[CRITIQUE] : Comment je suis devenue une jeune femme influente

[CRITIQUE] : Comment je suis devenue une jeune femme influente

Réalisatrice : Coky Giedroyc
Avec : Beanie Feldstein, Alfie Allen, Emma Thompson, Jameela Jamil,...
Distributeur : -
Budget : -
Genre : Comédie, Drame.
Nationalité : Britannique.
Durée : 1h49min.
Synopsis :
En 1993, une jeune fille de 16 ans, mal dans sa peau mais brillante, issue de la classe ouvrière, décide de se réinventer en critique de rock vêtue d'un haut-de-forme à Londres.


Critique :

Relecture douce et pop du mythe du Dr Jekyll and Mister Hyde sauce coming of age movie, #HowToBuildAGirl est une pure bulle de légèreté enthousiasmante, offrant un regard aussi ennivré que juste autant sur le milieu journalistique que sur les difficultés de la classe ouvrière UK. pic.twitter.com/cQiJVB88G2

— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) December 6, 2020

Grâce au tendre Lady Bird de Greta Gerwig mais surtout au récent et génial Booksmart d'Olivia Wilde, la talentueuse et désopilante Beanie Feldstein, qui n'a strictement rien à envier à son frangin Jonah Hill, est vite devenue l'une des comédiennes les plus en vue de sa génération, à tel point qu'elle commence gentiment à se payer des premiers rôles.
Comme c'est le cas de la comédie sur le passage à la vie d'adulte How To Build a Girl (Comment je suis devenue une jeune femme influente par chez nous) de Coky Giedroyc - adaptation du roman autobiographique éponyme de Caitlin Moran -, ou elle vampirise l'affiche face un sacré casting de seconds couteaux : Alfie Allen, Paddy Considine, Chris O'Dowd, Lucy Punch et Jameela Jamil.
On y suit les aléas de Johana Morrigan, une jeune ado brillante et excentrique (ses héros sont Sigmund Freud, Sylvia Plath, Karl Marx, Julie Andrews ou encore David Bowie) de 16 ans, qui utilise son imagination colorée pour échapper régulièrement à sa vie ordinaire à Wolverhampton, mais surtout pour essayer de vivre un jour de ses fantasmes créatifs.

[CRITIQUE] : Comment je suis devenue une jeune femme influente

Copyright IFC Films


Désespérée de se détacher de l'appartement surpeuplé qu'elle partage avec ses quatre frères et ses parents excentriques, elle soumet une critique musicale sérieusement écrite et décalée, à un groupe de critiques du rock indépendant, oeuvrant dans une revue hebdomadaire.
Bien qu'elle ait été rejetée au départ, Johana réclame de truster le sommet de la scène rock des années 90 en se réinventant en Dolly Wilde, une critique musicale vénérable et impossible à satisfaire, portée par un désir insatiable de gloire, de fortune et d'hommes.
Et il ne faut pas longtemps avant que le rythme rapide auquel la vie de Johana change ne devienne écrasant et qu'elle se retrouve face à une crise existentielle dévastatrice et réelle : Est-ce le genre de femme qu'elle veut devenir ? 
Ou doit-elle tout recommencer et se reconstruire à partir de zéro ?
Reprenant la même verve piquante de la série TV de Channel 4 - scandaleusement annulée - Raised By Wolves (déjà avec Moran à l'écriture), avec laquelle elle partage un humour désopilant et une affection toute particulière pour ses personnages atypiques, ou même le côté barré du musical Absolute Beginners de Julien Temple (les héros qui prennent vie et interagissent avec l'héroïne); le film, sorte de relecture douce et pop du mythe du Docteur Jekyll and Mister Hyde sauce coming of age movie, est une pure bulle de légèreté enthousiasmante, offrant un regard aussi ennivré que juste autant sur le milieu professionnel (face aux dérives sexistes du journalisme, Johana/Dolly passe du côté obscur du cynisme et du sarcasme lucratif, et " mate " la bêtise masculine), que sur les difficultés de la classe ouvrière britannique (et son dédain par les classes " supérieurs ").

[CRITIQUE] : Comment je suis devenue une jeune femme influente

Copyright IFC Films


Feel good movie amusant et pétillant porté par le charisme incendiaire d'une Benny Feldstein absolument parfaite; How to build a Girl est de ces petites surprises qui font du bien, qui ont de jolies choses à dire (sur la lutte des classe, la passion journalistique, les affres du sexe, fondateur dans le passage à la vie d'adulte, l'identité féminine,...) et qui ont un capital sympathie défiant toute concurrence.
Dommage qu'il ait dû se contenter d'une sortie VOD dans l'anonymat le plus total...
Jonathan Chevrier
[CRITIQUE] : Comment je suis devenue une jeune femme influente