[CRITIQUE] : Les promesses d'Hasan

[CRITIQUE] : Les promesses d'Hasan

Réalisateur : Semih Kaplanoğlu
Acteurs : Umut Karadağ, Filiz Bozok, Gökhan Azlağ,...
Distributeur : ARP Sélection
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Turc.
Durée : 2h27min.
Synopsis :
Lorsque Hasan apprend qu’un pylône électrique va être installé sur les terres qu’il cultive, il manœuvre afin que son champ soit épargné. Mais avant de partir en pèlerinage à la Mecque, il promet à sa femme de réparer ses erreurs passées.


Critique :

Formidable fable morale sensorielle et contemplative où la nature omniprésente embaume autant le cadre qu'elle dicte le rythme du récit, #LesPromessesdHasan captive dans son regard sur la condition humaine, à la fois criant de vérité sans pour autant être accablant ni complaisant pic.twitter.com/edB5OVjMjE

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) August 3, 2022

Il y a toujours autant un fort héritage du cinéma de Yilmaz Güney qui transpire dans les réalisations du cinéaste turc Semih Kaplanoğlu, l'auteur du merveilleux triptyque L'Oeuf (2007), Lait (2008) et Miel (2010), et qui ausculte une énième fois avec sensibilité le rapport entre l'homme et la nature avec son nouvel effort, Les Promesses d'Hasan (deuxième volet de la « Commitment Trilogy », après La Particule Humaine), une exploration authentique de la vie d'une famille d'agriculteurs, de sa relation avec l'environnement et l'écosystème qui l'entoure à son rapport à la religion et même à une société turque menaçant sa survie et celles de ses terres fertiles et cultivées.
Soit la famille d'Hasan donc, qui a hérité de la culture des arbres fruitiers de son père et qui doit faire face à la construction d'un pylône électrique en plein milieu de son champ, avec les conséquences que cela entraîne : même si une indemnisation est prévue pour la partie expropriée, il peut perdre des hectares de cultures et subir des dégâts considérables dus aux effets causés par la proximité entre la haute tension constante et ses récoltes.
Dans le même temps, seule bonne nouvelle d'un quotidien de plus en plus difficile qui voit son voisin se faire exproprier sa ferme par la banque, pour ne pas avoir remboursé à temps un prêt, lui et sa femme ont été tirés au sort pour entreprendre le pèlerinage à la Mecque...

[CRITIQUE] : Les promesses d'Hasan

Copyright Kaplan Film/Sinehane


En scrutant la lente et irrémédiable invasion de la modernité - et plus directement du néo-libéralisme - dans l'univers exilé et protégé de la campagne, tout en opposant l'intransigeance absurde de l'État et des entreprises face à l'incompréhension légitime d'agriculteurs menacés par un progrès non régulé et inégal, uniquement tourné vers la destruction et le profit; Kaplanoğlu croque une oeuvre formellement somptueuse qui se fait autant une critique sociale affûtée à la tension permanente d'une nation tiraillée par ses propres contradictions, qu'une quête métaphysique et rédemptrice d'un homme (exceptionnel Umut Karadag) qui a beaucoup à se faire pardonner, engoncé entre un avenir incertain et les regrets face aux erreurs passées, obligé de se réconcilier avec lui-même avant de le faire avec le monde.
Formidable fable morale sensorielle et contemplative à l'intrigue volontairement minimaliste, où la nature omniprésente embaume autant le cadre qu'elle dicte le rythme du récit, Les promesses d'Hasan désarçonne autant qu'il captive dans son regard sur la condition humaine, à la fois spirituel et criant de vérité sans pour autant être furieusement accablant ni complaisant.
Sans contestation possible, l'une des plus belles découvertes de cet été ciné 2022.
Jonathan Chevrier[CRITIQUE] : Les promesses d'Hasan

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