[CRITIQUE] : Meurtrie

[CRITIQUE] : Meurtrie Réalisatrice : Halle Berry
Avec : Halle Berry, Stephen McKinley Henderson, Sheila Atim, Shamier Anderson,...
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Drame, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h09min
Synopsis :
Une ex-championne de MMA saisit sa dernière chance de se racheter dans la cage quand le fils qu'elle a laissé revient dans sa vie.

Critique :

Sombre et brutal, #Meurtrie est un mélodrame sportif un poil difficile à appréhender tant il balance un peu de tout dans son mixeur thématique, sans avoir la subtilité nécessaire pour concocter le bon mélange. Mais la générosité de Berry devant et derrière la caméra, en impose. pic.twitter.com/P0Cpqz5rug

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) November 25, 2021

Si cela est presque devenu une convention aujourd'hui, de voir tout comédien et comédienne américaine talentueux sauter le pas et passer derrière la caméra, certains, sans forcément avoir à citer les noms totems (Gibson, Costner, Eastwood, Foster,...), certains d'entre eux le font dans un but sincère de pouvoir offrir aux spectateurs, quelque chose sur eux-mêmes qu'ils/elles n'avaient pas pu faire passer au travers de films qui n'étaient pas les leur.
On peut légitimement inscrire Halle Berry dans cette dite catégorie à la vue de son premier passage derrière la caméra - pour lequel elle joue aussi les rôles-titres -, Bruised - Meurtrie par chez nous -, un drame sportif inspirant comme le cinéma ricain aime tant les concoctés, qui aurait pu prétendre à une belle carrière en salles - voir même à une ch'tite place dans la course aux statuettes dorées -, mais sera in fine cantonné à nos salons via Netflix.

[CRITIQUE] : Meurtrie

Copyright JOHN BAER/NETFLIX


Dans la veine du Warrior de Gavin O'Connor (qui lui même s'inscrivait clairement dans celles de Stallone et Sirk), le récit s'attache à la quête rédemptrice d'une femme plus ou moins empathique, Jackie Justice, une ancienne combattante de l'UFC devenu femme de ménage, engoncée dans un quotidien fait de violence et de désespérance, qui par un concours de circonstance va avoir une chance de pouvoir autant renouer avec l'octogone, qu'avec un fils muet de six ans, qu'elle avait délaissé...
Avec une narration assez simpliste chargée comme une pizza cannibale de clichés et autres lieux communs, et porté par une émotion sensiblement à fleur de peau, le film articule sa - prévisible - quête de rédemption en la nouant autour d'une pluie (trop ?) de confrontations domestiques orchestrées comme des explosions démesurées, Berry faisant le choix surprenant - mais culotté - de se concentrer presque exclusivement sur les traumatismes et la violence sourde qui frappent son héroïne : le traumatisme d'une vie dans la pauvreté/précarité, la négligence de ses propres parents qu'elle reproduit, les nombteuses relations abusives qui ont émaillées sa vie sentimentale, sa dépendance aux produits stupéfiants,...
Profondément brutal et sombre tant tout transpire la toxicité dans la vie de Jackie Justice (un nom facilement évocateur mais qui prend tout son sens au fil du récit), la combattante étant elle-même une femme - souvent - en colère et violente (un fantôme uniquement défini aux yeux du monde, par sa chair et la rage qui l'habite), Meurtrie est un mélodrame difficile à pleinement appréhender tant il cherche à balancer un peu de tout dans son mixeur thématique, sans avoir la subtilité nécessaire pour concocter le mélange parfait.

[CRITIQUE] : Meurtrie

Copyright JOHN BAER/NETFLIX


Mais la volonté d'Halle Berry de voguer dans des recoins obscures de son histoire et de ses personnages, sa générosité envers ses acteurs (elle permet à chacun d'entre eux de briller) ainsi que son désir de mettre en lumière ces femmes guerrières dans les sports de combat (l'avant-garde de l'évolution tardive d'un MMA de plus en plus fédérateur dans le monde), laisse pleinement transparaître les qualités encourageantes d'une potentielle cinéaste en devenir - et plutôt habile caméra au poing.
Ne pétant pas dans la soie de l'originalité (d'autant qu'il ne masque pas vouloir se conformer aux conventions établies du genre) mais frappé de jolies fulgurances (de la photographie clair-obscur et rugueuse de Frank DeMarco, aux partitions solaires de Stephen McKinley Henderson et Sheila Atim) et dominé par l'implication sans borne de sa réalisatrice, qui sue corps et âme pour mener à bien son combat; Meurtrie vaut son pesant de pop-corn et incarne même, à son meilleur, un beau portrait de femme qui refaçonne sa vie en ce combattant - littéralement - pour un avenir un tant soit peu plus éclairé dans l'obscurité.
Jonathan Chevrier
[CRITIQUE] : Meurtrie

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