[critique/ressortie] : c.r.a.z.y.

[CRITIQUE/RESSORTIE] : C.R.A.Z.Y.

Réalisateur : Jean-Marc Vallée
Acteurs : Michel Côté, Marc-André Grondin, Émile Vallée,...
Distributeur : L'Atelier Distribution
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Canadien.
Durée : 2h07min.
Date de sortie : 3 mai 2006
Date de ressortie : 31 août 2022
Synopsis :
Un portrait de famille qui dépeint la vie souvent extraordinaire de gens ordinaires à la poursuite de leur bonheur. De 1960 à 1980, entouré de ses quatre frères, de Pink Floyd, des Rolling Stones et de David Bowie, entre les promenades en moto pour impressionner les filles, les pétards fumés en cachette, les petites et grandes disputes et, surtout, un père qu’il cherche désespérément à retrouver, Zac nous raconte son histoire…


Critique :

Aussi puissant qu'il est juste dans sa façon d'aborder la difficulté d'assumer son homosexualité sous le joug des pressions familiales,#CRAZY est une merveille de chronique familiale bienveillante, touchante et généreuse sur le non-dit, l'acceptation de soi et l'incommunicabilité pic.twitter.com/5PDbxEqP8K

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) September 3, 2022

L'une des merveilles du septième art est qu'il permet aux spectateurs, quant une histoire est raconté avec suffisamment de sincérité et de justesse, de pleinement s'identifier à un personnage ou à une histoire, de vivre des expériences et des sentiments qui même si ils nous sont étrangers dans la vie réelle, font de la vision d'un film une expérience à la fois personnelle et universelle.
Cinéaste capable de d'opérer une universalisation de thèmes puissants tels que la solitude, l'amour, l'incompréhension ou même le rejet, feu Jean-Marc Vallée a rarement été aussi juste que dans sa mise en images entre les 60s et les 80s, de l'histoire d'une famille québécoise moyenne (à la fois aimante et déchirée) et de son avant-dernier rejeton, Zach, destiné à ne pas avoir une vie ordinaire - il est même né le jour de la naissance du Christ, le 25 décembre.

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Copyright 2005 Productions Zac. Inc. Tous droits réservés.


Avec un père mélomane et ultraconservateur, une mère désintéressée et trois frères aînés dont l'un, Raymond, est la personnification de la virilité la plus exacerbée, Zac est obligé de se frayer son propre chemin au coeur d'un univers qui ne semble jamais vraiment lui appartenir.
À partir de là, sous le sceau des sonorités absolument géniales des tubes de l'époque et d'une nostalgie furieusement communicative, Vallée nous embarque au travers d'un portrait foisonnant qui rompt solidement avec la représentation alors marginalisée de l'homosexualité, marqué par des envies et désirs refoulés, une corrélation rare entre homosexualité et religion (notamment au travers du parcours d'un père dont les tentatives d'aimer et d'être fier de son fils, sont constamment entravées par ses idéaux et ses croyances) mais surtout une relation filiale complexe, entre haine, amour et peur de décevoir.
Fresque sociale et familiale à la fois décousu et agréablement surréaliste, le cinéaste n'y aborde jamais explicitement aussi bien les ressentis des parents - surtout du père, Gervais - que la lutte interne de Zac, donnant judicieusement à son auditoire la possibilité d'interpréter les événements et les carcans de son emprisonnement émotionnel et de son incapacité à être réellement lui-même face aux siens - avant l'inéluctable explosion dans un dernier tiers émancipateur et libérateur.

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Copyright 2005 Productions Zac. Inc. Tous droits réservés.


Interprété à la perfection (superbe tandem Michel
Côté/Marc-André
Grondin), puissant et juste dans sa façon d'aborder la difficulté de s'accepter et d'assumer son homosexualité, que ce soit au coeur des 80s où à l'heure actuelle (même si les mentalités évoluent lentement mais sûrement), évitant tout regard stéréotypé (il ne montre que des personnages humains agissant selon leurs instincts et leurs idéaux), C.R.A.Z.Y. est une chronique familiale bienveillante et généreuse sur le non-dit et l'incommunicabilité, une dramédie haute en couleurs et aux émotions vives dont on ressort aussi bouleversé qu'enthousiasmé.
Une petite pépite, rien de moins.
Jonathan Chevrier
[CRITIQUE/RESSORTIE] : C.R.A.Z.Y.