[CRITIQUE] : Adieu Paris

[CRITIQUE] : Adieu Paris

Réalisateur : Édouard Baer
Acteurs : Pierre Arditi, Jackie Berroyer, François Damiens, Gérard Depardieu, Léa Drucker, Isabelle Nanty, Benoît Poelvoorde, Yoshi Oida, Daniel Prévost, Ludivine Sagnier, Jean-François Stévenin, Bernard Le Coq,...
Distributeur : Le Pacte
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h36min.
Synopsis :
Un vieux bistro parisien au charme éternel. Huit messieurs à table, huit grandes figures. Ils étaient les « rois de Paris »…
Des trésors nationaux, des chefs-d'œuvre en péril. Un rituel bien rodé... Un sens de l’humour et de l’autodérision intacts. De la tendresse et de la cruauté.
Huit vieux amis qui se détestent et qui s’aiment. Et soudain un intrus...


Critique :

Vaudeville à la Feydeau corrosif et généreux, ou le comique de situation épouse des dialogues ciselés et savoureux, ou les amitiés s'étiolent et les coeurs se fanent, #AdieuParis, pur film d'acteurs, est un plat minutieusement équilibré qui flatte le palai autant qu'il le pique. pic.twitter.com/LZrBWRWNkv

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) January 25, 2022

Autant homme de théâtre fascinant que trublion magnifique du PAF, le génial Édouard Baer n'a décemment pas connu une carrière cinématographique à la hauteur de son talent ou, au minimum, à la hauteur de son aura de dandy funambule incroyablement attachante.
Quatre ans après son formidable Ouvert la Nuit, le voilà qu'il nous revient à nouveau derrière la caméra cette fois, avec un quatrième long-métrage plein de promesses, Adieu Paris, sorte de grande bouffe nocturne au coeur de La Closerie des Lilas, portée par un casting de talents/potes absolument incroyable.
Loin du trip bobo-intello-bourgeois furieusement vain avec une élite masculine auto-centrée qui s'auto-congratule entre deux saillies sarcastiques et quelques verres de picrates (le genre de préjugés faciles que le spectateur moyen aura sur le film, sans même en voir la bande annonce, ce qui ne traversera jamais l'esprit aux familiers du cinéma de Baer), la séance, aussi joliment théâtrale que profondément cinématographique, n'est pas tant un dîner survolté et explosif qu'une expérience douce-amère purement Baerienne, ou les rires épousent la mélancolie dans un balet tendre et volubile qui ne laisse jamais de marbre.

[CRITIQUE] : Adieu Paris

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Entre l'énergie follement communicative et désespérément lucide du Husbands de John Cassavetes, et la verve féroce et hilarante d'une comédie italienne de la grande époque (on peut aussi logiquement penser au cinéma béni du tandem Jaoui/Bacri), la péloche scrute la désintégration programmée d'un groupe de rois de la vie nocturne et culturelle parisienne, faisant non pas uniquement le constat nostalgique d'un passé perdu que celui d'un présent désenchanté, qu'ils dézinguent comme des âmes aigris et solitaires qui savent qu'ils ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes, mais n'osent totalement l'admettre.
De vrais sales gosses plus pathétiques qu'autre chose (en ce sens, les personnages féminins qui n'ont que peu de temps de présence, s'avèrent toujours plus mûres qu'eux) peu embarrassés par les non-dits et délaissés par un monde qui va trop vite pour eux et qu'ils ne reconnaissent plus.
Vaudeville à la Feydeau corrosif et d'une générosité folle, ou le comique de situation se confronte avec enthousiasme à des dialogues ciselés et savoureux, ou les amitiés s'étiolent et les coeurs se fanent, Adieu Paris, vrai film d'acteurs exceptionnels (Pierre Arditi et Jackie Berroyer volent le show), est un plat minutieusement équilibré, qui flatte le palai autant qu'il le pique.
Édouard Baer dresse la table et paye l'addition avant même que l'on ne se mette à table, il n'y a plus qu'à se régaler et espérer que son prochain service ne tarde pas trop.
Jonathan Chevrier[CRITIQUE] : Adieu Paris

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