022) de Julien Rambaldi

Mais même semée de maladresses l'histoire reste sur le fond universelle et c'est ce qui doit importer. Après un début de film anecdotique le bagout de Angèle n'est pas sans charme ni drôlerie jusque dans les moments où elle est prise à son propre piège avec par exemple la rencontre avec l'avocat noir, alias Ahmed Sylla qui surprend en contre-emploi  complet où il s'en sort avec classe et sobriété. D'ailleurs sur cet idylle (il en fallait une !) on aime aussi beaucoup l'absence de niaiserie ou de romantisme suranné pour une relation moderne. Le scénario est vraiment bien ficelé dans le déroulement de l'intrigue et dans l'évolution de l'histoire même si c'est convenu, la bonne cadence des gags souvent réussis font qu'on ne s'ennuie jamais. Certe il y a encore des poncifs un peu faciles voir même des incohérences (comment croire qu'un nantis quitterait son avocat pour quelques milliers d'euros alors qu'il vient de lui en faire gagner 800000 euros ?!) mais la sauce prend avec bonne humeur et fantaisie tout en faisant passer le message. Souvent drôle, cette petite comédie n'omet pas la partie émotion sans jouer la carte de la larme facile. Finalement, les raccourcis sont des détails, on passe tout de même un bon moment de divertissement.

Note :      

Femmes Square (2022) Julien RambaldiFemmes Square (2022) Julien Rambaldi

12/20

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