[CRITIQUE] : Ron Débloque

[CRITIQUE] : Ron Débloque
Réalisateurs/Réalisatrice : Sarah Smith, Jean-Philippe-Vine et Octavio E. Rodriguez
Acteur : avec les voix de Zach Galifianakis, Jack Dylan Grazer, Olivia Colman,...
Distributeur : The Walt Disney Company France
Budget : -
Genre : Animation, Famille, Aventure, Science fiction.
Nationalité : Américain, Britannique.
Durée : 1h46min
Synopsis :
L'histoire de Barney, un collégien tout ce qu’il y a de plus normal, et de Ron, une prouesse technologique connectée capable de marcher et de parler, et conçue pour être son meilleur ami. Les dysfonctionnements de Ron à l’ère des réseaux sociaux entrainent le duo dans d’incroyables péripéties au cours desquelles garçon et robot vont découvrir la notion d’amitié sincère au milieu d’un joyeux désordre...

Critique :

Conscient des biens faits et inconvénients de la technologie moderne,#RonDébloque ne tape pas aveuglément dessus et dépeint avec sincérité comment grandir à l'ère des réseaux sociaux, tout en plaçant en son coeur la notion d'amitié dans tout ce qu'elle a de plus pure et touchante pic.twitter.com/lB2FDxLLhh

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) October 17, 2021

Il y a quelque chose d'assez ironique à voir le très réussi premier long-métrage de la firme Locksmith Animation, débarquer dans les salles obscures hexagonales à peine quelques jours après le bug maousse costaud qu'à pu connaître Facebook, tant il questionne habilement notre rapport (que ce soit le notre au quotidien, ou celui des jeunes générations qui se fabriquent en partie grâce avec) aux technologies mais avant tout aux réseaux sociaux.
Avec son intrigue embaumé au teen movie US (un ado solitaire et socialement maladroit qui n'a pas d'amis, dont la lutte pour s'intégrer ne sont pas aidées par le nouvel engouement numérique, un robot/gadget technologique conçu pour être votre « meilleur ami prêt à l'emploi »), le film chapeauté par le trio Sarah Smith, Jean-Philippe-Vine et Octavio E. Rodriguez, arbore un discours beaucoup plus nuancé du sujet que la technophobie paranoïaque et horrifique de Black Mirror, ou même celle comique/à charge des autres bandes animées de récentes mémoires.

[CRITIQUE] : Ron Débloque

Copyright 2021 20th Century Studios. All Rights Reserved.


Si elle pose des questions plutôt attendues (Est-ce que les médias sociaux sont-ils bons pour les enfants ? Comment la technologie change-t-elle intimement la façon dont les gens se connectent entre eux ?), la narration prend néanmoins des détours plutôt originaux et même franchement rafraîchissant, jouant moins sur la dépendance des jeunes que sur l'hypocrisie des adultes (qui réprimande leurs enfants tout en faisant strictement la même chose) qu'en distillant une charge pertinente sur le capitalisme ambiant, de la manière dont les firmes continuent de transformer l'humain en un ensemble de données (empiétant de plus en plus sur toutes les facettes tangibles et intangibles de l'existence humaine : syndrome Skynet) ou comment sa poursuite de la perfection technologique nous prive de la seile et unique connexion qui importe.
Conscient des biens faits aussi bien que des inconvénients de la technologie moderne, Ron Débloque ne tape pas aveuglément dessus d'autant qu'il dépeint avec honnêteté comment grandir à l'ère des réseaux sociaux, tout en plaçant en son coeur la notion d'amitié dans tout ce qu'elle a de plus vraie et émouvant.

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Dommage du coup que son animation, loin de rivaliser avec le réalisme d'un Pixar avec lequel il partage une sensibilité tout aussi émouvante et pop, ne soit pas plus travaillé, tant son prisme couplé à un humour résolument british, en fond un divertissement familial certes assez familier, mais surtout franchement réussi, chaleureux et touchant.
Jonathan Chevrier
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