Armageddon Time (2022) de James Gray

Nouveaux films de James Gray un des plus grands réalisateurs de ces 30 dernières années de "Little Odessa" (1994) à "Ad Astra" (2019) en passant par "The Yards" (2000), "Two Lovers" (2008) ou "The Lots City of Z" (2016). Le réalisateur-scénariste s'inspire de sa propre enfance pour une histoire forcément très personnelle ce qui place son film dans la lignée d'un sous-genre en soi qui voit de grands cinéastes s'offrir des films mémoires à l'instar de "Roma" (2018) de Alfonso Cuaron, "Belfast" (2021) de Kenneth Branagh, "Licorice Pizza" (2022) de Paul Thomas Anderson et en attendant le prochain "The Fabelmans" (2023) de Steven Spielberg... Début des années 80, le jeune Paul Graff mène une enfance normale dans le Queens à New-York. Il fait les 400 coups avec son meilleur ami Johnny mais leur amitié souffre de la couleur de peau de ce dernier. Mais Paul pense pouvoir gérer car sa mère est présidente du conseil des Parents d'Elèves et il a le soutien de son grand-père dont il est très proche. Mais un incident change tout et Paul est envoyé dans une nouvelle école dont le directeur est Fred Trump père du milliardaire Donald Trump, futur président des Etats-Unis... 

Armageddon Time (2022) de James Gray

Le jeune Paul Graff, alter ego du jeune James Gray est incarné par Michael Banks Repeta remarqué récemment dans "Black Phone" (2022) de Scott Derrickson. Ses parents sont interprétés par Anne Hathaway vue dernièrement dans "Sa Dernière Volonté" (2021) de Dee Rees, "Sacrées Sorcières" (2021) de Ronert Zemeckis et "Locked Down" (2021) de Doug Liman, elle retrouve après "Serenity" (2019) de Steven Knight son partenaire Jeremy Strong vu dans "The Gentlemen" (2020) de Guy Ritchie et "Les Sept de Chicago" (2020) de Aaron Sorkin. Le grand-père est incarné par Anthony Hopkins vu dans "The Father" (2021) de Florian Zeller et "Le Virtuose" (2021) de Nick Stagliano. Citons Tovah Feldshuh vu dans "Danny Balint" (2001) de Henry Bean, "La Jeune Fille de l'Eau" (2006) de M. Night Shyamalan et "Broadway Therapy" (2014) de Peter Bogdanovich, Domenick Lombardozzi habitué des films de mafieux et qui retrouve ici James Gray après "The Yard" (2000) et "Blood Ties" (2013) de Guillaume Canet, John Diehl vu dans "New-York 1997" (1981) de John Carpenter, "Chute Libre" (1993) de Joel Schumacher ou "Road to Nowhere" (2010) de Monte Hellman, puis enfin Jessica Chastain vue dans "Dans les Yeux de Tammy Faye" (2021) de Michael Showalter et "355" (2022) de Simon Kinberg et qui retrouve  Jeremy Strong après "Zero Dark Thirty" (2012) de Kathryn Bigelow... Paul Graff entre en 6ème, le petit devient grand et se retrouve en collège public ce qui nous interroge aussitôt quand on sait que le frère aîné est en collège privé, pourquoi lui et pas l'autre (?!) on ne saura jamais. Désormais habitué depuis les précédents réalisateurs qui se sont prêtés au jeu de l'introspection de leur enfance on constate ici que James Gray préfère se focaliser sur une seul paramètre : le racisme, ou plutôt le jeune Paul confronter pour la première fois racisme. C'est un peu court dommage, et forcément le film devient un peu trop moralisateur et donneur de leçon alors qu'on s'attendait à une chronique sur un jeune ado qui grandit et passe un cap vers l'âge adulte et pas seulement apprendre ce qu'est le racisme.

Armageddon Time (2022) de James Gray

Le plus maladroit et décevant se trouve sur une scène qui est aussi, paradoxalement, la plus réussie. Cette scène est celle où Paul rejoint son grand-père pour lancer une fusée, une séquence magnifique, touchante, et ne même temps on est déçu que le grand-père impose une leçon anti-racisme sans que Paul n'y comprenne rien, ni sur l'instant ni plus tard et donc ne récit manque l'étape où justement l'enfant devient plus mature grâce à cette relation entre son papi et son meilleur ami black. Dommage. Par là même, Paul reste un enfant, on peut avoir du mal à comprendre qu'il n'y a pratiquement aucun passage bonheur ou de jeu, à contrario des films cités plus haut par exemple. Heureusement, James Gray reste un des meilleurs de sa génération, il offre une mise en scène élégante et subtile, un joli écrin pour une reconstitution eighties qui ne l'est pas moins. En prime un casting au diapason, même si on est touché d'autant plus quand on perçoit un Anthony Hopkins réellement diminué, en bonus excellente performance de Jeremy Strong et un jeune Banks Repera qu'on reverra à coup sûr. En conclusion, un film sur la forme très beau et maîtrisé, mais sur le fond si c'est aussi touchant et même ludique ça manque un peu de densité et la dimension moralisatrice à la Disney est un peu simpliste. Pas le meilleur film du réalisateur mais ça reste un très bon moment cinéma surtout pour ceux qui sont de la même génération comme votre serviteur.

Note :   

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14/20

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