[LES CARNETS DE L’ÉTRANGE] : Jour 8

[LES CARNETS DE L’ÉTRANGE] : Jour 8

#Épisode 4. Jour 8.


Comme chaque année, l'Etrange Festival se déroule début septembre à Paris, au Forum des images. C'est l'occasion pour nos humbles rédacteur.ices de découvrir un tas de films de genre, films bizarres ou curiosités cinématographiques.

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Le mercredi 9 septembre, la journée de Léa commence avec Spree, une comédie/thriller américaine, réalisée par Eugene Kotlyarenko et en compétition. Chauffeur "Spree", une application à la Uber - désespéré d'avoir si peu de followers sur sa chaîne, Kurt vient de trouver une solution un peu particulière pour devenir virale. L'anonymat ne sera bientôt qu'un mauvais souvenir.

Léa a bien aimé :


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Odyssée à bord d’un VTC, Spree est un film très intelligent et piquant dans ce qu’il dénonce, en dépeignant tous les travers et abus d’une société de divertissement et d’influencers. Empruntant à une certaine réalité des streams en continu de célébrités souvent jeunes, il parvient à retranscrire l’atmosphère délétère de ce genre de contenu lorsqu’il est fait avec de mauvaises intentions. Des commentaires en live parfaitement réalistes et bien sentis, au procédé du film ne nous montrant que des écrans interposés, tout part du réel pour aller dans l’absurde et le grotesque de manière jubilatoire. Certes un peu long, mais référencé et drôle, ce film vous parlera peut-être d’une façon plus personnelle, si jamais la quête de la célébrité vous a déjà fait envie… Léa.


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Jonathan lui, beaucoup moins :

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Faussement accrocheur sur le papier, le high concept macabre du film ne dépasse jamais le stade d'une série de meurtres sans liant mais surtout sans trop d'imagination (sauf une avec des chiens, ce qui donne l'occasion toute fois de revoir, fugacement, la pauvre Mischa Barton), laissant seul le pauvre Joe Keery essayer d'animer les débats, dans une vibe psychotico-optimiste plus ou moins inspirée du Lou Bloom de Jake Gyllenhaal.Trop peu pour divertir, tout comme la mise en scène sous-LSD de Kotlyarenko, inventive mais répétitive (alternant les écrans partagés, les images entre iPhones, caméras de bord, les flux Instagram et caméras de vidéosurveillance), mais surtout trop peu pour rendre perspicace cette satire absurde et émoussée sur les ravages de la vie sur les RS, et les envies de célébrités éphémères de la génération 2.0 et son culte désespérée du like.
Mais pour les amoureux des 90's, l'idée de revoir David Arquette dans une salle obscure, serait presque suffisant pour s'infliger cette séance, presque... Jonathan.

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Vous pouvez retrouver, pour continuer l'expérience, la critique complète de Jonathan sur le lien ici.

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© D.R.

De leur côté, Manon et Eléonore découvrent Beauty Water, un film déjà vu par Léa lors de sa première projection. Le film d'animation est présenté dans le cadre des séances spéciales de l'Etrange Festival. Dans ce film d'animation sud-coréen, Yaeji une jeune maquilleuse complexée et travaillant pour la télévision découvre Beauty Water, un produit miraculeux destiné à rendre ses clientes les plus belles possible. Ce premier long-métrage est réalisée par Kyung-Hun Cho et est tirée d'un webcomic.


C'est encore une déception pour Manon : 
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Critique pertinente d'une société coréenne obsédée par la beauté et accro à la chirurgie esthétique, Beauty Water est doté d'une animation bon marché, qui n'était cependant pas nécessairement un obstacle : le film aurait pu utiliser un maximum sa 2D pour créer des images assez horrifiques pour camoufler son manque de budget. Mais ce n'est, malheureusement, pas le cas. Il est, dans sa forme, trop classique pour cela. Quant au récit, il peine à se concentrer sur son sujet et se dilate un peu dans tous les sens, étiolant son thème original. Pas assez horrifique, trop dispersé, le film reste ainsi très anecdotique. Manon.


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L'avis de Éléonore :


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Beauty Water m’a laissé une drôle d’impression et je suis incapable de savoir si je l’ai apprécié ou non. J’ai de prime abord été rebuté par le design des personnages qui fait très Shojo et encore plus par l’animation qui est assez rudimentaire. J’aime assez le pitch d’origine - une fable cynique sur la chirurgie esthétique et le règne du paraître - mais celui-ci n’évite pas des scène affreusement sirupeuses et des facilités d’écritures. Ceci-dit, il y a quelques jolis moments de Body Horror qui flirtent avec l’absurde, et rien que pour ça - et la curiosité de voir un animé sud coréen - le film vaut le coup d’oeil. Éléonore.


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L'avis de Léa :

Une mystérieuse eau capable de vous transformer en canon de beauté instantanément et sans effets secondaires ? C’est ce que promet la Beauty Water. Dans une société où l’apparence physique peut faire de vous une star ou un monstre, on comprend bien vite où le film va nous emmener. Yaeji, jeune maquilleuse, va ainsi vouloir changer sa vie en utilisant ce précieux liquide.

