Serpico

SerpicoForce du propos - Talent de l'interprète

La première séquence du film capte l’attention du spectateur pour ne jamais la lâcher. Un homme est conduit à l’hôpital après avoir pris une balle sous la pommette. On apprend qu’il est policier lorsque ses supérieurs ont cette curieuse interrogation : la balle provient-elle d’un flic ou non ? Nous revenons alors 11 ans en arrière au moment où Franck Serpico intègre la police de New-York. Inspiré de l’histoire du vrai Franck Serpico, ce film est une radioscopie de la police New Yorkaise des 70’s dans une ville crasseuse, pourrie par le trafic, l’insécurité et la corruption. Serpico a tout jeune la vocation pour ce métier, il l’explique dans une scène touchante qui permet de comprendre l’intransigeance et la probité exemplaire du flic qu’il deviendra. Très tôt il assiste à de petites défaillances individuelles de ses collègues dans l’exercice leurs missions (accepter des repas gratuits, ne pas intervenir car on n’est pas sur son secteur,…) jusqu’à des déviances plus graves. Il a une haute opinion des missions de la police et ne voie que corruption autour de lui, pire encore, il ne voie que des supérieurs qui font mine d’agir lorsqu’il les alerte mais qui laisse en fait le système perduré. Par la voie interne, rien ne bouge ; impuissant, il décide d’alerter la presse quitte à risquer sa vie. Dans la police, on lave son linge sale en famille ; voire on ne le lave pas. Serpico subit alors l’omerta, les pressions,… Cet homme isolé se démarque dès le début par ses tenues vestimentaires non conventionnelles. Il est en mode hippy, loin des costumes qui caractérise les flics borderline des 70’s. Lui se fond dans la population ; « Strasky et Hutch » seront ses héritiers télévisuels. Al Pacino donne une âme à ce personnage et une identité forte. Pour l’anecdote, le film fut tourné de manière anti chronologique, car au début du film il a les cheveux courts et finit avec un système capillaire et pileux quasi christique. Sidney Lumet tourna donc le final dès le début et Pacino se coupa les cheveux au fur et à mesure du tournage pour remonter le temps ; d’où la performance de Pacino qui parvient à donner de l’intensité à un final qu’il tourna pourtant dès les premiers jours. A la réalisation, Sidney Lumet adopte une mise en scène classique au service d’un récit limpide, efficace et touchant. Depuis « 12 hommes en colère » et sur toute sa filmo, Lumet combattra la corruption, l’injustice ou encore la cupidité ; et « Serpico » traite de tous ces thèmes avec justesse et force de conviction. On adhère aux colères et aux idées de Franck Serpico de bout en bout tout en craignant pour lui physiquement mais aussi pour sa santé mentale. Ce film est aussi un plaidoyer pour les lanceurs d’alerte et ces citoyens prêts à mettre de côté leur propre existence au profit d’idéos plus hauts qu’eux. Il fait aussi écho à l’omerta toujours bien présente dans la police américaine et dans une moindre mesure française. Un film essentiel voire indispensable.

Sorti en 1974

Ma note: 18/20


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