[CRITIQUE] : À l'Ouest, rien de nouveau

[CRITIQUE] : À l'Ouest, rien de nouveau

Réalisateur : Edward Berger
Avec : Felix Kammerer, Albrecht Schuch, Aaron Hilmer, Daniel Brühl,…
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Drame, Guerre, Historique.
Nationalité : Allemand, Américain, Britannique.
Durée : 2h28min
Synopsis :
L'histoire poignante d'un jeune soldat allemand sur le front occidental pendant la Première Guerre mondiale. En première ligne, Paul et ses camarades voient l'euphorie initiale se muer en désespoir et en épouvante quand ils se retrouvent à défendre leurs vies au fond des tranchées.


Critique :

Spectaculaire et épique tout autant qu'il est dénué de tout sentimentalisme facile et d'envolées héroïques, #ALOuestRienDeNouveau se fait une puissante et nécessaire expérience qui capture avec intensité et crudité la brutalité et l'inhumanité de la guerre. pic.twitter.com/AM3MVxhUBl

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) October 30, 2022

 
Difficile de dire si le roman anti-guerre d'Erich Maria Remarque méritait totalement une nouvelle adaptation cinématographique après le monument de Lewis Milestone de 1930, mais force est de constater que celle chapeauté - plus où moins fidèlement - par Edward Berger pour la plateforme au Toudoum (et la première produite par l'Allemagne) est un uppercut brutal, une expérience viscérale et impressionnante techniquement qui s'inscrit dans la droite lignée de son illustre aîné, tout en incarnant un devoir de mémoire on ne peut plus essentiel à une heure où la bêtise humaine nous rapproche (inéluctablement ?) d'un nouveau conflit mondial.
Dénué de tout sentimentalisme facile ni d'envolées héroïques, le film capture l'horreur de la guerre avec crudité, ces milliers de soldats sacrifiés pour une cause inutile tandis que les élites tergiversent, cette ferveur patriotique faussement excité avant que les balles ne fusent, que le sang coule comme des rivières dans les tranchées gelées et remplies de boues, que les corps s'amoncellent et se voient bouffer par les rats, que la faim, le désespoir et la solitude ne se voient atténués que par un esprit de camaraderie qui sent lui-même que ses jours (heures) sont comptés.

[CRITIQUE] : À l'Ouest, rien de nouveau

Copyright Netflix / Reiner Bajo


Des pions jetables aux destins scellés au moment même où ils se sont enrôlés et ont portés leurs uniformes, tuniques de la mort qui appartenaient déjà à d'autres avant eux, et qui leur survivront.
Pur effort funambule, à la fois incroyablement sombre et épique dans sa manière de conter la quête de survie d'une poignée de soldats qui n'ont d'autre choix que de se battre non pas pour leur patrie, mais uniquement pour eux-mêmes (les déserteurs sont purement et simplement fusillés sur place), tous frappés par le sceau de la culpabilité de devoir prendre la vie d'autrui pour conserver un temps la leur; À l'Ouest, rien de nouveau, raconté principalement à travers les expériences du jeune Paul Bäumer (excellent et empathique Felix Kammerer), dépeint se manière vivante et vibrante la guerre des tranchées (porté par la photographie douloureusement crépusculaire de James Friend), gouffres de désespoir où il n'y a aucun répit, pas même celui de la mort.
Une vraie expérience de cinéma spectaculaire, intense et aux vérités nécessaires qui mettent avec puissance l'accent sur la brutalité et l'inhumanité de la guerre, une leçon qui devrait être acquise depuis longtemps, mais dont on démontre le contraire encore aujourd'hui.
Jonathan Chevrier
[CRITIQUE] : À l'Ouest, rien de nouveau