[CRITIQUE] : The Requin

Par Fuckcinephiles

Réalisateur : Le-Van Kiet
Acteurs : Alicia Silverstone, James Tupper, Deirdre O'Connell,...
Distributeur : Mediawan
Budget : -
Genre : Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h29min.
Synopsis :
Un couple en escapade romantique au Vietnam se retrouve bloqué en mer après qu'une énorme tempête tropicale ait balayé leur villa en bord de mer. Le mari étant mutilé et mourant, la femme doit lutter seule contre les éléments, tandis que de grands requins blancs leur tournent autour...


Critique :

Se voulant comme le rejeton illégitime entre le pâlot - mais tendu - Open Water et les suites mal torchées de Peur Bleue, #TheRequin, ennuyeux as hell et aussi immersif et captivant que le tirage d'une chasse d'eau, pousserait presque à la réhabilitation forcée Dents de la mer 4. pic.twitter.com/KB5MiuK2xV

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) May 26, 2022

Quoiqu'on en dise, faire un vrai mauvais film est un art froutement difficile qui demande non pas une paresse, mais bien une véritable propension à, parfois au-delà de toute volonté, empiler les mauvais choix dans une sorte de partie bigger than life de Tetris où personne ne gagne réellement, mais avec le plus parfait des alignements.
Mais même le plus assumé des nanars, et encore plus pour les amateurs de bisserie à forte tendance Z (où de gros délires Z bien gras, tout court) que nous sommes, arrive cependant à distiller cette petite odeur de souffre qui en fait son charme, et qui nous fait assez souvent supporter la vision d'une péloche qui, pour le commun des spectateurs, est un supplice sans nom.
C'est dire donc la prouesse non négligeable opéré par The Requin de Le-Van Kiet (qui n'a pas que le nom à coucher dehors), petit B movie qui épouse toutes les courbes du nanar indigeste sans réserver la moindre once de fun, trahissant même son titre avec une quasi-absence de squale, et qui s'avère in fine encore moins effrayant que celui du Monde de Nemo quand il consent (enfin) à se pointer dans le dernier quart-d'heure.

Courtesy of Lionsgate


Drame conjugal mâtiné de survival mou du genou et à la tension à peine plus vivante que l'encéphalogramme d'une grenouille, la narration réduite à peau de chagrin suit le calvaire - partagé derrière l'écran - d'un couple en deuil qui ne suscite aucune empathie (pas même grâce à l'aide de l'artifice dramatique putassier de la perte insurmontable d'un enfant), et qui se voit catapulter par la force des choses en mer, proies faciles de bestiaux en tout genre visiblement en R.T.T., mais surtout d'un dit requin réduit à un statut de caméo de luxe - et encore.
Rythmé par les récriminations entre les deux mariés, la culpabilité et les cris irritants d'une Alicia Silverstone qu'on aurait aimé ailleurs (pour une fois qu'elle chope un premier rôle...), le film se veut comme le rejeton illégitime entre le pâlot - mais tendu - Open Water, le musclé Instinct de Survie et les SFX aussi fauchés et hideux que toute la saga Peur Bleue réunie.
Ennuyeux as hell et immersif comme le tirage d'une chasse d'eau, The Requin pousserait presque à la réhabilitation forcée de la saga Shark Attack et des Dents de la mer 4, on a dit presque...
Jonathan Chevrier