La muraille de feu

Par Platinoch @Platinoch

Un grand merci à Artus Films pour m’avoir permis de découvrir et de chroniquer le DVD du film « La muraille de feu » de Carlo Ludovico Bragaglia.

« Tes sentiments pour Tancrède ne doivent pas faire sa prisonnière une alliée »

Lors de la première Croisade, Godefroy de Bouillon et son armée s’apprêtent à assiéger Jérusalem, afin de la délivrer des infidèles. Le Croisé Tancrède fait prisonnier deux femmes : Herminie, la fille du prince d’Antioche, et Clorinde. Cette dernière se laisse séduire par Tancrède. Jalouse, Herminie la dénonce comme alliée aux musulmans.

« Chacun est libre de son destin. Et ma vie ne compte pas tant que je se joue l’avenir de mon peuple »

Méconnu de ce côté-ci des Alpes, Carlo Ludovico Bragaglia (mort centenaire en 1998) demeure probablement l'un des réalisateurs les plus prolifiques du cinéma populaire italien, comptant pas moins d'une soixantaine de films a son compteur entre le début des années 30 et les années 60. A son actif, on compte beaucoup de comédies avec la grande vedette locale Toto (« Toto le moko », « Toto cherche une épouse », « Les six femmes de Barbe-Bleue ») mais aussi à partir des années 50 des films d'aventures portés par des vedettes internationales, notamment nombre de péplums (« Hannibal » avec Victor Mature, « Les amours d’Hercule » avec Jayne Mansfield, « L’épée et la croix » avec Yvonne de Carlo) et de films de cape et d'épée (« Le quatrième mousquetaire »). En 1957, il signe ainsi « La muraille de feu », adaptation de « La Jérusalem délivrée », poème épique écrit par Torqueto Tasso (dit Le Tasse) au seizième siècle.

« Tu as le droit de disposer de tes sentiments. Mais pas des miens. »

Carlo Ludovico Bragaglia nous invite donc ici à nous plonger dans les affres de la Première Croisade, pour une épopée chevaleresque aux côtés de Godefroy de Bouillon et des siens, venus reprendre la ville de Jérusalem alors aux mains des turcs. « La muraille de feu » faisant ici référence aux murs protégeant la ville sainte de toute intervention extérieure. Un enjeu de prime abord assez basique pour ce récit qui prend, à l’évidence, de très grandes libertés avec la réalité historique. Mais le réel intérêt du film est ailleurs, dans son récit romanesque au sein duquel les intrigues amoureuses interdites entre princes chrétiens et princesses guerrières sarrasines viennent complexifier fortement le rapport entre les deux camps antagonistes, donnant à l’ensemble des allures de tragédie classique. En cela, le film se révèle d’autant plus agréable à regarder que le réalisateur peut avantageusement s’appuyer sur le charisme de Francisco Rabal et de la belle Sylva Koscina. Suffisant pour passer un très bon moment et pour pardonner quelques maladresses (un prosélytisme un peu too much - comme lorsque le héros baptise sa dulcinée mourante - mais classique des productions de cette époque) et souvent dues aux moyens un peu limités de la production (notamment le jeu un peu limité des figurants lors de la scène de bataille finale).

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Le DVD : Le film est présenté en version originale italienne (2.0) ainsi qu’en version française (2.0). Des sous-titres français sont également disponibles.

Côté bonus, le film est accompagné d’un diaporama d’affiches et de photos, d’un générique français et d’un passionnant livret de 24 pages rédigé par François Amy de la Bretèque.

Édité par Artus Films, « La muraille de feu » est disponible en DVD depuis le 4 mai 2021.

Le site Internet de Artus Films est ici. Sa page Facebook est ici.