[CRITIQUE] : Barbare

[CRITIQUE] : Barbare

Réalisateur : Zach Cregger
Acteurs : Georgina Campbell, Bill Skarsgård, Justin Long,...
Distributeur : Disney Plus France
Budget : -
Genre : Épouvante-horreur, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h43min.
Synopsis :
Se rendant à Détroit pour un entretien d'embauche, Tess se retrouve à louer un « Airbnb » le temps de son séjour. Mais lorsqu'elle arrive tard dans la nuit, elle découvre que la demeure est déjà occupée et qu’un homme étrange du nom de Keith y séjourne déjà... Malgré la gêne, elle décide résignée d'y passer la nuit, les hôtels des environs étant complets. Mais réveillée dans son sommeil par des sons mystérieux, Tess va s’embarquer malgré elle dans une série de découvertes terrifiantes...


Critique :

Pervers et cinglant sans oublier d'être une vraie expérience horrifique, #Barbare est un ambitieux cocktail à la fois survival trivial et thriller comico-horrifique, un pur Midnight Movie sous influences qui emprunte une route non conventionnelle sur un terrain gentiment familier pic.twitter.com/9qq5G8fhLv

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) October 27, 2022

Dans un sens, Barbare de Zach Cregger incarne quelque chose d'assez miraculeux dans une épouvante de (gros) studio sensiblement sclérosée.
Non pas dans sa conception, qui commence comme une variation sympathiquement accrocheuse d'une prémisse d'un wannabe slasher conventionnel (Tess Marshall arrive dans un Airbnb dans la périphérie de Detroit, où elle découvre qu'il y a eu une double réservation et qu'un homme, Keith y séjourne déjà. Coincé dans une tempête sans autre option disponible et un entretien d'embauche important le lendemain matin, celle-ci prend finalement la décision - risquée - de rester sur place pour la nuit...), pour se transformer lentement mais sûrement en une proposition horrifique complètement inattendue et volontairement hors des sentiers battus, dont les influences vont de Fede Alvarez (Don't Breathe) à Jordan Peele (Us) en passant par feu Wes Craven (Le Sous-sol de la peur); mais bien dans le phénomène qu'il a su incarner outre-Atlantique, sorte de bouche à oreille organique à l'ancienne dont les nombreux rebondissements ont été poliment gardés - jusque dans sa timide campagne promotionnelle - par un spectateur phobique des spoilers et (à nouveau) conscient que le partage d'une expérience cinématographique dans une salle obscure était la valeur essentielle, à une heure où celles-ci semblent moins " essentielles " que jamais.

[CRITIQUE] : Barbare

Copyright 2022 20th Century Studios. All Rights Reserved.


Ironie du sort (enfin, on se comprend), c'est du côté de Disney Plus qu'on peut la découvrir par chez nous, gentiment exempté des salles par une firme qui désacralise sans trembler cette " expérience " qui a fait du film, un succès sur ses propres terres.
Passé ce (gros) écueil, Barbare se savoure alors pour ce qu'il est : un petit roller coaster sous influences qui sait habillement titiller le curseur de la terreur à coups jumps scared et de rebondissements gentiment creepy, à la fois old school dans ses effets et moderne dans sa manière d'incarner une oeuvre puisant bien plus sa force dans la recontextualisation des thèmes qu'il aborde et ses personnages, que dans l'horreur qu'elle s'échine à mettre en scène de la façon la plus ludique qui soit.
Comme dit plus haut, feu Wes Craven n'est jamais loin dans ce jeu du chat et de la souris sauvage et savamment déséquilibré, que ce soit dans sa prise en grippe de la toxicité masculine et du racisme systémique, la mise en images criante de vérité de l'effet domino des bouleversements socio-économiques (loin d'être une coïncidence que le cadre du film soit Détroit, ni même qu'un flashback clé se situe en pleine ère Reagan) où même dans sa - légère - subversion de l'archétype de la Final Girl; même si Cregger suit sa propre voie, résolument plus brute et inventive formellement mais se faisant dans le même temps plus illustrative que profonde dans tous les thèmes actuels qu'il aborde, même s'il baigne dans les mêmes eaux familières de la satire socialo-fantastique sondant les recoins pourris et complaisants de l'Amérique.

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Pervers et cinglant sans oublier d'être une vraie expérience horrifique à part entière, Barbare est un ambitieux cocktail, à la fois survival trivial, thriller tendu et comédie horrifique, un effort qui emprunte une route non conventionnelle sur un chemin familier tout en gardant à l'affût les attentes de son auditoire.
Par chez nous, on appelle ça tout simplement un excellent Midnight Movie comme on en fait - presque - plus.
Jonathan Chevrier[CRITIQUE] : Barbare

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