[CRITIQUE] : Bloody Milkshake

[CRITIQUE] : Bloody Milkshake

Réalisateur : Navot Papushado
Acteurs : Karen Gillan, Lena Headey, Angela Bassett, Michelle Yeoh, Carla Gugino,...
Distributeur : StudioCanal
Budget : -
Genre : Action, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h54min.
Synopsis :
Sam n'est encore qu'une petite fille lorsque sa mère Scarlet, tueuse à gages, est contrainte de l’abandonner pour la protéger. Bien des années plus tard, Sam a suivi les traces de sa mère disparue et est elle-même devenue une tueuse à gages hors pair, travaillant pour la Firme. Un soir, lors d’une mission à haut risque, Sam se retrouve face à un dilemme : rester loyale à la Firme, ou sauver la vie d’une petite fille de huit ans. Commence alors une cavale survoltée qui conduira Sam à retrouver sa mère et ses anciennes associées. Mère et fille unies de nouveau, Sam et Scarlet se lanceront alors dans une lutte sans merci contre un ennemi commun redoutable.


Critique :

Se la jouant Tarantino du pauvre entre des dialogues clichés, une narration sans profondeur, une violence peu pulpeuse et une action dénuée d'impact, Navot Papushado fait de #BloodyMilkshake un gros gâchis incapable d'atteindre son plein potentiel d'actionner badass 100% féminin. pic.twitter.com/uHOqH3n4KY

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) July 21, 2021

Il y a quelque chose de profondément frustrant à l'idée de se dire que Gunpowder Milkshake, titré Bloody Milkshake dans l'hexagone (pourquoi pas mais surtout... pourquoi ?), est de ses péloches qui essayent d'être constamment au four et au moulin, au point de ne réussir que très peu de ce qu'elle entreprend, malgré les promesses incroyables qu'elle avait en elle : renverser - un brin - la hiérarchie de l'actionner US avec un casting entièrement féminin et badass, sur plusieurs générations.
S'appuyant autant sur des archétypes et des tropes familiers faciles que sur une esthétique prégnante mais faussement originale, sans rien chercher à offrir de nouveau à la table pour nourrir sa péloche d'action (son problème majeur n'étant pas que le style familier prime sur la narration, mais que celle-ci ne s'appuie jamais sur lui pour tenter quoique ce soit d'original), Navot Papushado fait maladroitement exister sa narration quelque part entre le Gotham City du Birds of Prey de Cathy Yan, et la saga John Wick, auquel il pille gentiment son concept de lois ancestrales régissant la vie des assassins du monde entier.

[CRITIQUE] : Bloody Milkshake

Copyright StudioCanal


Pourtant, l'idée de trois générations de femmes devant se battre contre une organisation d'hommes sans visage - The Firm - est intrinsèquement intrigante, surtout dans un monde volontairement hors du temps comme celui-ci, mais jamais l'écriture du tandem Papushado/Lavski ne donne du coeur et du corps à ses personnages et leurs prises de décisions, d'autant plus plombé par des dialogues douloureusement guindés (bardés de double sens et sur-écrits, au point d'apparaître comme une interminable dictée) et un refus total de profondeur émotionnel (que ce soit entre Sam et sa mère, ou plus directement dans le lien entre les trois bibliothècaires campées par Angela Bassett, Michelle Yeoh et Carla Gugino).
Jamais l'héroïne incarnée par Karen Gillan (au charisme magnétique totalement saccagé par l'écriture insipide), n'arrive à créer suffisamment d'empathie ni même d'intérêt pour sa personne (on se moquerait presque de sa relation conflictuelle d'avec sa mère ou même de son dilemne moral, pourtant le moteur même de l'histoire), sorte d'archétype d'assassin froid et efficace à la John Wick, émoussée de toute émotion, d'enthousiasme et de charme.
Pire, même son action est incapable d'atteindre son plein potentiel, chaque chorégraphie manquant cruellement d'impact malgré l'énergie évidente déployée par ses interprètes (Karen Gillan et Lena Headey en tête).
Mais au bout de près de deux heures de bobines, c'est bien son refus de jouer pleinement dans la cour du comico-cricatural et du fun qui achève le film, et fait que si l'on aurait tous voulu aimer Bloody Milkshake (et encore plus les amateurs que nous sommes, de séries B décomplexées qui dépotent), celui-ci s'échine bien trop souvent à repousser notre amour, pour qu'une quelconque alchimie se passe.

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Copyright StudioCanal


Se la jouant Tarantino du pauvre (comprendre : il ne maîtrise absolument pas le processus d'assimilations/citations de ses nombreuses références) entre des dialogues clichés, une esthétique léchée (seule vraie réussite de l'entreprise) et une violence pulpeuse et gratuite sans véritable raison, Papushado balance tout son cocktail sur le quatrième mur en espérant que quelque chose de correct en ressortira, sans même questionner le fondement de son effort (comme ce que cela signifie réellement d'avoir - enfin - plusieurs femmes dans ces rôles traditionnellement masculins, leur donner un vrai but ou encore comment cet univers de violence affecte les relations entre elles).
Nous on n'y voit qu'un put*** de gâchis...
Jonathan Chevrier
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