Mosul (2020) de Matthew Michael Carnahan

Premier film en tant que réalisateur pour Matthew Michael Carnahan, frère de Joe Carnahan qui a signé l'excellent "Narc" (2002) et le moins réussi "L'Agence Tous Risques" (2010), mais aussi et avant tout Matthew Michael Carnahan est connu comme scénariste des films "Lions et Agneaux" (2007) de Robert Redford, "Le Royaume" (2007) de Peter Berg, "Jeux de Pouvoir" (2009) de Kevin MacDonald, (2013) de Marc Forster, (2016) de Peter Berg et "Manhattan Lockdown" (2020) de Brian Kirk. Pour son nouveau projet siglé Netflix le réalisateur-scénariste est produit par les frères Russo qui ont signé une grande partie des meilleurs films de Marvel dont l'ultime "Avengers : Endgame" (2019). Matthew Michael Carnahan adapte librement l'article "La bataille désespérée pour détruire DAECH" (2017) de Luke Mogelson reporter pour The New-Yorker, qui retrace le destin des combattants de la Ninice Swat Team, une équipe de policier irakien qui luttent contre l'Etat Islamique dont chacun des membres a été victime...

Mosul (2020) de Matthew Michael Carnahan

En 2016-2017, durant la bataille de Mossoul, l'Etat Islamique perd du terrain. La Ninive Swat Team prend activement part au combat. Tandis qu'une patrouille est prise à partie par les terroristes le Swat les secoure et sauve deux agents. Après un cour entretien le Swat engage le plus jeune qui vient de perdre son oncle policier dans la fusillade. Mais ce jeune a bien du mal à savoir vers où et dans quoi il s'est engagé tandis que le Swat semble avoir une mission que le jeune ne connaît pas... Le casting est composé d'acteurs inconnus, souvent cantonnés dans des petits rôles voir de simples figurations dont la plupart sont déjà apparu dans des films de guerre du même genre. Le jeune héros est incarné par un acteur français, Adam Bessa aperçu dans "Les Bienheureux" (2017) de Sofia Djama et (2020) de Sam Hargrave. Le leader du Swat est incarné par Suhail Dabbach vu dans le téléfilm "Code Name Geronimo" (2013) sur l'opération qui a mené à Ben Laden et dans "Démineurs" (2013) de Kathryn Bigelow. Les principaux membres sont joués par Is'Haq Elias aperçu dans "The Savior" (2014) de Robert Savo, Thaer Al-Shayei vu dans la série TV britannique "Baghdad Central" (2020), Ben Affan aperçu dans (2016) de Michael Bay et "Operation Beyrouth" (2018) de Brad Anderson. Enfin, on peut citer un colonel d'une autre faction joué par Waleed Elgadi vu dans "Un Hologramme pour le Roi" (2020) de Tom Tykwer, et la seule femme du film interprétée par Hayat Kamille aperçue dans "Le Crime de l'Orient-Express" (2017) de Kenneth Branagh, ces deux derniers se retrouvent à un même générique après la série TV "Tyrant" (2014)... Dans le genre on pense forcément à quelques films comme "La Chute du Faucon Noir" (2002) de Ridley Scott, ou au sus-nommé "13 Hours" mais cette fois (et c'est à saluer !) le point de vue n'est américains mais celui de soldats irakiens qui combattent sur leur sol, pour leur propre compte, pour leur pays... Précisons que Ninive est le nom du secteur géo-historique de Mossoul, Ninive étant une ancienne cité assyrienne du haute-Mésopotamie que l'Etat Islamique s'applique malheureusement à détruire méthodiquement afin d'effacer toute trace du passé.

Mosul (2020) de Matthew Michael Carnahan

On n'y pense forcément lors des premières images effroyables des ruines de Mossoul, un chant de ruine, littéralement qui défile en prise de vue aérienne qui font froid dans le dos comme si une Bombe H avait suffit à cet incroyable destruction. Le film débute ensuite par une fusillade démonstrative, celle qui nous plonge d'emblée dans l'enfer de la guerilla urbaine. On pense alors tomber dans un énième film de guerre, de la terre ocre, de la chaleur étouffante, de la poussière omniprésente, des soldats qui ont l'accoutrement de simples mercenaires et des tirs venant de partout. Mais petit à petit deux paramètres vont nous intéresser, mine de rien, deux points qui vont subrepticement nous hanter pour nous attacher à ce récit. L'un repose sur le jeune, il a peur, il ne sait pas où il met les pieds, il s'interroge, et il va se prendre en main sans s'en rendre compte jusqu'à cet ultime second point, celui qui va nous mener au but de la mission, une mission qui ne dit pas son nom et qui semble pourtant si évident dès que le jeune est engagé (pourquoi, comment ?!). Deux paramètres finalement liés sans qu'on s'en aperçoive directement. Le film est violent, il y a des fusillages, mais cette violence est forcément logique et nécessaire pour une immersion dans les rues de Mossoul à une période qui ne peut être montré autrement. L'immersion est réaliste, et donc violente, comment pourrait-il en être autrement ?! Mais le réalisateur évite tout gunfight stylé, on est dans le réalisme à chaque instant, pas de tergiversion ou de ralentis ou autre effet de style, le réalisateur va droit au but, sans jamais être trop explicatif jusque dans cette ultime séquence. Matthew Michael Carnahan signe un film de guerre intelligent, sans manichéïsme (une gageure vu me shmilblick sur place !) tout en évoquant les différents bélligérants, évitant tout pathos, un film droit et direct, particulièrement efficace avec des acteurs solides dont Suhail Dabbach qui impose un réel charisme. A conseiller.

Note :

Mosul (2020) Matthew Michael CarnahanMosul (2020) Matthew Michael CarnahanMosul (2020) Matthew Michael Carnahan

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