[SƎANCES FANTASTIQUES] #63. The Survivor

Par Fuckcinephiles

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Parce que les (géniales) sections #TouchePasAMes80s et #TouchePasNonPlusAMes90s, sont un peu trop restreintes pour laisser exploser notre amour du cinéma de genre, la Fucking Team se lance dans une nouvelle aventure : #SectionsFantastiques, ou l'on pourra autant traiter des chefs-d'œuvres de la Hammer que des pépites du cinéma bis transalpin, en passant par les slashers des 70's/80's ; mais surtout montrer un brin la richesse des cinémas fantastique et horrifique aussi abondant qu'ils sont passionnant à décortiquer. Bref, veillez à ce que les lumières soient éteintes, qu'un monstre soit bien caché sous vos fauteuils/lits et laissez-vous embarquer par la lecture nos billets !

#63. Le survivant d'un monde parallèle de David Hemmings (1981)
Il y a quelque chose d'assez étrange dans l'idée de se dire que feu le talentueux James Herbert (le papa de Fog - rien a voir avec le film de John Carpenter -, et la géniale trilogie des Rats), de loin l'un des plus grands écrivains horrifique britannique, n'a pas forcément connu l'intérêt du septième art, tant rares sont les cinéastes à s'être alignés pour adapter ses romans malgré leur réelle adéquation aux tendances du cinéma de genre au fil des décennies.
D'autant plus que la plupart de ses oeuvres qui ont pu connaître une adaptation sur grand écran, ont été un brin boudés par les aficionados du bonhomme (et même le principal intéressé), intensifiant dès lors l'idée que la meilleure manière de s'initier à son travail - à la différence d'un Stephen King que l'on adapte à tour de bras -, est uniquement au travers de la lecture de ses romans, embaumés par les thèmes récurrents de la catastrophe, du paranormal et de la réincarnation.

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Pourtant, tel un irréductible gaulois australien, The Survivor - Le Survivant d'un monde parallèle par chez nous - signé David Hemmings, catalogué comme le film le plus coûteux de son époque (la " faute " a une incroyable et choquante scène d'ouverture, montrant le crash d'un boeing 747 dans une banlieue de Sydney), vient transgresser un brin cette (fausse) vérité en incarnant une étrange expérience d'horreur atmosphérique.
Laissant de côté les élans terrifiants et violents du matériau d'origine (mais aussi de l'Ozploitation, en plein boom au début des 80s), pour plonger tête la première dans quelque chose de plus lancinant et surnaturel - mais discret, à la lisière de la poésie lyrique -, le film, imbibé d'une étrangeté qui va de pair avec son intrigue alambiquée, s'attache à montrer comment l'horreur vient s'immiscer sournoisement dans l'imprévisibilité et la déraison incontrôlable du quotidien.
Pas dénué de quelques longueurs, pétri de problématiques contemporaines jusque dans son final ambiguë, tout autant qu'il croque une élégante parabole sur l'au-delà (avec ses âmes en attentes d'ordre); Le Survivant d'un monde parallèle, vissé sur la performance habitée de l'excellent Robert Powell - l'éternel Jésus de Nazareth de Zeffirelli -, est une expérience fantastique exigeante et envoûtante, qui mériterait pleinement une réhabilitation.
Ce qui tombe bien, vu sa récente et superbe édition du côté de chez Rimini Éditions...
Jonathan Chevrier