Cinéma | COUPEZ – 12,5/20

Par Taibbo

De Michel Hazanavicius
Avec Romain Duris, Bérénice Bejo, Grégory Gadebois

Chronique : De retour à la pure comédie, Michel Hazanavicius s’empare d’un concept très original et même plutôt culotté. Car il faut oser démarrer par trente minutes de plan séquence d’un film de zombies fauché et complétement raté, aux dialogues consternants et mal joués. Même s’il s’agit de l’élément clé du film qui justifiera les (bien meilleures) 80 minutes qui suivent, cela reste douloureux à suivre jusqu’au twist ! (la salle s’est d’ailleurs vidée de quelques spectateurs visiblement pas au fait du principe du film)
Car la suite en mode flash-back s’attelle à revisiter ces fameuses 30 minutes de cinéma catastrophe (au sens propre) en les présentant d’un œil nouveau, enrichi par la vision backstage auquel le spectateur a désormais accès.
Et c’est plutôt bien vu, le concept de la mise en abîme est bien tenu, c’est souvent drôle, ça tombe parfois à côté mais ça rebondit vite. C’est joyeusement foutraque et plein d’énergie mais encore un peu trop long, dans la mesure on revisite la séquence à la minute près. Certes, l’exercice est réussi, mais il a ses limites.
Cela dit, c’est l’occasion de scènes vraiment drôles, portées par l’énergie de Romain Duris et le tempo comique insoupçonné de Bérénice Bejo, hilarante. Mention aussi pour Jean-Pascal Zadi en ingé-son dépité.
En revanche, petit péché de népotisme du réalisateur qui donne le rôle de la fille du réal à sa propre fille. Dans l’absolu, pas de souci à promouvoir la famille (Bejo est bien sa compagne), mais faut avoir le niveau…
Ce petit écueil mis à part, on ne reprochera pas à Hazanavicius que Coupez soit le remake d’un film étudiant japonais, au contraire on lui est reconnaissant de l’avoir amené jusqu’à nous, d’autant plus qu’il en joue et l’adapte selon des codes plus franchouillards.
On se réjouit donc d’avoir pu découvrir ce film-concept étonnant, complexe techniquement, qui porte les défauts de ces qualités mais s’avère être une très intéressante variation du film dans le film (dans le film) ainsi que la très amusante genèse d’un nanar mémorable et démontre un inattaquable amour pour le cinéma dans toutes ses formes et pour ceux qui le font.

Synopsis : Un tournage de film de zombies dans un bâtiment désaffecté. Entre techniciens blasés et acteurs pas vraiment concernés, seul le réalisateur semble investi de l’énergie nécessaire pour donner vie à un énième film d’horreur à petit budget. L’irruption d’authentiques morts-vivants va perturber le tournage…