La Femme à la Fenêtre (2021) de Joe Wright

Voilà une production qui a tout pour plaire, un réalisateur de renom, des producteurs réputés, un casting quatre étoiles, un best-seller et un scénariste lauréat du prix Pulitzer. Evidemment, on se doute bien que ça lorgne du côté de Hitchcock, ne serait-ce que par le titre, puis ensuite par le speech suffisamment évocateur pour réveiller le maître du suspense. Il s'agit d'une adaptation du roman à succès "The Woman in the Window" (2018) de A.J. Finn (pseudo de Dan Mallory) mais dont le scénario est signé d'un autre auteur, Tracy Letts, qui a déjà vu ses romans adaptés et pas des moindres avec "Bug" (2006) et (2012) tous deux de William Friedkin, puis "Un été à Osage County" (2014) de John Wells d'après le Pulitzer justement. L'auteur joue aussi l'acteur régulièrement comme par exemple en incarnant Henry Ford II dans (2019) de James Mangold. Le film est réalisé par Joe Wright, cinéaste au style élégant souvent attiré par les films historiques de "Orgueil et Préjugés" (2005) à "Les Heures Sombres" (2017) en passant par "Anna Karénine" (2012) mais qui a su surprendre aussi notamment avec le film d'action au féminin "Hanna" (2011). Malheureusement, la production du film va connaître plusieurs mauvais coups du sort avec les révélations en 2019 sur les mensonges de Dan Mallory sur son passé, les accusations de harcèlements sexuels du producteur Scott Rudin, jusqu'à des projections-tests catastrophiques qui ont poussé à des reshoots (par Tony Gilroy paraît-il), jusqu'à ce que la pandémie de Covid ait raison finalement d'une vraie sortie cinéma. Le film, prévu pour Disney, est finalement diffusé (plutôt discrètement) via l'omniprésent Netflix...

La Femme à la Fenêtre (2021) de Joe Wright

Pedo-psychologue, Anna Fox est pourtant en proie à une grave dépression depuis plusieurs mois. Elle est devenue agoraphobe et vit recluse chez depuis et passe donc son temps à épier ses voisins. Mais un jour, le jeune ado de la famille qui vient d'emménager en face sonne à sa porte. Pour une fois elle ouvre et l'invite, avant de déceler que cet enfant est sans doute une victime... Anna Fox est incarnée par qui semble un peu au ralenti ces dernies temps avec deux seuls films ces trois dernières années, "Une Ode Américaine" (2020) de Ron Howard et "Zack Snyder's Justice League" (2021). La famille d'en face est composée de Gary Oldman qui retrouve le réalisateur après "Les Heures Sombres", et dont on peut citer la performance dans l'excellent (2020) de David Fincher, il retrouve ainsi sa partenaire Julianne Moore 20 ans après "Hannibal" (2001) de Ridley Scott, superbe actrice également en perte de vitesse avec des films oubliables comme "Bel Canto" (2018) de Paul Weitz ou "Après le Mariage" (2019) de Bart Freundlich, puis l'épouse jouée par Jennifer Jason Leigh vue récemment dans "Annihilition" (2018) de Alex Garland et "Possessor" (2020) de Brandon Cronenberg, puis le fils ado joué par Fred Hechinger aperçu dernièrement dans (2021) de Paul Greengrass. L'époux de la psy est interprété par Anthony Mackie qui semble bien avoir du mal à se défaire de son role de Falcon chez Marvel de "Captain America : le Soldat de l'Hiver" (2014) des frères Russo jusqu'à la série TV "Falcon et le Soldat de l'Hiver" (2021), un locataire est joué par Wyatt Russell vu dans "Shimmer Lake" (2017) de Oren Uziel et (2018) de Julius Avery, puis enfin citons le policier joué par Brian Tyree Henry qui retrouve Jennifer Jason Leigh après "Undercover" (2018) de Yann Demange et vu récemment dans (2019) de Todd Phillips et "Godzilla vs Kong" (2021) de Adam Wingard...

La Femme à la Fenêtre (2021) de Joe Wright

Le titre, le speech, le genre thriller, le protagoniste principal qui est cloîtré... etc... d'emblée tout dans ce film nous ramène à Alfred Hitchcock, à son chef d'oeuvre "Fenêtre sur Cour" (1954) surtout mais aussi à bien d'autres. On peut penser aussi à "Copycat" (1995) de Jon Amiel notamment en ce qui concerne le personnage principal. Même si on peut penser que Joe Wright est complètement et logiquement lucide quant à la référence hitchockcienne et donc qu'il assume on reste tout de même très gêné tant les similitudes sont nombreuses et flagrantes, jusqu'à certains copiés-collés. Ensuite, le scénario suit le canevas habituel du fou ou pas fou. En effet, Anna est fragile et suivie psychologiquement et donc a-t-elle juste halluciné ?! Est-elle paranoïaque ?! Questions systématiques mais dont on devine assez facilement les ficelles narratives. Mais le pire reste les incohérences du début, par exemple Anna Fox est recluse depuis des mois mais ouvre sa porte à un ado sans difficulté ?! Les clichés sont légion également, outre les pompages et/ou les clins d'oeil à d'autres films, on pense entre autre au duo de policiers avec le bon et le méchant, jusqu'à la maison typique du genre. Les personnages sont tous des archétypes du genre, aucun n'est franchement original ou surprenant même si les acteurs sont tous impeccables. Au final on se demande surtout où a voulu nous emmener Joe Wright ?! Tout est si balisé, si connu, si lisible... Le réalisateur signe là son plus mauvais film, comme son scénariste par ailleurs. Une déception...

Note : Femme Fenêtre (2021) Wright

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