[COEURS D♡ARTICHAUTS] : #21. Dabba

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Parce que l'overdose des téléfilms de Noël avant même que décembre ne commence, couplé à une envie soudaine de plonger tête la première dans tout ce qui est feel good et régressif, nous a motivé plus que de raison à papoter de cinéma sirupeux et tout plein de guimauve; la Fucking Team vient de créer une nouvelle section : #CoeursdArtichauts, une section ou on parlera évidemment de films/téléfilms romantiques, et de l'amour avec un grand A, dans ce qu'il a de plus beau, facile, kitsch et même parfois un peu tragique.
Parce qu'on a tous besoin d'amour pendant les fêtes (non surtout de chocolat, de bouffe et d'alcool), et même toute l'année, préparez votre mug de chocolat chaud, votre petite (bon grande) assiette de cookies et venez rechauffer vos petits coeurs de cinéphiles fragiles avec nous !

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#21. The Lunchbox de Ritesh Batra (2013)
Vendu comme une comédie romantique bien loin des clichés du colossal Bollywood que nous, spectateurs occidentaux, nous nous bornons à avoir dans nos caboches (il faut dire que pour le spectateur moyen, l'industrie puissante made in Bombay se résume curieusement à deux genres : les comédies musicales et dansantes, et le polar urbain), The Lunchbox de Ritesh Batra, au-delà d'être un potentiel objet de culte pour tout amoureux de feu le regretté Irrfan Khan, est de ces petites pépites romantiques dans lesquelles on aime se perdre, et dont la justesse et le charme nous prend le coeur pour ne plus jamais lâcher.
Soit l'histoire d'Ila, (très) belle femme au foyer désespérée et délaissée par un mari peu conscient, qui s'efforce justement de lui concocter amoureusement, de succulents petits plats pour ses déjeuners, dans l'espoir de faire renaître la flamme et l'intérêt dans leur couple.
Tous les matins à Bombay, des dizaines de livreurs livrent justement aux maris sur leur lieu de travail, les repas chauds mitonnés par leur épouses.
Mais si toutes ces lunchboxes arrivent toujours à bon port, celles d'Ila elles, s'égarent curieusement jusqu'à la table de Saajan, un comptable grincheux et proche de la retraite.

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Les deux ne se connaissent pas et pourtant, une relation épistolaire-culinaire va se former entre eux, dans un secret et une complicité totale...
Qu'on se le dise, rarement des films indiens populaires se sont avérés être aussi exportables à l'étranger mais surtout, rares sont les cinéastes, jeunes qui plus est (bonne nouvelle, il saura confirmer tous le bien que l'on pensait de lui par la suite), à avoir réussi à offrir un visage inédit de l'Inde sans user à outrance de son exotisme, et encore moins en évitant de lourdement tomber tête la première, dans un certain misérabilisme gênant.
Dès le départ donc, The Lunchbox du brillant Ritesh Batra, incarne un petit événement surprenant en soi, que ne tardera pas de magnifier son traitement on ne peut plus léger et charmant.
Sympathique comédie romantique dans ce qu'elle a de plus classique, usant avec malice de tous les ressorts du genre (le ronchon qui s'humanise au contact d'une femme qui elle, délaissée, rêve de nouveau à l'amour; ou encore le piment qu'incarne toujours les seconds-couteaux comiques) au point de parfois, certes, tourner un peu en rond, le métrage n'en reste pas moins foutrement efficace, grâce à un humour intelligemment dosé et une pluie de personnages attachants.
Dénué de tout spectaculaire, fluide, profond et léger à la fois, le film de Batra, plus qu'une simple comédie sentimentale sur la nourriture et la découverte - à la fois de l'autre et gustativement parlant -, est avant tout une merveilleuse et mélancolique chronique d'êtres blessés par la vie et le temps qui passe, d'âmes frappées par la solitude et l'indifférence d'une société surpeuplée et recentrée sur elle-même.

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Rafraîchissant dans son itinéraire miraculeux de deux personnes frappées par le tout puissant hasard, mais également judicieusement tendre (c'est pour faire renaître un amour perdu que la cuisine d'Ila en fera naître un nouveau) et universelle dans la banalité et la simplicité de son traitement (on prends deux êtres au hasard, au point que cela pourrait très bien être vous comme moi), la péloche de Ritesh Batra est d'une justesse et d'un charme incroyable, une réussite exemplaire accentuée par un final loin d'être pompeusement cucul, et par la composition exquise d'un casting totalement voué à sa cause.
Plus proche du cinéma indépendant ricain que du pimpant Bollywood, follement vivant même si beaucoup tiqueront sur son manque cruel d'originalité (c'est pourtant dans les vieux pots que l'on fait les meilleures confitures), The Lunchbox est un petit feel good movie qui fait du bien et met une banane d'enfer.
Et c'est bien tout ce qu'on lui demande.
Jonathan Chevrier
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