[CRITIQUE] : Falcon Lake

[CRITIQUE] : Falcon Lake

Réalisatrice : Charlotte Le Bon
Avec : Joseph Engel, Sarah Montpetit, Monia Chokri,…
Distributeur : Tandem Films
Budget : -
Genre : Comédie Dramatique, Romance.
Nationalité : Canadien, Français.
Durée : 1h40min.
Synopsis :
Le film est présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2022
Une histoire d'amour et de fantômes.


Critique :

Avec #FalconLake, Charlotte Le Bon souffle un vent de maturité salvateur sur le teen movie en réfléchissant sur l'importance de l'amour (réciproque où non) en tant que mécanisme pour surmonter ses peurs et grandir, dans une élucidation tendre de l'éphémérité d'un premier amour. pic.twitter.com/RvcSH2PPUR

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) June 20, 2022

Dans un tourbillon parfait de candeur, de pudeur et d'inhibition, les débuts de réalisatrice de la pétillante Charlotte Le Bon déplace gentiment le curseur du teen movie au-delà des habitudes balisées d'un genre rebattu dont on connaît tous où presque, les codes sur le bout des ongles.
Rythmé aux sons des cigales autant que par la beauté tranquille d'un cadre lacustre (entre lac aux vagues lentement ondulantes, forêt verdoyante et feux de bois scintillants), Falcon Lake, adaptation plus où moins libre du roman graphique Une soeur de Bastien Vivès, mêle autant souffrance qu'exploration de soi (encore plus renforcée par le cadre naturel), sexualité et dynamiques de pouvoir - surtout par le regard -, dans un sublime portrait à la fois rugueux et bienveillant de l'adolescence, entre le conte empathique sur le difficile passage à l'âge adulte et l'envoutante histoire de fantômes.
Dès les premiers instants, Le Bon épouse l'idée que les vibrations estivales ludiques et l'ennui seront accompagnés d'un nuage sombre et inquiétant, comme si de manière abrupte les choses pourraient tourner vers la tragédie.

[CRITIQUE] : Falcon Lake

Copyright Tandem Films


Une angoisse qui se retrouve dans les émois entre Bastien, quatorze ans au compteur, et Chloé de deux ans son aînée, deux années d'intervalle qui peuvent apparaîtrent comme deux décennies à cet âge charnière.
Au coeur de l'été, une attraction mutuelle va les lier dans une intimité brute où l'inexpérience du premier sera autant couvée que mise à l'épreuve par la seconde, dont le besoin de contrôle peut se voir comme une manière d'éduquer que d'empêcher Bastien de perdre complètement cette naïveté qu'elle a perdue il y a des siècles (la scène de la baignoire capture en ce sens toute la nuance de leur dynamique).
Existant dans une sorte de souvenir hanté à la fois étrange et séduisant, où la vision aiguisée de Le Bon capture superbement le chaos intériorisé de ses deux jeunes héros (superbe tandem Joseph Engel - déjà incroyable chez Garrel - et Sarah Montpetit), dans une esthétique furieusement léchée qui rappelle les songes enivrants du cinéma d'Alice Rohrwacher; Falcon Lake évite soigneusement l'idéalisme ensoleillé typique et la nostalgie sucrée des bulles estivales pour voguer vers un terrain résolument plus sombre et déchirant (où les histoires de fantômes qui embaument l'atmosphère se font un profond et symbolique écho aux peurs adolescentes que convoque la découverte de soi et notre vulnérabilité face aux relations amoureuses).
Un espace-temps sensible, éphémère et presque testamentaire, reconnaissant avec audace le profond chagrin inhérent aux premiers émois dévorant du coeur (que la partition entraînante de Shida Shahabi rend d'autant plus palpable), capté à travers le prisme brutal du monde réel et celui plus bouleversant de la rêverie délicate de la jeunesse.

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Copyright Tandem Films


Contenant de manière subtile plusieurs strates possibles de lecture, le premier effort de Charlotte Le Bon souffle un vent de maturité salvateur sur le teen movie en réfléchissant sur le magnétisme et l'importance de l'amour (qu'il soit réciproque où non) en tant que mécanisme pour surmonter ses peurs et grandir, dans une élucidation douce et méditative de l'agonie mais aussi de l'inconséquence cruelle du premier amour.
Et comme toute romance d'été, la maestria et la justesse de ce premier long-métrage n'est pas prêt de quitter nos souvenirs et nos coeurs...
Jonathan Chevrier[CRITIQUE] : Falcon Lake

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