Cinéma | THOR : LOVE AND THUNDER – 05/20

Par Taibbo

De Taika Waititi
Avec Chris Hemsworth, Natalie Portman, Christian Bale

Chronique : Mais qu’arrive-t-il au MCU ? Jusqu’à l’acmé que représentait Avengers Endgame, Marvel Studio parvenait à conférer à chacun de ses films une singularité, un sincérité même, qui les rendait au mieux passionnant, au pire intéressant. Ils étaient certes soumis à un cahier des charges stricte, mais savaient s’en servir pour délivrer des divertissements haut de gamme portés par des acteurs et des réalisateurs prestigieux. C’était plus ou moins réussi, mais c’était cohérent.
Mais depuis Engame, la machine s’enraye. Les films sont soit mal écrits soit anecdotiques (Black Widow, Shang Shi, Eternals, Strange 2), les effets spéciaux bâclés, souvent ratés et laids, les sous-textes inexistants ou opportunistes. Ils ne racontent plus grand-chose, de peur de trop en dire sur la suite (où tout doit rester possible) ou de contredire l’existant.
Avec Thor : Love & Thunder, le MCU touche le fond. Pourtant, je suis très client de l’humour absurde et décalé de Waititi, même quand il va très loin dans What we do in The Shadows. Même son Ragnarok parvenait à trouver un équilibre entre le respect de ses personnages, une intrigue correcte et le style du réalisateur. Mais Love & Thunder donne l’impression de n’avoir à foutre de pas grand-chose. L’écriture est lourdingue, l’humour tombe régulièrement à côté, le scénario est idiot alors qu’il dispose pourtant d’un solide bad guy. Mais son origin story exposée en 10 minutes barbantes au début du film donne un sérieux indice sur le fait qu’il n’aura pas le droit à un développement des plus fins… Ce nouveau Thor n’a ni queue ni tête, mais pire, il est totalement dépourvu d’âme. Il ne réussit qu’à être la caricature de ce qu’il cherche à être. Les quelques enjeux dramatiques que Waititi essaie de développer entre deux vannes ratées arrivent comme des cheveux sur la soupe et sont expédiés comme des passages obligés et presque honteux, sans être sauvés par une exécution spectaculaire.
La majorité des plans du film se résument en une bouillie numérique immonde, des scènes d’action dégueulasses, mal chorégraphiées et illisibles. Et on ne parlera pas du côté bien pratique d’avoir des personnages divins qui peuvent se téléporter à n’importe quel endroit de l’univers en 30 secondes. Coté scénario, ça simplifie pas mal le boulot quand même…
La gêne semble même gagner Chris Hemsworth par moment, alors que Natalie Portman est clairement de retour pour renflouer son compte en banque après quelques projet indés peu lucratifs.
En résumé, on s’ennuie ferme devant un écran qui dégueule de couleurs criardes et un récit aussi bordélique que vain. Sans doute le pire film du Marvel Cinematic Universe, qui arrive après une suite de faux-pas. Un MCU qui ne semble plus capable de raconter quoique ce soit d’intéressant et avoir clairement atteint les limites de son modèle. Créatif j’entends, les dollars, eux, continuent de remplir confortablement les caisses.

Synopsis : Alors que Thor est en pleine introspection et en quête de sérénité, sa retraite est interrompue par un tueur galactique connu sous le nom de Gorr, qui s’est donné pour mission d’exterminer tous les dieux. Pour affronter cette menace, Thor demande l’aide de Valkyrie, de Korg et de son ex-petite amie Jane Foster, qui, à sa grande surprise, manie inexplicablement son puissant marteau, le Mjolnir. Ensemble, ils se lancent dans une dangereuse aventure cosmique pour comprendre les motivations qui poussent Gorr à la vengeance et l’arrêter avant qu’il ne soit trop tard.