[Cannes 2022] Jour 2 : Le défilé du 18 Mai

2022_CANNES_SIGNATURES_WEB_72dpi_400x400_3Le Festival de Cannes avait des allures de défilé militaire dans la fin d’après-midi du 18 mai, avec le passage de la Patrouille de France dans le ciel de la Côte d’Azur. Un évènement organisé pour accompagner d’une part la projection du second volet de Top Gun, plus de trente ans après le film de Tony Scott, et d’autre part la venue de Tom Cruise, la star du film, qui est également venu donner une masterclass aux festivaliers (accessible sur le site de Brut, partenaire du festival cette année).

A Un Certain Regard, ce sont les Tirailleurs Sénégalais qui ont été honorés. En tout cas à travers le film réalisé par Mathieu Vadepied, produit et interprété par Omar Sy, qui a fait l’ouverture de cette section parallèle. Ce récit assez classique nous rappelle qu’à une époque pas si lointaine, la France faisait venir ses “indigènes” dans l’hexagone, pour combattre “pour la Mère-Patrie”. Les pauvres hommes qui étaient extirpés de leurs villages se moquaient complètement de cette guerre qui se déroulait à des milliers de kilomètres de leur sol natal. Ils ont été déracinés, enlevés à leurs familles et expédiées directement dans les tranchées pour aller affronter l’ennemi en première ligne, afin de grapiller quelques mètres de terrain boueux. L’intrigue suit le cheminement d’un père et son fils envoyés ensemble sur le front. Pendant que l’un tente de trouver un moyen de fuir à tout prix la zone de combat, l’autre est repéré par un supérieur, promu et préparé pour une mission commando à l’issue incertaine.

La Première Guerre Mondiale est aussi le point de départ du nouveau film de Pietro Marcello, L’Envol, présenté en ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs, avec le retour d’une “gueule cassée” dans son village d’origine. Cependant, le récit se détache par la suite de ce personnage et prend l’aspect d’un conte étrange, onirique et symbolique.

A la Semaine de la Critique, c’est une mère et son fils qui se font la guerre dans When you finish saving the world, première réalisation de l’acteur Jesse Eisenberg, avec Julianne Moore et Finn Wolfhard dans les rôles principaux. Le film est une aimable comédie dramatique comme le cinéma indépendant américain sait les façonner, dans l’esprit des oeuvres de Noah Baumbach. Il repose sur l’opposition entre l’adolescent, nonchalant, égocentrique et uniquement préoccupé par ses nombreux  followers et sa mère, exigeante et psychorigide, toujours prête à aller manifester pour une bonne cause, toujours prête à aider les autres, presque de façon intrusive. Tous deux se ressemblent plus qu’ils ne le pensent. Ils sont incapables de communiquer efficacement avec les autres et refusent de changer leur façon de voir le monde, alors qu’ils auraient beaucoup à s’apporter mutuellement.

C’était également  le premier jour de la compétition officielle, avec deux films au programme.
Déjà, La Femme de Tchaïkovski de Kirill Serebrennikov. Une véritable leçon de mise en scène, visuellement inspirée, pour raconter l’histoire méconnue d’Antonina Milioukova, épouse (très) malheureuse du compositeur russe et livrer, en filigrane, une jolie parabole sur le mensonge et la dissimulation, aux effets dévastateurs [Lire notre critique]. Dans le rôle-titre, Alyona Mikhailova est formidable et s’inscrit comme l’une des favorites pour le prix d’interprétation féminine.
Ensuite, Les Huit montagnes de Félix Van Groeningen et Charlotte Vandermeersch. Un film tout en simplicité (et en longueur, diront certains) qui raconte l’amitié durable de deux hommes, Pietro et Bruno, dans le cadre bucolique des Alpes italiennes. Le film est composé de petites tranches de vie de ces personnages attachants et de leurs proches, qui partagent joies et peines, bonnes et mauvaises nouvelles, traversent la vie en prenant des coups, parfois, mais en s’épaulant toujours. La force du film, outre l’interprétation solide de Luca Marinelli et Alessandro Borghi, est le refus des auteurs de sombrer dans le mélodrame outrancier et les effets larmoyants. Tout est traité en douceur, avec subtilité et une profonde tendresse envers les personnages.

Enfin, la journée a aussi été marquée par la remise du Carrosse d’Or à la cinéaste Kelly Reichardt et la rediffusion de son western féministe, La Dernière piste. La réalisatrice sera aussi en compétition avec Showing up, programmé le 27 mai prochain.


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