[CRITIQUE] : Val

[CRITIQUE] : Val
Réalisateurs :  Leo Scott et Ting Poo
Avec : Val Kilmer et Jack Kilmer.
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h49min
Synopsis :
Pendant plus de 40 ans, Val Kilmer, icône rebelle du cinéma (Top Gun, The Doors, Batman...), a filmé sa vie. Ses archives inédites dévoilent les coulisses d'Hollywood : tournages mythiques, séquences avec Marlon Brando, Sean Penn... Sans concession, ce documentaire dresse le portrait poignant d’un artiste libre et passionné.

Critique :

#Val ou un portrait brut, honnête et mélancolique de Val Kilmer, un acteur attachant et désinvolte engoncé dans une quête constante de recherche sur l'art et d'estime de soi, un doc déchirant sur un comédien qui nous convainc que nous ne l'avons jamais vraiment connu auparavant. pic.twitter.com/WEvPvyqVkq

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) January 20, 2022

Il y a quelque chose de profondément douloureux dans le fait de voir l'un des plus grands héros de notre enfance, Val Kilmer (Madmartigan forever), sensiblement dans la fleur de l'âge, endurer avec les effets cruels d'un cancer de la gorge tant son traitement pour la maladie (qui impliquait notamment une trachéotomie), a entraîné - entre autres - une altération extrême de sa voix.
Autant un autoportrait qu'une biographie ou la forme est résolument moins personnelle que son fond, Val du tandem Leo Scott et Ting Poo, se fait la vitrine intime d'un artiste à part, follement talentueux mais aussi torturé par l'absence d'un frère que la vie lui a trop vite retiré (il s'est noyé dans le spa familial à la suite d'une crise d'épilepsie en 1977, au moment ou le comédien commençait ses études à la Juilliard's Drama Division).

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CREDIT: A24/AMAZON STUDIOS


Si la première moitié du documentaire est un poil brumeuse et confuse, elle qui scrute l'enfance et le début de carrière du comédien, entre souvenirs sincères et réflexions sur sa vie de famille (en grande partie par le biais d'un monologue écrit par Kilmer lui-même et récité par son fils, Jack), tout en dévoilant les talents de cinéaste du bonhomme (dont les courts métrages de fiction qu'il a réalisés avec feu son jeune frère Wesley); c'est véritablement dans sa seconde moitié qu'il décolle, ou Kilmer évacue sans complexe les frustrations et les désillusions refoulées de sa vie, personnelle comme professionnelle.
Au départ, il avait l'intention de faire carrière sur scène (il a notamment refusé un rôle dans The Outsiders de Coppola, à la faveur d'une pièce de théâtre), et à même toujours rêvé d'endosser la casquette de réalisateur (son rêve d'une vie : mettre en scène la relation controversée entre Mark Twain et Mary Baker Eddy, la fondatrice de la Science Chrétienne). 
Il admet sans filtre face caméra qu'il n'a jamais vraiment eu la carrière qu'il voulait (il ne désirait pas faire Top Gun, il voulait être dans Full Metal Jacket de Stanley Kubrick et Les Affranchis de Martin Scorsese, ayant même fait ses propres bandes d'audition pour eux, en vain), même lorsqu'il portait les projets dont il rêvait : les experiences amères de L'île du Dr Moreau - notamment via sa relation houleuse avec John Frankheimer - et de Batman Forever, qu'il a accepté sans lire le scénario, avant de déchanter que ce soit par le biais de son costume (aussi exigeant physiquement et qu'isolant socialement, qui inhibait sa performance), ou la direction mécanique de Joel Schumacher (qui l'empêchait d'incarner pleinement le personnage).

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CREDIT: A24/AMAZON STUDIOS


Fascinant dans sa vérité autant que dans ses mystères (comme la provenance non résolue des vidéos d'archives de Kilmer, qui semblent être des images de lui filmées par d'autres, comme s'il s'était arrangé pour qu'une grande partie de sa vie soit documentée sur vidéo), Val pose sur la pellicule la quête artistique d'un comédien frustré de ne pas avoir pu - et de ne plus pouvoir le faire - son état de grâce sur grand écran, de ne pas avoir pu porter pleinement les projets qui lui était cher.
Un portrait brut, honnête et mélancolique de Val Kilmer, un acteur attachant et désinvolte engoncé dans une quête constante de recherche sur l'art et d'estime de soi, un documentaire déchirant et inspirant qui ne cesse de nous captiver même s'il nous tient un brin à distance, comme son sujet excentrique.
Tout en conscience de soi et en - léger - excès de narcissisme (comme tout grand comédien au fond), Kilmer arrive à nous convaincre que nous ne l'avons jamais vraiment connu auparavant, et qu'on n'aura de cesse de regretter l'acteur en pleine possession de ces moyens qu'il était.
Jonathan Chevrier
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