[CRITIQUE] : Dune

[CRITIQUE] : Dune

Réalisateur : Denis Villeneuve
Acteurs : Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac, Josh Brolin, Zendaya, Jason Momoa,...
Distributeur : Warner Bros. France
Budget : -
Genre : Science-Fiction, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h36min.
Synopsis :
L'histoire de Paul Atreides, jeune homme aussi doué que brillant, voué à connaître un destin hors du commun qui le dépasse totalement. Car s'il veut préserver l'avenir de sa famille et de son peuple, il devra se rendre sur la planète la plus dangereuse de l'univers – la seule à même de fournir la ressource la plus précieuse au monde, capable de décupler la puissance de l'humanité. Tandis que des forces maléfiques se disputent le contrôle de cette planète, seuls ceux qui parviennent à dominer leur peur pourront survivre…


Critique :
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Que David Lynch - comme bon nombres de cinéphiles - ne porte pas fondamentalement dans son coeur sa propre version de Dune, n'en faisait pas moins un excellent film pour autant; un blockbuster SF dont l'opulence criarde so 80s, couplé à une insistance un brin autodestrictrice à ne pas toujours plonger tête la première dans l'excentricité plus que dans la cohérence, en ont fait une adaptation à part, qui a toujours laissé entrouverte la potentialité d'une retranscription plus fidèle de l'oeuvre d'Herbert, monument de la littérature SF depuis le milieu des 60s.
Comme pour Denis Villeneuve au fond, amoureux assumé du roman et dont la carrière résolument tourné vers le grand spectacle science-fictionnel, convergeait lentement mais sûrement vers son arrivée au coeur du paysage infernal du désert d'Arrakis, à la recherche du mélange d'épices.

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Copyright 2021 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved.


Scindant volontairement le pavé en deux (décuplant de facto l'ambition du projet, autant que son penchant furieusement casse-gueule), tout en gardant son essence de thriller politique sans scrupules, de mysticisme et de tragédie purement Shakespearienne, le bonhomme réussit la prouesse loin d'être mince de rendre justice à un texte - quasiment - sacré tout en conservant la forme formelle si identifiable (lisse diront les mauvaises langues) d'un blockbuster pop et pompant made in Hollywood.
Là où son Blade Runner 2049, au demeurant grisant, embrassait peut-être parfois un peu trop les longueurs contemplatives de son récit pour mieux en évoquer sa profondeur - thématique comme émotionnelle -, il évite ici cet écueil en rendant presque plus pure et lisible son émotion au travers de la peau poreuse et immaculée du film; véritable accumulation de paysages tout droit sorties de tableaux somptueux, dont les détails si " Villeneuvien "en font l'un des blockbusters les plus visuellement époustouflants et les plus audacieusement idiosyncratiques depuis longtemps, tant il s'échine à toujours être bien plus un vrai morceau de science-fiction exigeant, qu'une grosse cylindrée populaire traditionnelle.
En prenant son temps, là ou le film de Lynch (comme aurait pu l'être celui de Jodorowsky également) à tout du sprint à check point, ce premier opus appelant directement une suite (final frustrant oblige), condense intelligemment la richesse foisonnante du matériau d'origine, s'autorisant à laisser respirer l'histoire plus qu'imposante, en prenant son temps autant pour développer la profondeur et les intentions de ses personnages, que pour dresser des pistes
nécessaires aux fondements émotionnels qui serviront de piliers au second effort.

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En ce sens, son traitement des personnages se confronte à ce même souci d'essentialité, au point d'en négliger certains - Duncan Idaho et Piter De Vries en tête -, pour mieux en privilégier d'autres - Paul, héritier de la noble maison Atreides (qui ferait presque écho non pas à Luke Skywalker, mais à un autre personnage du Chalamet-verse, Elio, avec le voyage initiatique du héros rebelle, de la confusion juvénile à l'âge adulte tumultueux, forcé par la secousse soudaine du destin) et sa mère, Lady Jessica.
Un choix salutaire même si discutable pour les aficionados (un squelette narratif ferme laisse évident quelques détails au placard), mais qui ne fait que montrer la réappropriation juste de Dune par un fan absolu (un jugement qui, pour le moment ne l'oublions pas, ne s'applique qu'à la première moitié du roman), prenant subtilement temps de souligner sa malléabilité et son potentiel allégorique puissant, qui va olus loin que la grande fresque familiale aux doux accent de querelles commerciales intergalactiques.
Car c'est là où toute la force du film réside, au-delà même de constamment placer le facteur humain en son centre, c'est sa propension à offrir différents niveaux de lecture contemporaine, de son alerte face à la politique moderne (les enjeux écologiques de la surexploitation des ressources, la futilité de la guerre et les dégâts qu'elle cause de tous côtés,...) à son démantèlement prudent du capitalisme (et la manière dont il peut être sournoisement exploité), en passant par un regard ambivalent sur la domination coloniale (même pavé de " bonnes intentions ").

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Solidement campé, loin du spectacle vide boursouflé aux SFX fatigués (il préfère embrasser un schéma de conception analogique rafraîchissant, le rapprochant vers une certaine idée d'un cinema artisanal brut d'antan, ou les effets visuels se fondent dans des décors massifs et désertiques), sans pour autant laissé de côté l'amateur de divertissement popcorn (quelques scènes d'action excitantes et bien emballées, viennent booster le tout); Dune est un blockbuster majestueux, exigeant et elliptique, finalement plus proche du cinéma de David Lean que dans gros bonbon friqué et indigeste comme Hollywood en dégaine à la pelle (même s'il partage avec eux, les partitions - ici tonitruante - d'Hans Zimmer).
Une oeuvre tentaculaire au montage mesuré dont attend déjà, ardemment, sa suite, en espérant qu'elle ne soit pas l'une des nombreuses victimes autant d'un snobisme évident pour la SF grand spectacle, que d'une pandémie mondiale qui aura mis l'industrie sur les rotules...
Jonathan Chevrier
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