[CRITIQUE] : The Guilty

[CRITIQUE] : The Guilty
Réalisateur : Antoine Fuqua
Avec : Jake Gyllenhaal, Christina Viral, Eli Goree, Riley Keough, Paul Dano, Ethan Hawke,...
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Thriller, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h30min
Synopsis :
Remake de Den Skyldige (The Guilty) de Gustav Möller.
Relégué au centre d'appels d'urgence, un inspecteur de police tente de sauver une interlocutrice au fil d'une rude journée riche en révélations et règlements de compte.

Critique :

Ressemblant peu ou prou au film original (dont il n'a jamais l'intention de s'émanciper), #TheGuilty n'en est pas moins une américanisation efficace, que ce soit dans sa recontextualisation maligne ou la profondeur salvatrice allouée au perso titre, campé par un Gyllenhaal habité pic.twitter.com/WMaM605C4j

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) October 1, 2021

Grosse surprise cinéma venue tout droit du Danemark en 2018, The Guilty de Gustav Möller, vrai morceau de thriller psychologique brut et haletant dont l'épure n'a d'égale que la maîtrise, s'est donc fait happer par la machine Hollywoodienne, bien décidée à en concocter un remake prémâché pour son audience.
La question n'était alors pas tant posée sur la pertinence du projet (puisqu'il n'y en a pas autre que la volonté, habituelle d'Hollywood, à adapter tout succès populaire pour son public), que sur les réels contours de cette relecture d'un cinéma baignant majoritairement dans le sensationnalisme, tant le film original évitait clairement cet écueil en jouant pleinement la carte plus troublante et immersive, de la suggestion (triturant l'imaginaire au lieu de pleinement lui mâcher le boulot, soit l'antithèse de ce que s'échine à produire le cinéma américain).

[CRITIQUE] : The Guilty

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Passé sous l'excellente plume de Nic " True Detective " Pizzolatto autant que sous la mise en scène énergique (et subtilement canalisée par un cadre unique) d'Antoine Fuqua, The Guilty sauce US va clairement ou on l'attend tout en mettant intelligemment l'accent sur la profondeur de son personnage central, résolument plus explosif et - positivement - déséquilibré que la version plus glaciale incarnée par Jakob Cedergren, capitalisant grandement sur la performance émouvante
Une mise à jour élégante et profondément américanisée, qui prend place dans une L.A. - littéralement - en ébullition (au plus fort de la saison des incendies de forêt mais aussi, des troubles sociaux qui tiraillent la ville), et suit les aléas de l'officier Joe Baylor, dont l'asthme carabiné est bien le cadet de ses soucis.
Forcé de travailler dur au centre de répartition 911 de la ville - une punition pour des raisons qui se révèlent lentement au fil de l'intrigue -, sa colère contre le monde et surtout contre lui-même, est à son paroxysme.
Pourtant, son travail est assez simple : répondre à l'appel, déterminer l'emplacement et le problème, envoyer les autorités pour aider, puis passer à un autre appel.
Sa mauvaise attitude est d'aucune aide (il aborde la plupart des appelants avec un dédain évident, même si certains le méritent, et sa relation avec ses collègues est tout aussi moribonde), jusqu'à ce qu'apparaisse Emily à l'autre bout du fil...

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Réappropriation totale de la part de Jake Gyllenhaal (c'est lui-même qui a acheté les droits pour en produire un remake), véritable taureau dans un magasin de porcelaine qui parvient tout autant à gérer une gamme vertigineuse d'émotions et de préoccupations palpables (simplement avec casque et un iPhone vissés sur les oreilles), The Guilty US ressemble finalement peu ou prou au film original - et dont il n'a nullement l'intention de s'émanciper -, à ceci près que sa composition sonore criarde désarçonne méchamment sa tension - tant elle trahit toujours des éléments clés.
Mais sa familiarité évidente - jusqu'au plus petit rebondissement -, se voit continuellement boostée par des questionnements habiles (notamment sur le rôle de la police dans le monde moderne, et encore plus dans le contexte difficile et actuelle du pays de l'oncle Sam) autant qu'une recontextualisation américaine intelligente, ainsi qu'une prestation habitée et sans réserves de son rôle titre, dont la finesse de son écriture (une santé mentale troublée couplée à une pression constante dû à son métier) permet d'offrir un vrai contre-point à une gestion d'une situation de crise aussi perturbante que terrifiante (un homme qui, en aidant son interlocutrice, voit s'offrir à lui la potentielle et improbable redemption d'une vie bouleversée par les mauvais choix).

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Efficace thriller minimaliste et claustrophobique qui ne renie jamais ses émotions, le film justifié étonnamment bien son américanisation, quoi qu'en diront les aficionados du film de Möller (dont l'auteur de ses mots), dont la simplicité brute et ici bradée pour quelque chose de moins viscéral, mais pas moins séduisant.
Jonathan Chevrier
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