Danse avec les loups

Danse avec les loupsFilm générationnel... Film intemporel

Durant la guerre de Sécession, un officier nordiste est élevé au rang de héros bien malgré lui. Ayant le choix de sa nouvelle affectation, dans un désir de fuir la guerre, il part dans les grandes plaines de l’Ouest encore peu colonisées et grouillant d’indiens. Seul dans ce bout du monde, confronté à lui-même et à une solitude salvatrice, il va faire communion avec la nature et surtout entrer en contact avec les indiens. Rencontre essentielle et symbole du rapprochement possible entre les peuples prouvant encore plus l’absurdité de la guerre et la logique colonisatrice humaine et ici américaine.

Grand film épique, c’est donc aussi un film politique car il dresse un réquisitoire sans appel contre le génocide fondateur de ce grand état démocratique que sont les E.U.. « Danse avec les loups » fait aussi la promotion du vivre ensemble, du rapport à la nature et nous questionne donc sur notre identité. Ce film est dans la veine des westerns révisionnistes bien loin des westerns de l’âge de gloire du genre. Ici, on déplace le regard de la conquête de l’Ouest en la démystifiant et en se plaçant du côté des Indiens ; à ce titre , il est le fils du « Little Big Man » d’Arthur Penn.

A sa sortie, j’ai vu sa version courte de 3 heures. En famille avec mon fils de 12 ans ½ qui entre parenthèse a adoré et a dû se questionner sur notre humanité, nous avons visionné la version longue de 4 heures. Moins dynamique, elle permet de se poser et de passer un temps long et très agréable en compagnie de John Dunbar, le personnage principal. Comme lui, on joue le rôle des petits anthropologues en herbe. Sur cette version, Kevin Costner pour sa première réalisation qui est de loin sa meilleure prend bien le temps de planter le décor et de donner du relief à son personnage principal. Avec une heure de plus, ce film devient donc plus intérieur et émotionnel car il permet de sonder plus en profondeur Dunbar ; un personnage qui a conscience de franchir une frontière et de ne plus pouvoir faire marche arrière. Et la narration par le lieutenant Dunbar accentue le lyrisme déjà présent par les images mais surtout par la magnifique partition signée John Barry. La longueur ne devient donc pas pesante, surtout que Costner en profit pour nous offrir des plans magnifiques.

Même si on peut reprocher au film son trop plein de bons sentiments, il a le mérite de ne pas être si manichéen que çà. Entre le grandiose et l’intime, la beauté et la cruauté, l’ami et l’ennemi, la douceur et la violence, Kevin Costner signe un film plein de justesses.

Un film qui remporte 7 Oscars, 3 Golden Globes et l’Ours d’Argent à Berlin ne peut être qu’un excellent film. Un des films phare de ma génération mais qui a fait un émule dans la jeune génération

Sorti en 1991

Ma note: 20/20