[Venise 2021] “Mona Lisa and the Blood Moon” de Ana Lily Amirpour

Mona Lisa affpro[Compétition Officielle]

De quoi ça parle ?

De la cavale de Mona Lisa (Jeon Jong-seo), une jeune femme d’origine sud-coréenne, échappée de l’hôpital psychiatrique de haute sécurité où elle était enfermée depuis l’enfance. En chemin, elle croise la route d’une go-go danseuse fatiguée (Kate Hudson) et de son jeune fils, qui vont l’aider à utiliser ses dons particuliers. Car Mona Lisa a le pouvoir d’hypnotiser les personnes et les pousser à agir contre leur volonté…

Pourquoi on résiste à l’hypnose ?

Le début est plutôt plaisant. Ana Lily Amirpour démarre son récit sur un tempo enlevé et filme de façon efficace une scène d’évasion spectaculaire tout en nous présentant son personnage principal : Mona Lisa Lee, une sorte de mutante dotée de pouvoirs psychiques singuliers, lui permettant de manipuler les personnes et de leur faire accomplir des choses contre leur volonté. Avec un tel don, Mona Lisa se débarrasse sans trop de problème d’une pédicure sadique et d’un infirmier apeuré. Elle troque sa camisole de force contre le T-shirt d’un dealer romantique et, après s’être rassasiée d’un paquet de chips et un soda, elle trouve encore l’énergie de mettre hors d’état de nuire une fille bagarreuse et un flic un peu trop opiniâtre. Puis elle rencontre Bonnie, qui travaille comme danseuse dans un club de striptease. A son contact, et celle de son fils, on se dit que le personnage va évoluer, apprendre à s’adapter à un monde dont elle n’a jamais eu les codes et dont on l’a soigneusement tenue à l’écart. Mais en fait, non. Mona Lisa continue d’utiliser son pouvoir pour aider sa nouvelle copine à obtenir plus de pourboires de la part des jeunes crétins qui fréquentent le club, et à arrondir les fins de mois en rackettant les passants près des distributeurs automatiques. Elle n’évoluera pas, car ce n’est pas ce qui semble intéresser la cinéaste, hélas.  Ana Lily Amirpour se contente de réaliser un film de genre assez conventionnel, correctement exécuté, certes, mais sans enjeux véritables.
On aurait aimé que l’intrigue puisse s’aventurer sur d’autres terrains, qu’elle traite de la différence, de l’intégration de ceux qui souffrent de handicaps mentaux ou qu’elle s’oriente vers un déchaînement de colère façon Carrie. Mais non, rien… Juste la cavale du personnage et ses astuces pour échapper à ses poursuivants. Aucun réel enjeu dramatique. Aucune profondeur thématique.
Alors forcément, les scènes se font répétitives, l’intérêt du scénario s’étiole au fil des minutes et Mona Lisa and the Blood Moon ne prend jamais l’ampleur attendue pour un film en compétition officielle à Venise.
Dommage, car la cinéaste avait su nous séduire avec son premier film, A girl walks alone at night, histoire de vampires sur fond de société iranienne. Elle peine à confirmer ces belles promesses, car son deuxième film, The Bad Batch, avait été fraîchement accueilli sur le Lido, et à juste titre, et Mona Lisa & the Blood Moon ne semble pas avoir bouleversé les festivaliers non plus…


Prix potentiels ?

Rien du tout.
Mais on met au défi Mona Lisa d’hypnotiser les remettants de la coupe Volpi pour les forcer à lui accorder le trophée. Mais probablement est-elle plus intéressée par un paquet de chips que par un prix immangeable…

Contrepoints critiques

“ Il faudra un jour s’interroger sur ce qu’on peut trouver à cette cinéaste poseuse dont aucun des films n’a convaincu. Ici, une jeune fille télépathe s’évade d’un institut psychiatrique et fout le bordel. Juste vain.”
(Pascal Gravillet – @PascalGravillet sur Twitter)

”Just vibes, le film. Un trip psychédélique dans les nuits de la Nouvelle-Orléans, entre horreur, enquête policière, et récit d’émancipation en terre inconnue. J’ai beaucoup vibé et un peu pleuré. La BO est ouf et Kate Hudson est géniale.”
(Anaïs Bordages – @anaisbordages sur Twitter)

”Mona Lisa and the Blood Moon offers street-food for the senses, served with lashings of hot sauce. It’s hardly nutritious but it tastes fine in the moment, wolfed down on the run.”
(Xan Brooks – The Guardian)

Crédits photos : photographie officielle fournie par La Biennale Cinema


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