[CRITIQUE] : Chaos Walking

[CRITIQUE] : Chaos Walking

Réalisateur : Doug Liman
Acteurs :  Tom Holland, Daisy Ridley, Mads Mikkelsen, Demian Bichir, David Oyelowo, Nick Jonas,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Science-fiction, Action.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h49min.
Synopsis :
Dans un futur proche, les femmes ont disparu. Le monde de Todd Hewitt n’est habité que par des hommes, et tous sont soumis au Bruit, une mystérieuse force qui révèle leurs pensées et permet à chacun de connaître celles des autres. Lorsqu’une jeune femme, Viola, atterrit en catastrophe sur cette planète, elle s’y retrouve en grand danger… Todd jure de la protéger, mais pour réussir, il va devoir révéler sa force intérieure et percer les sombres secrets qui étouffent son monde…



Critique :

Sortie 5 ans trop tard, porté par des comédiens aussi paumés que leurs persos, #ChaosWalking et son esthétique Hunger Games-like, est un ratage monumental et férocement policé qui nous laisse avec la frustration de ce qu'aurait pu donner le film sous la plume de Charlie Kaufman. pic.twitter.com/L4xcrOhIPK

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) July 29, 2021

Ce qu'il y a d'assez exceptionnel avec Chaos Walking, au-delà du fait que rarement un blockbuster US a aussi bien porté son titre, c'est sa propension a scrupuleusement cocher toutes les cases du gaspillage de ressources et de talents le plus retentissant de récente mémoire, sans jamais chercher une seule seconde à se sauver la pellicule.
Véritable odyssée du pire, son développement à lui seul a tout du cas d'école trop fou pour être vrai.
De l'acquisition du matériau d'origine signé Patrick Ness, par une Lionsgate pas encore auréolée par le succès de la saga Hunger Games (mais consciente qu'il fallait battre le fer des adaptations de romans YA tant qu'il était encore chaud), à son développement heel (une bonne galerie de scénaristes - loin d'être tous crédités -, dont Charlie " Fucking " Kaufman, sans oublier la défection de Robert Zemeckis à la réalisation), en passant par des prises de vues tardives de Doug Liman, puis de nombreux reshoots orchestrés par Fede Alvarez (la faute à des projections tests catastrophiques), avant de se clôturer sur un bal de reports qu'il ne faut pas qu'imputer au Covid-19 (et une sortie en catimini un peu partout sur le globe, en mode VOD); Chaos Walking est une masterclass de tout ce qu'il ne faut pas faire, qui se déguste avec toute la perversité régressive et jubilatoire qu'elle convoque.

[CRITIQUE] : Chaos Walking

Copyright Metropolitan FilmExport


Porté par un pitch furieusement gonzo et anti-spectaculaire (dans un avenir lointain et à la suite d'une guerre entre humains et extraterrestres, un groupe de réfugiés luttent sur une planète coloniale où toutes les femmes ont été tuées et tous les hommes ont leurs pensées intérieures qui se matérialisent, à la vue et l'écoute de tous), sorte de croisement malade entre What Women Want, le chien Dug de Là-Haut et le pire du teen movie dystopique (avec une misogynie édulcorée en prime), Chaos Walking trouve son intérêt autant que son déséquilibre dans son gimmick accrocheur - introduit à la truelle - : la matérialisation des pensées, dit " le bruit ", et l'abolition de l'intimité qu'elle provoque, littéralement survolé (une transcription fidèle du " bruit " devrait être, comme le titre du film l'indique, chaotique : un fouillis d'associations à moitié formées rebondissant entre le banal et le bizarre, l'existentiel et le loufoque (et non uniquement des pensées aussi simples qu'utilitaires).
Tout en contradiction, dénué de cohérence (les pensées ne sont pas tant des aperçus de l'agitation intérieure des personnages mais plus des véhicules scénaristiques faciles pour faire avancer le récit), de puissance politique (il effleure l'idée d'un regard féroce sur le passé colonialiste de l'Amérique, la toxicité de sa société patriarcale ou même sur la puissance de l'endoctrinement social) et même de psychologie (ses personnages, tout comme son univers, ont une caractérisation aussi profonde qu'un pet dans le vent), tous sacrifiés sur l'autel du spectaculaire (une accumulation de scènes d'action impersonnelles et sans réels impacts émotionnels ou même sur la narration) et du néant absolu.

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Copyright Metropolitan FilmExport


Sortie cinq ans trop tard, porté par des comédiens aussi paumés que leurs personnages, et qui ne génèrent aucune énergie ni alchimie les uns entre les autres (même si Tom Holland et Mads Mikkelsen tentent brièvement de sauver les apparences), Chaos Walking et son esthétique Hunger Games-like, est un ratage monumental et honteusement policé qui, tout du long, nous laisse avec la frustration de ce qu'aurait pu/dû donner le film sous la plume de Kaufman (qui retrouve quelques-uns de ses thèmes dans son formidable I'm Thinking of Ending Things), voire le premier cut qui a tant fait frémir Lionsgate.
Un excellent drame intime et science-fictionnel dans un cadre post-apocalyptique plein de promesses, se cachait sûrement derrière...
Jonathan Chevrier
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