[CRITIQUE] : Eurovision Song Contest : The Story of Fire Saga

[CRITIQUE] : Eurovision Song Contest : The Story of Fire Saga
Réalisateur : David Dobkin
Avec : Will Ferrell, Rachel McAdams, Pierce Brosnan, Dan Stevens,...
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Comédie, Comédie Musicale.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h00min.
Synopsis :
Deux musiciens en herbe, Lars Erickssong et Sigrit Ericksdottir, ont l'opportunité de représenter leur pays, l'Islande, à l'Eurovision.



Critique :

Satire timide et mineure, loin de l'examen détaillé de la si populaire compétition, #EurovisionMovie, beaucoup trop étiré sur la longueur, n'en reste pas moins une sympathique et dynamique comédie, une évasion barrée qui fout la banane, grâce à un tandem Ferrell/McAdams affuté. pic.twitter.com/UQjciXqHwo— FuckingCinephiles (@FuckCinephiles) June 26, 2020

Lorsque l'on prend une vitrine musicale européenne aussi imposante et colorée que l'Eurovision, mettant en vedette un tandem aussi génial que celui composé par Ferrell et McAdams (chevelures blondes flamboyantes et accents islandais prononcés en bandoulière), et qu'on la saupoudre de nombreuses blagues WTF-esque, notamment sur le folklore local ou même les elfes; le résultat ne peut être que férocement ridicule et, Dieu merci, il l'est ici, et même au-delà des espérances.
Car s'il y a bien une chose que l'on ne peut pas reprocher à Eurovision Song Contest : The Story of Fire Saga, c'est qu'il pousse sa singularité au maximum, et qu'il s'inscrit dans la droite lignée des péloches les plus jouissivement barrées de la filmographie bénie de Will Ferrell - La Casa de Mi Padre en tête.

[CRITIQUE] : Eurovision Song Contest : The Story of Fire Saga

Copyright John Wilson/NETFLIX


Passé ce constat, le film de David Dobkin doit s'apprécier pour ce qu'il est, soit un put*** de gros délire sur pellicule - et ce dès son titre on ne peut plus évocateur -, que rien n'arrête, pas même une avalanche de pure bêtise aussi savamment orchestrée que ses numéros musicaux délirants.
Dans la peau de deux musiciens qui tentent de percer dans le monde de la musique pop européenne depuis des décennies, Ferrell et McAdams se fondent à la perfection dans les costumes pourtant difficiles à arborer, des chanteurs islandais Lars Erikssong et Sigrit Ericksdottir, qui forment ensemble le duo musical Fire Saga, spécialisé dans les ballades techno power.
Le hic, c'est qu'au lieu de squatter les plus grandes salles de spectacles du continent, ils pratiquent comme deux ados vieillissants dans le sous-sol de la maison du père de Lars (Pierce Brosnan, juste génial), et ne jouent que dans des bars locaux.
Lars a passé des années à encaisser la déception de son père, tandis que d'autres rappellent à Sigrit que malgré sa belle voix (McAdams arbore la voix mélodieuse de la chanteuse suédoise Molly Sandén), elle a perdu son temps à courir après le rêve de Lars et son affection.

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Copyright John Wilson/NETFLIX


Entre les ennuis de la famille de Lars, le potentiel créatif inexploité de Sigrit, une romance tacite et inavouée entre les deux, et même une participation imprévue mais totalement désirée, au célèbre Concours Eurovision de la chanson (alors qu'ils sont la risée de tout le pays); le film, pleinement conscient de sa vacuité et de la prévisibilité conséquente de sa narration, brasse faussement large en à peine quelques minutes, pour finalement totalement se préoccuper de la chimie qui unit ses deux héros, et encore plus dès leur arrivée en Écosse - lieu de la compétition -, terreau parfait pour une succession de gags merveilleusement irrévérencieux.
Survolant volontairement nombreux de ses volets thématiques pour mieux se focaliser sur les performances excentriques de son casting, la péloche offre le bonheur incroyable de retrouver le Will Ferrell que l'on aime, celui de Ricky Bobby, Anchorman ou même Les Rois du Patins, le bonhomme épousant le moindre détail de la personnalité extravagante de son personnage extravagant, avec une sincérité et une honnêteté sans réserve.
Avec des chants enthousiastes et des costumes argentés infernaux, le comédien s'éclate et semble gentiment se venger d'une fin de décennie ou sa folie était gentiment muselée; Netflix lui laisse une latitude conséquente et il en profite un maximum.

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Copyright John Wilson/NETFLIX


À ses côtés, et démontrant que sa partition enjouée dans Game Night n'était pas que le fruit du hasard, Rachel McAdams se nourrit de l'absurdité naturelle de son partenaire et signe une performance joliment ludique et pleine d'entrain, car même si elle ne chante pas sur scène (ce qui ne l'empêche pas de faire illusion avec énergie), elle véhicule toute l'émotion du métrage.
Dommage en revanche, que la narration s'entête bêtement à les emmêler dans une romance proprement inutile, laissant planer l'idée profondément rétrograde que deux personnages hétéros ne peuvent pas être intéressant à suivre et former un duo musical convaincant, s'ils ne concrétisent pas leur union et se connectent physiquement et sentimentalement l'un à l'autre, à un moment donné.
Un menu défaut parmi quelques autres plus ou moins importants, qui ne gâche cependant jamais le plaisir non feint de ce gros délire de deux heures bien tassées (qui aurait mérité qu'on lui taille un bon bout de gras), qui fout une banane d'enfer lorsque la scène s'illumine et qu'elle laisse place a un grand nombre de numéros musicaux improvisés, kitsch et dynamiques, dont certains sont vraiment mémorables - Lion of l'amour de Dan Stevens en tête.

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Et c'est cette énergie, ce sens de l'humour particulièrement affûtée pour épingler les travers de l'Eurovision - facile à tacler -, qui font de Eurovision Song Contest : The Story of Fire Saga, une satire savoureuse et mineure, qui sait qu'elle n'a rien de révolutionnaire, ni même d'un examen détaillé de la si populaire compétition.
Comme tout bon film de Will Ferrell, elle est une évasion barrée et inoffensive, qui n'a pour seul but que de soulager le stress qui empoisonne la vie de son auditoire, le temps d'une séance, avec le plus de rire gras et de musiques bruyantes à la clé.
Et c'est bien comme ça, même si l'on s'attendait évidemment à (beaucoup) beaucoup mieux.
Jonathan Chevrier 

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