Les nerfs à vif

Les nerfs à vifScorcese - De Niro: duo de légende ou duo bankable?

Scorcese s’empare d’un film de 1962 mis en scène par un réalisateur de série B (Jack Lee Thompson). Scorcese aux manettes accompagné, pour leur sixième collaboration de De Niro dans le rôle d’un psychopathe ; même si cela ressemble à du réchauffé ; la proposition est alléchante.

Spielberg devait faire ce film au départ, mais il préféra se concentrer sur « La liste de Schindler ». Le film de 1962 tout comme le premier jet du script proposait une lecture très manichéenne des personnages avec d’un côté l’avocat symbolisant le bien et le truand symbolisant le mal. Scorcese au prix d’une grosse réécriture livre un film plus complexe. L’avocat n’est pas blanc comme neige et surtout sa cellule familiale, bourgeoise et bien sous tout rapport, ne l’est qu’en apparence ; elle dysfonctionne pas mal en fait. Le truand, victime d’une faute grave de son avocat, se voit quant à lui légitimé dans son désir obsessionnel de vengeance. La force du film est de rendre en partie légitime son action et de le rendre fascinant. A contrario, Scorcese n’a aucune sympathie pour l’avocat. Troublant pour le spectateur de voir ses valeurs bouleversées et inversées. Ça fonctionne, car De Niro compose un personnage hors norme, une prestation physique voire bestiale encore plus extrême que dans « Taxi driver ».

Toutefois, la force du film est aussi sa limite, ce n’est qu’un pur divertissement qui en fait un film mineur de la filmo de Scorcese. Son climax dérape dans le grandguignol. Les rebondissements, les facilités scénaristiques et l’excès de spectaculaire rendent le final boursoufflé et assez pathétique. A sa sortie ciné, à l’époque, j’y avais vu les mêmes limites.

Un divertissement rendu jouissif par le duo Scorcese-De Niro mais qui tourne en rond et se crash dans son final.

Sorti en 1992

Ma note: 13/20