[CRITIQUE] : Brooklyn Secret

[CRITIQUE] : Brooklyn Secret

Réalisatrice : Isabel Sandoval

Avec : Isabel Sandoval, Eamon Farren, Ivory Aquino, P.J. Boudousqué, Lev Gorn, Lynn Cohen,...
Distributeur : JHR Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Américain, Philippin.
Durée : 1h29min.

Synopsis :

Olivia travaille comme soignante auprès d’Olga, une grand-mère russe ashkénaze de Brighton Beach à Brooklyn. Fragilisée par sa situation d’immigrante philippine, elle paie secrètement un Américain pour organiser un mariage blanc. Alors que celui-ci se rétracte, elle rencontre Alex, le petit fils d’Olga, avec qui elle ose enfin vivre une véritable histoire d’amour…

Critique :
Avec une sobriété constante, #BrooklynSecret peint le portrait teinté de désespoir et de pessimisme, d’une femme dans le bouillant quartier de Brighton Beach. Un regard entouré de douceur mais à la violence jamais édulcorer, qui se clôt dans un bel élan d’espoir. (@CookieTime_LE) pic.twitter.com/JjdtP649lh— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) July 3, 2020

Isabel Sandoval signe pour son troisième film une quête, celle d’une jeune femme trans immigrée aux États-Unis qui tente de trouver sa place dans la politique répressive de Trump.


[CRITIQUE] : Brooklyn Secret

Copyright JHR Films


Dans Brooklyn Secret, la réalisatrice incarne Olivia, une aide à domicile qui prend soin de Olga, une vieille femme d’origine russe, qui perd de plus en plus la tête et demande une attention constante. Olga vit dans le passé, aime à voir et revoir ses photos de famille, surtout celles où se trouve son mari décédé. Olivia n’a pas ce privilège, elle peut uniquement vivre dans le présent, qui est de plus en plus incertain. Parce qu’elle est une immigrée philippine trans, elle subit les affres de la politique de Trump, dont la répression envers les personnes sans papiers est de plus en plus virulente. Olivia se fait discrète, autant sur sa transidentité que sur sa situation plus que précaire. Sa seule solution : le mariage blanc. Son amie Trixie vient de convoler en justes noces et elle est la prochaine sur la liste. Elle paye son futur mari pour obtenir la green card, ce papier qui prend la forme de la liberté tant espérée. Mais son prétendant la lâche sans crier gare et elle se retrouve au point de départ. Jusqu’à sa rencontre avec le petit-fils de Olga, Alex. L’attraction qu’elle ressent pour ce personnage est palpable. Pas besoin de parole, le film nous le démontre par la mise en scène. Les regards, le toucher, les sensations, Isabel Sandoval filme un désir naissant entre deux personnes. Un désir sincère et dénué d'intérêt, Olivia va s'y jeter corps et âmes.

[CRITIQUE] : Brooklyn Secret

Copyright JHR Films

Ce n’est pas frontalement que la réalisatrice aborde les thèmes de l’immigration, de la transidentité, mais elle les inscrit en s’intéressant uniquement au quotidien de son personnage. Elle donne de l’ampleur à son propos en filmant l’expérience réelle de Olivia, en s’attachant aux détails. Brooklyn Secret n’est pas bavard et c’est dans ses silences qu’il en devient intéressant. Comme Olivia qui se fait discrète, le film n’a pas pour ambition d’être bruyant, de frapper fort. Il n’a pas vocation de dénoncer mais de montrer simplement la décadence d’une Amérique mutique sur ce qui se passe à l’extérieur du monde privilégié. En cela, la cinéaste donne alors l’occasion d’ouvrir cette porte habituellement close, filmer la vulnérabilité, l’angoisse, la tension permanente d’une femme envoyée aux États-Unis par sa famille, vouée à vivre l’American Dream qui n’existe plus dans l’état. Isabel Sandoval donne de l’importance à ce corps qui cherche une place dans ce monde, même petite. La mise en scène lui fait frôler les murs, repliée sur elle-même dans le cadre et la laisse se déployer quand elle est seule ou aux côtés d’Alex. Ce corps s’ouvre au plaisir, au calme dans ces moments-là, goûtant une once de liberté qu’elle essaye vainement d’atteindre.


[CRITIQUE] : Brooklyn Secret

Copyright JHR Films

Avec une sobriété qui ne lâche jamais Brooklyn Secret, Isabel Sandoval peint le portrait d’une femme dans Brighton Beach, un des quartiers le plus prosaïque de New-York (et très peu mis en lumière), mais qui dégage cependant une atmosphère à la fois vivante et menaçante. Elle entoure son personnage de douceur sans édulcorer la violence de son monde. Teinté de désespoir de de pessimisme, le film se termine pourtant par un élan d’espoir, d’une femme qui décide de ne pas obtenir la liberté au prix de sa dignité.


Laura Enjolvy 


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