Usant d’une animation aux plans mobiles, se détachant assez de celles des anime habituels, le film nous emmène dans les beaux appartements de Séoul pour mieux montrer l’horreur de l’envie trop forte de perfection. Avec quelques séquences très gores et peu ragoûtantes, ainsi que des personnages aux méthodes peu recommandables, l’intrigue se déroule en réservant quelques surprises. Si certaines ficelles sont un peu grosses, le message final est clair : la fin ne justifie pas les moyens. Léa.

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© D.R.


C'est ensuite, pour Manon et Eléonore, au tour de Milla, un drame australien réalisé par Shannon Murphy. Le film était diffusé dans le cadre de la carte blanche Marjane Satrapi et il s'agissait également d'une avant-première. 
Contrairement à une bonne partie de la salle, en larmes, Manon est restée, malgré le sujet, relativement insensible : 
Milla évite les poncifs du teen-movie et dispose de bonnes interprétations mais cela n'est finalement pas suffisant : la mise en scène manque d'intérêt et les personnages deviennent vite agaçants. On peine à croire les situations dans lesquels ils se retrouvent comme on peine à s'identifier donc par conséquent à comprendre Milla. Le film manque d'un vrai point de vue et ne crée finalement pas assez d'émotion. Manon.
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Eléonore a été plus convaincue 

Disons-le, depuis que je l’ai vu dans Sharp Objects, Eliza Scanlen me fascine. Elle a un physique modulable incroyable et une capacité à interpréter le chaud et le froid interpellante. J’attendais donc avec impatience Milla, teen movie doux amer, portrait d’une jeune cancéreuse en phase terminale plus proche de la série Skins dans le traitement que de Nos étoiles contraires. Rien de révolutionnaire dans le scénario mais la mise en scène a ses petits moments, la photographie est délicieuse et, surtout, la direction d’acteur est particulièrement sensible, avec un choix de casting très pertinent. Éléonore.


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De son côté, Léa s'amusait davantage devant Destruction finale, un film d'action sud-coréen réalisé par Byung-seo Kim et Hae-jun Lee présenté dans le cadre de la compétition Nouveau Genre. Lorsqu'en Corée du Nord, à la frontière de la Chine, un volcan du mont Paektu entre en éruption, c'est la péninsule entière qui se trouve menacée. Alors que tous les renforts sont sur le pied de guerre, une seconde éruption menace. Kang Bong-rae l'avait pourtant prédit : sismologue rejeté par ses pairs pour ses avertissements fantaisistes, le voilà rappelé de toute urgence.

L'avis de Léa : 
Assumant dès le début son côté blockbuster décomplexé et à la crédibilité plus que discutable, Destruction Finale parvient tout de même à créer la sympathie et surtout une bonne ambiance grâce à son humour buddy movie bien senti. Avec un point de vue politique assumé, sans temps mort, voici un bon moment à passer, certes plus conventionnel dans le paysage de L’Etrange Festival, mais appréciable tout de même ! Léa
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Manon enchaîne ensuite avec Prince Ehtejab, un film iranien de 1974, réalisé par Bahman Farmanara et choisi par Marjane Satrapi, dans le cadre de sa carte blanche. Au milieu des années 1920, en Iran. Atteint de la tuberculose, l'un des derniers héritiers de la famille royale Qajar, le prince Ehtejab, se meurt. Déambulant dans son palais d'hiver, il est assailli par le passé entre la gloire et la déchéance de ses ancêtres. Surtout, il se souvient des crimes : ceux de son grand-père - assassinant sa mère et son frère - et les siens, lorsqu'il causa la mort de sa femme. 
L'avis de Manon : 

Prince Ehtejab est un classique du cinéma iranien, représentant la nouvelle vague précédent la révolution islamique. C'est toujours un plaisir de découvrir un tel film relativement introuvable en France (la copie venait par ailleurs de la cinémathèque de Bruxelles). Outre son caractère de grand classique iranien et ses qualités de mise en scène, Prince Ehtejab surprend sur un autre point : le film est drôle. Il a, au milieu de scènes d'une grande intensité dramatique, quelques sursauts humoristiques (on se souviendra longtemps des hémorroïdes). C'est un perle rare, un peu austère au premier abord, mais à voir. 


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Léa, elle, était devant Amulet, un film d'horreur britannique, réalisé par Ramola Garai.  Son avis :

Première réalisation de Romola Garai, Amulet impose son message et point de vue de manière subtile et mystérieuse. Avec des plans symboliques et des dialogues succincts, le film déroule son intrigue entre une forêt imposante et une maison tombant en ruine. Sa dernière demi-heure surprend par son jusqu’au-boutisme et sa noirceur, avec un final frôlant l’absurde total. Une proposition radicale et parfois un peu hermétique. Léa.
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Manon Franken

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