[CRITIQUE] : Malignant

Par Fuckcinephiles

Réalisateur : James Wan
Acteurs : Annabelle Wallis, Maddie Hasson, George Young,...
Distributeur : Warner Bros. France
Budget : -
Genre : Épouvante-horreur, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h52min
Synopsis :
La vie de Madison Mitchell est perturbée lorsque de terribles visions viennent la hanter. Quelle est cette créature malveillante qui la poursuit et commet ces meurtres atroces ? Une nouvelle histoire originale par James Wan, le maitre de l’horreur.



Critique :

Voulu comme une pure déclaration d'amour au cinéma de Mario Bava,#Malignant est un tendre ratage, plastiquement somptueux et embaumé dans une ambiance à l'ancienne, mais gaché par une écriture anodine - voire catastrophique -, ou James Wan tente (en vain) de préserver l'essentiel pic.twitter.com/PJbDC7wHNO

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) September 1, 2021

Sur la pointe des pieds, la faute à une campagne promotionnelle férocement rachitique - voire inexistante -, le nouveau long-métrage de James Wan, Malignant, débarque enfin dans les salles obscures hexagonales, laissant les aficionados du cinéma de genre avec la bave aux lèvres, tant la péloche semblait incarner un bel hommage au cinéma européen des 60s; mais surtout une vraie déclaration d'amour au cinéma de Mario Bava - maître du fantastique gothique enlevé et produit avec peu de moyens -, passé celle décevante - même si attachante - qu'il avait faite via son Dead Silence.
N'emboitant pas totalement le pas du cinéaste italien, puisque la débauche de moyen est résolument plus imposante (et jamais masquée) ici, Wan délivre une oeuvre foisonnante dont la générosité est à la fois la plus grande force, mais aussi le plus gros défaut : un giallo qui n'en est pas totalement un, épousant les tropes du film de maison hanté avant de littéralement se perdre dans un gloubiboulga foutraque et sans tension constamment à la lisière du ridicule (son twist final...), n'incarnant jamais le choc espéré.

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Handicapé par un script bordélique (et des reshoots qui n'ont pas aidé non plus) qui peine à donner du corps à son héroïne et sa menace - plutôt captivante - quand il ne se saborde pas lui-même, le nouvel effort du cinéaste est un train fantôme qui quitte constamment les rails autant qu'il ne s'aventure guère au-delà des sentiers battus, se bornant à effleurer la surface des choses tout en alignant un peu trop mécaniquement ses effets horrifiques, entre les envolées brutales et sanglantes de Saw et les fakes scares des plus mauvais efforts de la franchise Conjuring.
Un comble quant on sait que la mise en scène de Wan transpire l'amour du cinéma comme rarement, multipliant les cadrages imaginatifs autant que les séquences diablement réussies ou la puissance de sa caméra éclate. 
Un tendre ratage, plastiquement somptueux et embaumé dans une ambiance à l'ancienne, mais gaché par une écriture anodine - voire catastrophique -, ou Wan galère à préserver l'essentiel.
Reste à savoir maintenant si, comme Dead Silence, l'aspect bancal de la séance et cette modeste sortie de route est à imputer soit à son scénario maladroit, soit à son remontage abusif... les paris sont ouverts.
Jonathan Chevrier