[CRITIQUE] : Dead Pigs

[CRITIQUE] : Dead PigsRéalisatrice : Cathy Yan
Avec : Mason Lee, Meng Li, David Rysdahl, Vivian Wu, Yang Haoyu, Zazie Beetz,...
Distributeur : Mubi
Budget : -
Genre : Famille, Drame, Comédie
Nationalité : Chinois, Américain
Durée : 2h10min
Synopsis :
Les destins d'un éleveur de porcs malchanceux, d'une propriétaire courageuse défendant sa propriété, d'un aide-serveur amoureux, d'une fille riche désenchantée et d'un expatrié américain poursuivant le " rêve chinois " se rencontrent fortuitement alors que des milliers de porcs morts sont retrouvés flottant sur la rivière Huangpu en direction de Shanghaï.

Critique :

Comme #SejourDansLesMontsFuchun,#DeadPigs se fait le témoin du changement radical récent de la Chine. Sous le regard de Cathy Yan, l’individualisme engendré par le capitalisme est mis à mal face à une galerie de persos attachants liés par un sentiment de révolte. (@CookieTime_LE) pic.twitter.com/t5vaBzHYwU

— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) February 18, 2021

Avant le pop et déjanté Birds of Prey, Cathy Yan avait réalisé un premier long métrage, Dead Pigs, en 2018. Il n’était pas passé inaperçu en festival, du BFI London Film Festival jusqu’à Sundance, où il avait gagné un prix. Depuis, le film n’avait pas pu sortir en salles aux États-Unis, le secteur étant bouché pour les films en langues étrangères, surtout celles venant du continent asiatique. La réalisatrice a confié dernièrement au Hollywood Reporter que cet état de fait commence doucement à changer grâce aux succès de The Farewell de Lulu Wang et Parasite de Bong Joon-ho. Plus de trois ans après, le film sort en VOD sur Mubi, aux États-Unis, mais aussi en France.
Le titre du film provient d’un véritable incident survenu en 2013, dans la rivière Huangpu à Shanghai, où des milliers de cochons morts sont repêchés par les autorités à cause d’une maladie. L’incinération coûtant trop chère aux éleveurs qui voient leurs bêtes mourir les unes après les autres, la rivière est vite devenue le meilleur moyen pour se débarrasser des carcasses, ne sachant pas qu'elles allaient flotter jusqu’aux abords de la ville de Shanghai. C’est par ces cochons que Cathy Yan s’emploie à tisser des liens entre différents protagonistes, pour y raconter une Chine en transition économique et sociale. On pense forcément à Jia Zhangke, producteur délégué ici, un mentor pour la jeune réalisatrice.

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Dead Pigs s’intéresse à l’éveil des consciences sur les inégalités, comme le montre sa première séquence, où une carcasse de cochon se superpose à la première expérience de Réalité Virtuelle de Old Wang, un éleveur de cochon ruiné par une escroquerie d’une entreprise d’investissement. Il demande de l’aide partout autour de lui. Chez sa sœur Candy, qui refuse de vendre la maison familiale à des promoteurs immobiliers qui veulent construire une reproduction de la Sagrada Família. Chez son fils ensuite, Wang Zhen, qui lui ment sur ses revenus. Serveur dans un restaurant, il rencontre par hasard une riche héritière Xia Xia, dont il tombe amoureux, qui n’est autre que la fille du patron d’une des plus grosses entreprises de Shanghai. De son côté, Sean Landry, un architecte américain raté expatrié en Chine se retrouve à mener les négociations pour faire partir Candy, seule propriétaire restante du terrain du futur immeuble.
Film choral, Dead Pigs se divise en plusieurs petites saynètes, qui n’ont pas grand chose à voir les unes avec les autres au départ. Shanghai se dévoile comme une pelleteuse aux dents acérées qui broie ses habitants petit à petit, et transforme ses alentours en mégalopole capitaliste, mimant les villes européennes. Les protagonistes se voilent la face tout d’abord. Old Wang balance ses cochons morts dans la rivière, dans l’intimité de la nuit. Candy se place comme la reine d’un immense échiquier en ruine, refusant l’échec et mat des promoteurs et vivant sa vie quotidienne comme si les travaux n’existaient pas. Wang Zhen vit dans une utopie créée pour son père et croit en son histoire d’amour avec Xia Xia malgré la différence de classe. Mais Cathy Yan se révèle une cinéaste impitoyable. Pour avancer, ses personnages doivent enlever leur masque VR métaphorique et regarder la vérité en face. S’ils ne peuvent rien face au monstre capitaliste, ils peuvent au moins tous et toutes s’entraider. À l’image du climax du film, où la foule entame une chanson en cœur, tandis que la maison de Candy est enfin détruite sous leurs yeux.

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Dead Pigs se révèle être le témoin du changement radical de la Chine ces dernières années, tout comme Séjour dans les monts Fuchun de Gu Xiaogang sortie en 2020. Si ce dernier montrait une mutation lente mais inéluctable, Cathy Yan met plus de rythme dans son film, utilisant les codes du film choral. Sous le regard de la cinéaste, l’individualisme engendré par le capitalisme est mis à mal face à une galerie de personnages attachants et liés par un sentiment de révolte.
Laura Enjolvy
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