DANS UN JARDIN QU’ON DIRAIT ÉTERNEL (Critique)

DANS UN JARDIN QU’ON DIRAIT ÉTERNEL (Critique)DANS UN JARDIN QU’ON DIRAIT ÉTERNEL (Critique)SYNOPSIS: Dans une maison traditionnelle à Yokohama, Noriko et sa cousine Michiko s'initient à la cérémonie du thé. D'abord concentrée sur sa carrière dans l'édition, Noriko se laisse finalement séduire par les gestes ancestraux de Madame Takeda, son exigeante professeure. Au fil du temps, elle découvre la saveur de l'instant présent, prend conscience du rythme des saisons et change peu à peu son regard sur l'existence. Michiko, elle, décide de suivre un tout autre chemin.

Dans une société où tout va à cent à l'heure, on a parfois besoin d'un moment de latence pour souffler, et se ressourcer. Pour certains et certaines, c'est le sport ; d'autres, c'est la musique, le dessin ou tout autre art. Et puis, il existe encore l'art de la cérémonie du thé, comme le montre le joli film Dans un Jardin qu'on Dirait Éternel, adaptation du roman de Noriko Morishita intitulé La cérémonie du thé, et qui raconte son parcours depuis ses débuts jusqu'à son accomplissement actuel. On commence donc avec un flash-back nous ramenant près de trente ans en arrière à Yokohama où la jeune étudiante Noriko et sa cousine Michiko sont initiées à cet art intimidant et exigeant par la vénérable et bienveillante Madame Takeda. De semaine en semaine, de mois en mois, d'année en année, leur maitrise des gestes, rîtes et coutumes va devenir pour elles un moment de déconnexion dans un environnement et une vie de plus en plus pressants, tant au niveau professionnel que sentimental.

DANS UN JARDIN QU’ON DIRAIT ÉTERNEL (Critique)
Ce qui marque d'emblée dans le film, c'est la tendresse que le réalisateur et scénariste Tatsushi Omori nous fait ressentir pour les deux protagonistes : à la fois gauches, timides mais avides et impatientes d'en savoir plus, il compose deux héroïnes esquissées par petites touches, avec finesse, et que l'on souhaite voir se développer tout au long du film, même si la pression, encore, d'une société patriarcale, menace de mettre leur équilibre familial en péril. Pendant un peu de moins de deux heures, ce sont donc près de vingt ans qui s'écoulent sous nos yeux. Morcelés par saisons, chacune ayant ses thés, ses rituels et ses cérémonies, on pourrait peut-être faire la fine bouche sur un montage parfois trop rapide qui accumule les scènes très courtes qui courent pourtant sur plusieurs mois. Un défaut qui permet cela étant de mieux détecter l'évolution physique des héroines selon leurs tenues ou coiffures ; l'attention portée aux coiffures et surtout aux costumes est d'ailleurs superbe.

DANS UN JARDIN QU’ON DIRAIT ÉTERNEL (Critique)

DANS UN JARDIN QU’ON DIRAIT ÉTERNEL (Critique)
Outre l'apaisement qu'offre la dégustation de matcha et de pâtisseries qui ont toutes l'air aussi succulentes les unes que les autres, le film est aussi la chronique d'un amour familial entre des parents et leur fille, figures bienveillantes et aimantes qui encouragent leur progéniture même dans ses erreurs et ses échecs. La conclusion du film se montre d'ailleurs très émouvante à ce niveau - même si le cliché de devoir profiter de ses proches pendant qu'il en est encore temps, n'est pas loin, de même que la métaphore de La Strada de Fellini est trop facile. Rien qui n'empêche cela étant Dans un Jardin qu'on Dirait Eternel de rester une chronique tendre et apaisante, élégamment mise en scène, louant les mérites d'un art certes ancien mais dont les vertus et le retour à la nature qu'il vante font du bien par les temps qui courent. De plus, outre le très beau titre français, mentionnons le titre anglais, qui reprend l'une des maximes du film , " Everyday a good day " : chaque journée est une bonne journée. De quoi résumer à merveille ce feel-good movie qui mérite un déplacement en salles (et une bonne tasse de thé à la sortie, bien sûr). Enfin, signalons qu'il s'agit du dernier rôle de l'immense actrice japonaise Kirin Kiki décédée peu de temps après le tournage du film, et qui avait déjà marqué, dans un registre similaire, dans Les Délices de Tokyo de Naomi Kawase.

Titre original: NICHINICHI KORE KÔJITSU

Réalisé par: Tatsushi Ōmori

Casting: Kiki Kirin, Haru Kuroki, Mikako Tabe ...

Genre: Comédie dramatique

Sortie le: 26 août 2020

Distribué par : Art House

DANS UN JARDIN QU’ON DIRAIT ÉTERNEL (Critique)

TRÈS BIEN


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