[CRITIQUE] : The Stylist

[CRITIQUE] : The Stylist

Réalisatrice : Jill Gevargizian
Avec : Najarra Townsend, Brea Grant, Sarah McGuire, Laura Kirk, Steven Hugh Nelson,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Épouvante-Horreur, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h45min.
Synopsis :
Tout le monde rêve de devenir quelqu’un d’autre… mais pour Claire ce rêve devient une obsession, puis un véritable cauchemar. Son travail de coiffeuse lui permet de s’évader en écoutant les histoires de ses clientes jusqu’au moment où elle décide d’arrêter la discussion… et d’en finir pour de bon avec elles. La vie solitaire de Claire, avec sa routine bien ordonnée et ses secrets inavouables, est chamboulée le jour où une de ses fidèles clientes lui demande de la coiffer pour son mariage…


Critique :

#TheStylist, totalement habité par la performance incroyable de Najarra Townsend, démontre avec force et justesse comment la dualité entre les désirs réprimés et les convictions hétéronormatives, peuvent mener à une perte confuse d'identité et à une destruction de soi et d'autrui pic.twitter.com/5yWWZXYDvv

— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) January 27, 2021

Comme les dentistes ou tous simplement nos chirurgiens, les coiffeurs et coiffeuses sont des professionnels en qui notre confiance et essentielle, tant ils ont entre leurs mains autant notre santé - les deux premiers exemples évidemment - que nos apparences, et (très) souvent avec des instruments qui pourraient nous zigouiller en un quart de seconde.
Sorte de cousine du Frank Zito de Khalfoun et de Sweeney Todd, la douce Claire de The Stylist signé Jill Gevargizian (son premier long-métrage, qui est tout simplement l'extension de son propre court-métrage éponyme), peut devenir très dangereuse avec des ciseaux en mains - même si elle ne se paye pas le vice de cuisiner ses victimes.
Plus que d'engranger des corps à son tableau de chasse, elle est une femme solitaire qui a un cruel besoin d'appartenance, qui désespère de ne pas faire parti d'une famille ou d'une belle amitié.

[CRITIQUE] : The Stylist

Copyright Factoris Films


À tel point qu'elle se contentera d'être quelqu'un d'autre avec pour vivre cette vie par procuration, et peu importe si cela l'oblige à commettre des actes horribles. 
Elle est muée par un vrai désir d'être ses proies, ce qu'elle fait en enlevant leurs cuirs chevelus pour mieux les porter comme des perruques.
Une réappropriation physique de leurs existences par pur souci de jalousie, mais qui fait sens tant elle les entend parler de leurs vies en détails à longueur de journée... jusqu'à ce qu'elle coupe court aux conversations plus qu'aux cheveux.
Cependant, cette petite routine Dexterienne est bousculé lorsque l'une de ses fidèles clientes, Olivia, demande à se faire coiffer par elle pour son mariage.
Ce faisant, elles nouent un lien qui voit Claire entrer avec fracas dans sa vie personnelle et espérer vivre enfin ce qu'elle veut tant.
Mais rien ne se passe comme elle l'entend, et ce rapprochement ne fait s'entraîner des complications démesurées et une obsession encore plus mortelle...
Exploration féminine du Maniac de Lustig/Khalfoun à la bizzarerie totalement assumée, qui jouerait pleinement de la carte de l'horreur psychologique à forte tendance slasher, The Stylist offre un regard férocement captivant et intéressant sur ce que l'isolement social et le désir refoulé peuvent faire à une femme maladroite socialement et confuse; ici Claire est déchirée car elle veut à la fois être Olivia (être une femme mariée et une mère, obsédée qu'elle est par la convention du mariage) tout en étant avec Olivia (qu'elle désire ardemment).

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Copyright Factoris Films


Tendu, porté par de vraies moments d'épouvante (ou chaque saillie meurtrière à une signification, autant pour son héroïne que pour l'intrigue), faisant constamment fit de sa prévisibilité (le fait que le final est attendu, ne le rend pas moins terrifiant et réussi), démontre avec force et subtilité comment la dualité entre les désirs réprimés (parce que faussement interdits) et les conventions/traditions hétéronormatives de la société, peuvent mener à une perte confuse d'identité et plus directement, à une destruction de soi et des autres; The Stylist, totalement habité par la performance incroyable et tout en vulnérabilité de Najarra Townsend (glaçante tout en etant étrangement empathique), est un solide petit bout de cinéma indé à l'énergie féminine particulièrement exaltante.
Faisant beaucoup avec très peu, espérons que ce premier long sera une carte de visite exceptionnelle pour Gevargizian, tant elle a tout pour incarner l'un des nouveaux visages importants de l'horreur US.
Jonathan Chevrier
[CRITIQUE] : The Stylist

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