[CRITIQUE] : Le Calendrier

[CRITIQUE] : Le Calendrier
Réalisateur : Patrick Ridremont
Avec : Eugénie Derouand, Honorine Magnier, Clément Olivieri,...
Distributeur : Alba Films
Budget : -
Genre : Thriller, Épouvante-horreur.
Nationalité : Français, Belge.
Durée : 1h44min
Synopsis :
Eva est paraplégique depuis trois ans. Pour son anniversaire, elle reçoit en cadeau un étrange calendrier de l’Avent. Mais ce ne sont pas les traditionnelles friandises qu’elle découvre chaque jour, mais des surprises plus inquiétantes, parfois agréables, souvent terrifiantes, et de plus en plus sanglantes. Cette année, Noël va être mortel !

Critique :

Embaumé dans un folklore séduisant qui rattrape la réal sans ampleur et quelques couacs côté interprétation,#LeCalendrier incarne une bande horrifique modeste et prenante qui ne demande, comme tout calendrier de l'Avent, qu'un peu de patience et de curiosité pour faire son office pic.twitter.com/UsFSvKcacT

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) December 2, 2021

Force est d'admettre que les films, horrifiques ou non, sur les objets maudits ont quelque chose de profondément attirant, sans doute parce qu'ils impliquent une proximité évidente avec son auditoire.
Du masque de Loki dans The Mask au jeu de société dans Jumanji, en passant par la " boîte de Lemarchand " de Hellraiser, il y a toujours quelque chose de jubilatoire dans le fait de voir comment des personnages, pour la plupart naïfs, sont à la merci des forces surnaturelles d'une entité - souvent - inanimée.
Et bien qu'il existe des objets qui ne dégagent que par leur nature, cette aura de magie et de mysticisme, la proposition devient dès lors encore un peu plus attrayante et horrible lorsque l'objet lui-même au centre du métrage, est typique de notre environnement au quotidien, et que nous l'utilisons même assez régulièrement.

[CRITIQUE] : Le Calendrier

Copyright Alba Films


C'est tout l'attrait ici du bien nommé Le Calendrier de Patrick Ridremont, petit B movie horrifique à l'ancienne au pitch tout droit sortie de la Twilight Zone, qui se fait une sorte de variation de The Monkey's Paw citant gentiment la saga Wishmaster, à ceci près qu'il lui offre une petite pincée d'humanité et d'émotion, qui manque parfois cruellement au genre.
La péloche suit les aléas d'Eva (excellente Eugénie Derouand), une ancienne danseuse obligée d'utiliser un fauteuil roulant à la suite d'un tragique accident, qui l'a rendu tétraplégique.
Depuis ce choc, Eva mène une vie de solitude ou elle ne s'autorise pas l'opportunité d'interactions sociales et pour ne pas arranger les choses, son père souffre de la maladie d'Alzheimer et son horrible belle-mère fait clairement en sorte qu'il lui soit très difficile de passer du temps avec lui (sous prétexte qu'il ne la reconnaîtra probablement pas de toute façon).
Juste avant Noël, pour son anniversaire, sa meilleure amie Sophie lui offre un étrange calendrier de l'Avent antique qu'elle a trouvé en Allemagne.
Elle se rend vite compte que chaque fenêtre du calendrier contient non seulement un bonbon ou un petit objet supposément insignifiant, mais aussi la mystérieuse capacité de provoquer des événements de plus en plus alarmants, qui pourraient potentiellement changer sa vie pour toujours...

[CRITIQUE] : Le Calendrier

Copyright Alba Films


Loin de la petite confiserie oubliable à la Blumhouse, le second effort de Ridremont (l'excellent et cynique Dead Man Talking) mélange autant les frissons faciles - mais à la tension maîtrisée - qu'une horreur gentiment graphique avec un pointe de slasher (sa créature surnaturelle, Ich, est originale et certaines morts sont même vraiment chouette), pour mieux appuyer son exploration familière du mythe Faustien, ou une héroïne à la vie brisée se voit offrir l'opportunité - diabolique et immorale - de reprendre son destin en main, quitte à y laisser son âme et celles de ses proches (et d'autres qu'elle ne porte résolument pas dans son coeur) sur le carreau.
Embaumé dans un folklore européen plutôt séduisant qui rattrape la mise en scène sans ampleur et les quelques couacs côté interprétation (aucun seconds rôles ne parvient véritablement à se démarquer), Le Calendrier incarne une bande horrifique modeste et prenante qui ne demande, comme tout calendrier de l'Avent (vingt-quatre cases : vingt-quatre occasions de surprendre, dans le bon comme dans le mauvais sens du terme), qu'un peu de patience et de curiosité pour faire pleinement son office.
Jonathan Chevrier
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