[CRITIQUE] : Caveat

Par Fuckcinephiles

Réalisateur : Damian McCarthy
Avec : Jonathan French, Leila Sykes, Ben Caplan,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Épouvante-horreur, Thriller.
Nationalité : Américain
Durée : 1h28min
Synopsis :
Un vagabond solitaire souffrant d'une perte de mémoire partielle accepte un emploi pour s'occuper d'une femme psychologiquement perturbée dans une maison abandonnée sur une île isolée.


Critique :

Petite bombe que #Caveat, un cauchemar atypique entre le thriller psychologique effrayant et le film de maison hanté old school qui prend son temps pour installer ses enjeux et mieux perdre son auditoire au coeur d'une intrigue croquée comme un puzzle mental complexe et envoûtant pic.twitter.com/eJUrWZPZLD

— Fucking Cinephiles (@FuckCinephiles) April 9, 2021

Au rayon des petites claquettes dans la nuque qui font du bien, Caveat de Damian McCarthy - dont c'est le premier long-métrage - peut gentiment prétendre à figurer tout en haut des meilleures trouvailles du dernier BIFFF, sommet de bande horrifique bricolé et captivante qui transpire autant l'amour du cinéma de genre que l'envie de bien faire.
Invitation au fond du terrier d'un lapin barjot qui nous jète a coup de pied au cul dans un pays des merveilles névrotique et surréaliste, conjuré à la fois par la photographie oblique et démente de Kieran Fitzgerald que le production design atmosphérique de Damian Draven; le film suit l'histoire d'Isaac, qui se remet difficile d'une blessure qui a laissé quelques blancs dans sa mémoire, et décide de prendre une offre d'emploi inhabituelle.
Engagé par Barret, quelqu'un de son passé - ou tout du moins d'une vie dont il ne se souvient pas totalement -, le dit travail oblige le bonhomme à se rendre sur une île isolée pour s'occuper d'une jeune femme distraite, Olga, la nièce de Barret et qui est désespérée depuis la mort de son père et la disparition de sa mère. 
Certain que quelque chose est là pour lui faire du mal, Olga voit tout ce qui pénètre dans la propriété comme une menace, et bien qu'acceptant l'idée d'un soignant, elle a une demande : ils doivent tous les deux s'enchaîner.

HyneSight Films


Rebuté par la requête mais ayant férocement besoin d'argent, Isaac accepte à contrecœur, et lorsqu'il débute le job, il commence à retrouver des souvenirs qui semblent indiquer une connexion sombre et troublante entre son passé et l'île...
Entre le drame psychologique terrifiant, le film de maison hanté old school (la maison, qui est le coeur même du récit, est savoureusement étrange et propice à captiver notre imaginaire le plus fou) et le thriller atmosphérique vraiment riche en rebondissements, le premier long de McCarthy, qui n'a absolument rien d'un premier long (c'est dire le talent du bonhomme) ne joue uniquement que sur la fascination que convoque son histoire, à la minutie folle (l'attention portée au moindre petit détail est exceptionnelle).
Alimentant lentement mais sûrement le quota d'informations qui donne à son auditoire (comme pour Isaac, qui ne sait rien mais voit sa mémoire le rattraper), pour mieux ménager sa tension et donner une fausse impression au spectateur d'avoir quelques coudées d'avance (un rapport de force inversé, qui se retrouve également dans la relation/jeu du chat et de la souris entre Isaac et Olga); Caveat est un cauchemar hypnotique, atypique et jouissif aux images oniriques, qui prend son temps pour embaumer pleinement l'écran de son atmosphère macabre et claustrophobique, et distiller tous ses enjeux dans une sorte de puzzle mental complexe et envoûtant.
Un put*** de premier film quoi, tout simplement.
Jonathan Chevrier