PROFESSION DU PÈRE (Critique)

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SYNOPSIS: Emile, 12 ans, vit dans une ville de province dans les années 1960, aux côtés de sa mère et de son père. Ce dernier est un héros pour le garçon. Il a été à tour à tour était chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d'une Église pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle. Et ce père va lui confier des missions dangereuses pour sauver l'Algérie, comme tuer le général.
L'appétence de Benoît Poelvoorde pour les personnages fantasques et démesurément timbrés n'est plus à prouver - suffit-il simplement de regarder C'est arrivé près de chez vous ou Le Tout Nouveau Testament pour le voir. Dans son nouveau long-métrage, Profession du Père, Poelvoorde reprend ce rôle d'antagoniste grandiloquent et manipulateur mais cette fois-ci en apportant un lot de nuances particulièrement intrigantes dans cette adaptation du roman de Sorj Chalandon sorti en 2015. Dans Profession du Père, nous suivons l'enfance d' Emile Choulans, 12 ans, vivant avec sa mère et son père. Ce dernier, aux multiples vies allant de la carrière de parachutiste à l'intégration à l'OAS en passant par la création d'un groupe de musique populaire, lui propose une mission de choix : être celui qui appuiera sur la détente du pistolet qui assassinera De Gaulle. Par ses aspects hybrides faisant fusionner le drame politique, le film social et des instants de comédie au sein d'un même long-métrage, Profession du Père se rend très singulier dans son approche de cette intrigue qui trouve par l'ampleur de ses propos une vraie profondeur thématique. Emile est un enfant fragile qui va se retrouver embrigadé dans les obsessions de son père, véritable tyran qui régit sous le toit de la famille Choulans sous les yeux impuissants de la mère campée avec brio par Audrey Dana .

PROFESSION DU PÈRE (Critique)

Cette impuissance face à cette surcharge de manipulation et de crédulité de l'enfant prêt à tout pour rendre son père fier, c'est la même que subit le spectateur, assistant sans pouvoir rien y faire à une série de scènes de plus en plus inquiétantes qui mèneront les personnages à envisager des actions moralement et légalement répréhensibles. Par cette illustration de la mystification dont le père instable et imprévisible est l'instigateur, Jean-Pierre Améris déroule le fil d'une relation père-fils complexe, jouant constamment avec les parallèles pour montrer la pente glissante sur laquelle Émile s'aventure en tentant d'approcher son père.

PROFESSION DU PÈRE (Critique)

Un père cruel et abusif, un brin psychotique, incarné d'une main de maître par un Benoît Poelvoorde habité par ce monstre familier qui petit à petit devient un modèle sur lequel se forger. Mais Profession du Père sait alors faire jouer les nuances, proposant en fin de parcours une véritable relecture du personnage du père. Pas seulement relégué au rang d'antagoniste primaire, il nous apparaît alors comme un homme instable mentalement, malade dans le sens premier du terme. On regrettera juste que le film se termine sur l'adjectif " fou " pour le qualifier, là où aujourd'hui de tels troubles mentaux ne peuvent plus être considérés comme de la folie.

PROFESSION DU PÈRE (Critique)
Se dotant d'une mise en scène satisfaisante faisant de cette histoire une véritable plongée dans les années 60 (la reconstitution historique dans la direction artistique est d'ailleurs très bien soignée), Profession du Père parvient à maintenir son cap malgré certaines longueurs à quelques points névralgiques de l'intrigue. En oscillant entre les genres avec un équilibre assez prodigieux, Jean-Pierre Améris signe un film inquiétant et touchant, récit d'une famille dysfonctionnelle qui s'ignore. Sa noirceur teintée de légèreté par instants qui rend l'ensemble digeste et solide permet alors de dresser le portrait d'une enfance fragile, manipulée et dans le doute permanent, recherchant de n'importe quelle façon l'amour d'un père incapable d'aimer. A travers ce joli film parfois bancal mais toujours ancré dans une réalité sombre et impactante, B enoît Poelvoorde, Audrey Dana et le jeune et très talentueux Jules Lefebvre composent un récit à la mécanique inflexible nourrissant un propos qui, même s'il nous permet de douter à de nombreux points, impressionne par la radicalité des choix qu'il fait. Entre une mère courageuse, un père mythomane, un fils influençable et le Général de Gaulle, Profession du Père choisit de dépeindre un bout de vie à la portée thématique moderne sous ses aspects profondément classiques. Une approche tout en nuances donc, à l'instar de ses personnages.

PROFESSION DU PÈRE (Critique)

Titre Original: PROFESSION DU PÈRE

Réalisé par: Jean-Pierre Améris

Genre: Drame

Sortie le: 28 juillet 2021

Distribué par: Ad Vitam

PROFESSION DU PÈRE (Critique) BIEN


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