[CRITIQUE] : Les Choses Humaines

[CRITIQUE] : Les Choses Humaines
Réalisateur : Yvan Attal
Avec : Ben Attal, Suzanne Jouannet, Charlotte Gainsbourg, Pierre Arditi, Benjamin Lavernhe, Judith Chemla, Mathieu Kassovitz, Audrey Dana,...
Distributeur : Gaumont
Budget : -
Genre : Drame, Judiciaire.
Nationalité : Français.
Durée : 2h18min.
Synopsis :
Un jeune homme est accusé d’avoir violé une jeune femme. Qui est ce jeune homme et qui est cette jeune femme ? Est-il coupable ou est-il innocent ? Est-elle victime ou uniquement dans un désir de vengeance, comme l’affirme l’accusé ? Les deux jeunes protagonistes et leurs proches vont voir leur vie, leurs convictions et leurs certitudes voler en éclat mais… N’y a-t-il qu’une seule vérité ?

Critique :

Vissé sur la zone grise entre le consentement et le refus, tout #LesChosesHumaines surfe sur les différents champs fascinant du doute et les dommages collatéraux qu'ils impliquent, autant via un récit haletant et solidement structuré qu'un ballet d'interprétations grandioses. pic.twitter.com/9jPMcGdEgg

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) November 23, 2021

Alors que l'on avait pour habitude de le retrouver au sein du difficile giron de la comédie française (son dernier long-métrage, Mon Chien Stupide, était d'ailleurs l'un de ses meilleurs efforts dans le genre), Yvan Attal quitte sa zone de confort pour sa septième réalisation, en partant sur une expérience totalement opposée - mais pas moins sinueuse pour autant - en adaptant le roman Les Choses Humaines de Karine Tuil (primé par le Prix Goncourt des Lycéens) : le drame procédural à l'ancienne (qui lui permet de rendre hommage à Sidney Lumet) au sujet aussi délicat que furieusement d'actualité, dont l'intelligence n'a d'égale que sa perspicacité.
L'histoire suit celle d'Alexandre Farel, élève ingénieur à Stanford qui est de retour à Paris pour la cérémonie d'admission de son père Jean à l'illustre Légion d'Honneur, alors que celui-ci, pape acariâtre de la télévision française et un coureur de jupons de longue date, est beaucoup trop occupé par son prix - et sa jeune stagiaire - pour prendre contact avec lui.

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Copyright Jérôme Prébois / 2021 CURIOSA FILMS – FILMS SOUS INFLUENCE - GAUMONT – FRANCE 2 CINÉMA


Dans le même temps, l'ex-femme et ex-chroniqueuse de Jean, Claire, se jette dans le bain en évoquant le viol dans une émission de radio accusée de faire le jeu de l'extrême droite.
Mais sa position de tolérance zéro à l'égard des agressions sexuelles sera mise à l'épreuve lorsqu'Alexandre sera accusé de viol – et même plus - par Mila, la fille du nouveau petit ami de Claire, Adam, lors d'une soirée où elle a accompagné Alexandre...
Scindé en trois chapitres bien distincts - les points de vues d'Alexandre, de Mila et le procès -, le film, pas si éloigné du récent et excellent La Fille au Bracelet de Stéphane Demoustier, se fait autant une ouverture sincère au débat sur des sujets sociétaux cruciaux, qu'une interrogation frontale de la responsabilité parentale dans l'éducation et la répercussion de leurs comportements sur leurs progénitures.
Plongée réaliste et sans filtre dans le cocon luxueux et auto-centré de la bourgeoisie parisienne - et plus directement ici la sphère médiatique -, la péloche se fait l'opéra tragique et minutieux des maux de notre société contemporaine (la violence faite aux femmes souvent impunie, la toxicité masculine, les abus de pouvoir des privilégiés, l'héritage post-#MeToo, la sexualité aujourd'hui, le tribunal public excessif des réseaux sociaux,...), une étude sociétale captée par le prisme d'un portrait familial peu à peu terrifiant, ou un rejeton à une notion de consentement potentiellement douteuse, fruit d'une cohabitation/éducation d'un père dont le comportement profondément toxique avec les femmes, n'a jamais réellement mis en cause par qui que ce soit - et encore moins lui-même.

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Vissé sur la zone grise entre le consentement et le refus d'une relation sexuelle, qu'Attal se réapproprie en modifiant la structure du roman pour mieux adopter une approche à la fois du point de vue l'accusé - masculin - et de la victime supposée - féminine -, tout le long-métrage surfe sur les différents champs fascinant du doute et les dommages collatéraux qu'ils impliquent, autant dans un récit solidement structuré (aux joutes verbales passionnantes, notamment dans son dernier tiers), que dans un ballet d'interprétations proprement grandiose (mention autant au tandem d'avocats Judith Chemla/Benjamin Lavernhe, qu'à la nouvelle venue Suzanne Jouannet).
Juste sans forcément chercher tout du long à asséner un message à son auditoire (ce qui rend de facto encore plus fort et poignant ce qu'il dépeint), laissant suffisamment de temps à ses personnages - complexes - et à sa narration pour respirer; Les Choses Humaines incarne une expérience passionnante, peut-être un poil tiré en longueur dans son dernier tiers voire même un poil scolaire, mais implacable dans son suspense et sa déroutante (impossible) quête de vérités.
Jonathan Chevrier
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