[CRITIQUE] : Cher Evan Hansen

[CRITIQUE] : Cher Evan Hansen
Réalisateur : Stephen Chbosky
Avec : Ben Platt, Julianne Moore, Kaitlyn Dever, Amy Adams,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Comédie Musicale, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h17min
Synopsis :
Evan Hansen est un lycéen de 17 ans qui souffre de trouble d’anxiété sociale. Son thérapeute lui conseille de s’écrire une lettre pour l’aider à renforcer sa confiance. Lorsqu’un de ses camarades de classe, Connor, se suicide, Evan se retrouve au centre de la tourmente. Dans une tentative malavisée de réconforter la famille en deuil, Evan prétend qu’il était meilleur ami avec Connor.

Critique :

Beaucoup trop long et maladroit pour son bien, #CherEvanHansen, chapeauté par un Stephen Chbosky pourtant rompu au thème du mal-être adolescent, se fait autant un mélodrame sous fond de quête rédemptrice alambiquée et difficilement cautionnable, qu'un musical curieux et entêtant. pic.twitter.com/RCKSct7A93

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) January 12, 2022

Et si le plus grand problème du film Cher Evan Hansen de l'excellent Stephen Chbosky, était tout simplement la comédie musicale de Broadway en elle-même, qu'il adapte avec dévotion.
La question a le mérite d'être posé, autant que celui de son succès commercial tant son récit, effroyablement problématique, manipulateur et cynique, nous impose de ressentir un minimum de sympathique pour un adolescent certes troublé, mais qui se fait l'instigateur d'un mensonge d'une cruauté indicible, qu'il n'aura de cesse de consciemment grossir (et ce même s'il est conscient qu'il cause des dommages émotionnels encore plus imposant à une famille en deuil) jusqu'au point de non retour.
Soit Evan Hansen, un adolescent timide, en manque d'affection et vivant quasi-reclus du monde, un môme frappé d'une forme intense d'anxiété dont le seul véritable lien social est sa mère, une infirmière surmenée qui veut sauver son rejeton d'une vie sans issue, mais dont la place dans le statur social est si obscur qu'elle ne sait pas par où commencer.
Pour lutter contre la dépression, son thérapeute lui a confié la sérieuse tâche d'écrire des lettres d'encouragement à lui-même, sauf que ces dits mots tombent entre les mains d'un adolescent tout aussi rejeté et tourmenté que lui, Connor, qui va se suicider quelques heures plus tard.

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Mais alors que sa lettre est retrouvée dans la poche de Connor, sa famille croit à tort qu'Evan était le seul ami de leur fils.
Une fausse impression que l'adolescent ne contredit absolument pas et, plutôt que de dire leur dire la vérité, il embrassé ce mensonge pour le rendre plus élaboré et constant, fabriquant une série d'e-mails qu'ils ont partagés et racontant des histoires ridicules sur leurs aventures ensemble, créé une collecte de fonds en ligne à la mémoire de Connor, sort même avec la soeur de celui-ci, Zoe...
Tentant de concilier l'inconciliable (une histoire sombre et détestable à souhait, avec un ton de fable musicale optimiste) avec cette histoire d'un môme qui part le mensonge, quitte son statut de paria pour mieux rêver d'être apprécié pour ce qu'il est, le long-métrage se fait un effort curieusement étrange dans sa volonté d'incarner un teen drama férocement indépendant, vissé sur des séquences aussi simples et réalistes que des dialogues solidement charpentés, qui se voit pourtant dynamité par intervalle régulier (environ tous les dix minutes) par des séquences musicales cahoteuses et artificielles, aux interprétations pourtant joliment subtiles et cinématographiques (surtout le trio Dever/Moore/Adams).
Mais si le sujet (très) sérieux du suicide adolescent réglé sur des airs de pop-rock populaires, semblait trivial sur une scène de théâtre, il n'en est que plus angoissant sur grand écran (il l'était, en revanche, nettement moins sur plusieures heures au sein de la première saison de 13 Reasons Why), surtout quand la mise en scène ne fait strictement rien pour transcender ni son sujet, ni ses écarts musicaux (pourtant dans tous les cadres possibles).

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Et c'est sans doute là que le bât blesse le plus tant Chbosky c'était jusqu'ici fait maître de la mise en images naturelle du mal-être adolescent (Le Monde de Charlie, Wonder), et que les oripeaux de la comédie musicale avaient tout du véhicule parfait et émotionnellement implacable, pour traiter sans redondance de la dépression, des thérapies, du suicide ou encore des troubles du comportement chez les jeunes, via des paroles libératrices et inspirantes.
Beaucoup trop long et maladroit pour son bien, Cher Evan Hansen se fait autant un mélodrame sous fond de quête rédemptrice furieusement ambiquée et difficilement cautionnable, qu'un musical curieux et entêtant, dont le thème essentiel - le suicide adolescent - est à peine abordé tout en étant catapulté au centre de la manipulation de son histoire...
Jonathan Chevrier
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