[CRITIQUE] : Ondine

[CRITIQUE] : OndineRéalisateur : Christian Petzold
Acteurs : Paula Beer, Franz Rogowski, Maryam Zaree, Jacob Matschenz,...
Distributeur : Les Films du Losange
Budget : -
Genre : Drame, Romance.
Nationalité : Allemand, Français.
Durée : 1h30min
Synopsis :
Ondine vit à Berlin, elle est historienne et donne des conférences sur la ville. Quand l’homme qu’elle aime la quitte, le mythe ancien la rattrape : Ondine doit tuer celui qui la trahit et retourner sous les eaux…
Critique :

Derrière une atmosphère froide, #Ondine cache une émouvante histoire d’amour aux accents tragiques. Le cinéma de Petzold, considéré comme intangible voire spectral, prend un aspect solide ici grâce au paysage berlinois et à la partition magistrale de Paula Beer (@CookieTime_LE) pic.twitter.com/UL2RgVzT1v

— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) September 20, 2020

Christian Petzold revisite le mythe d'Ondine, une créature aquatique qui doit tuer les hommes qui lui sont infidèles à cause d’une malédiction, dans son nouveau long métrage.
Le réalisateur retrouve Paula Beer et Franz Rogowski deux ans après Transit avec Ondine, où il nous propose sa propre interprétation de ce mythe, dans un Berlin moderne et gris. Inspiré par l’osmose entre ses deux acteurs principaux, Christian Petzold a voulu explorer à nouveau ce duo dans un film à l’aura mystique, une histoire d’amour entre une femme, créature mythique, et un homme banal qui en tombera follement amoureux.
“Je l’ai noyé dans mes larmes”. Cette phrase prononcée par Ondine dans le récit de Friedrich de la Motte-Fouqué a marqué le réalisateur au fer rouge. Être des profondeurs, elle peut vivre à la surface seulement si un homme l'aime. Mais gare à lui s’il la quitte ou s’il lui est infidèle, la malédiction reprendra ses droits, elle devra le tuer, retourner à l’eau jusqu’au moment où un nouveau prétendant viendra la trouver. Une existence malheureuse, Ondine n’existe que pour les hommes, vouée à subir leur égoïsme à cause d’une terrible malédiction. C’est Paula Beer qui incarne l’Ondine de Petzold, une interprétation magistrale, couronnée par le prix de la meilleure actrice au dernier festival de Berlin. Le personnage se fond dans la modernité dans cette nouvelle adaptation du mythe. Historienne de l’urbanisme, elle organise des conférences autour des maquettes de la ville au Stadtmuseum.

[CRITIQUE] : Ondine

Copyright Les Films du Losange

Le film commence par la rupture : son amoureux Johannes a rencontré quelqu’un et lui annonce fébrilement que c’est fini. Le récit commence par un long silence, la révélation vient juste d’avoir lieu, Ondine est sous le choc, dépassée par les événements. Elle devient maladroite dans ses gestes, dans ses dires. Sa mise en garde sonne faux dans cet atmosphère réaliste, prenant un accent de jalousie mal déguisée, Johannes ne la prend pas au sérieux. Ondine veut arrondir les angles, veut le garder pour elle et lui demande d’attendre la fin de sa conférence, dans le café où ils se trouvent. Mais, à son retour, son compagnon a disparu. Pourtant, le chance lui sourit cette fois et elle tombe par hasard sur Christoph, venu la féliciter pour son intervention. Si de l’eau s’écoule sur eux (d’un aquarium), elle est porteuse d’espoir, comme si elle lavait Ondine de son passé pour lui permettre de dépasser sa malédiction et d’avancer. Peut-on échapper à son destin aussi facilement ?
Ondine se pare d’un aspect fantastique tout en restant proche d’un réalisme froid et distant dans sa mise en scène. Les protagonistes, bien qu’intervenant autour de chose véritable, ne sont que des êtres insaisissables, des formes spectrales virevoltant d'amour sans prise sur la réalité, qui finit par les rattraper de plein fouet. Christian Petzold utilise le mythe de la sirène, mais aussi celui de la ville de Berlin, qui s’est construite sur un marais, dont le passé est enfoui au fond de l’eau. Ces secrets, Christoph a droit de les voir d’un peu plus près grâce à son travail de scaphandrier, la raison peut-être de son histoire avec Ondine. Le film flirte avec le romanesque, une histoire d’amour teintée de tragédie, dans une ville-maquette. Le réalisateur utilise de ce fait des symboles pour incarner les histoires, les personnages, qui pendant un temps partagent les plaisirs simples d’une vie à deux. Le destin, la malédiction ou la vie tout simplement se montrent cependant impitoyable et les événements qui se profilent par la suite sont inéluctables. Mais tout comme les mythes sont éternels, malgré différentes versions, l’amour prend une nouvelle dimension et se mêle aux secrets de la capitale, un graffiti que le temps et l’eau n’effaceront pas. 

[CRITIQUE] : Ondine

Copyright Schramm Film/ Marco Krüger

Derrière une atmosphère froide, Ondine cache une émouvante histoire d’amour, aux accents tragiques. Le cinéma de Christian Petzold, considéré comme intangible, voire spectral prend un aspect solide ici grâce au paysage berlinois et à l’interprétation magistrale d’une Paula Beer qu’on pourrait suivre jusqu’au bout du monde.
Laura Enjolvy [CRITIQUE] : Ondine

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