Le Rythme de la Vengeance (2020) de Reed Morano

Ce film est un projet de chez EON Productions connu pour être derrière la célèbre saga James Bond depuis "James Bond contre Dr. No" (1962) de Terence Young jusqu'au prochain et attendu "Mourir peut Attendre" (2020). C'est assez surprenant en fait car EON Productions n'avait jusqu'ici produit que deux autres films hors James Bond, "Appelez-moi Chef" (1963) de Gordon Douglas et "Film Stars Don't Die in Liverpool" (2017) de Paul McGuigan. Par contre, on peut comprendre l'intérêt de EON pour ce film qui est adapté du roman "The Rythm Section" (1999) de Mark Burnell, premier tome d'une série sur une femme devenant une tueuse à gage impitoyable, de quoi créer une nouvelle franchise en cas de succès. Le point fort est que l'adaptation est signée du romancier lui-même, qui signe donc le scénario et qui ets également partie prenante en tant que co-producteur. C'est Reed Morano qui prend les commandes du film, réalisatrice de "Dans la Brume du Soir" (2015) et "Seuls sur Terre" (2018), mais qui débuta comme Directrice Photo notamment sur "Frozen River" (2008) de Courtney Hunt ou "Ainsi va la Vie" (2014) de Rob Reiner... A

Le Rythme de la Vengeance (2020) de Reed Morano

près la disparition de sa famille dans l'explosion d'un avion, Stephanie Patrick est tombée dans la prostitution et la drogue. Mais elle est retrouvée par un journaliste qui lui apprend que l'explosion est en fait due à une attaque terroriste. Dès lors, elle va tout faire pour se venger, en s'entrainant d'abord puis en se faisant un nom de tueuse à gage... Dans le rôle de l'héroïne on retrouve la magnifique Blake Liveky vue dans (2012) de Oliver Stone, "Cafe Society" (2016) et qu'on avait pas vue depuis "L'Ombre d'Emily" (2018) de Paul Feig. Son agent d'apprentissage est incarné par Jude Law vu récemment dans "Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindelwald" (2018) de David Yates et "Un Jour de Pluie à New-York" (2019) de Woody Allen. On peut citer un troisième personne central joué par Sterling K. Brown, acteur encore méconnu mais déjà remarqué dans "Black Panther" (2018) de Ryan Coogler et "Hotel Artemis" (2018) de Drew Pearce... Tourné été 2018 avec un budget confortable mais pas déraisonnable de 50 millions de dollars, ce film s'inscrit dans une veine entre "James Bond" style Daniel Craig et la saga "Jason Bourne" avec le petit truc en plus, le héros est une héroïne badass ce qui a dû plaire aux producteurs en ces temps "pro-féministes" même si on peut citer des tonnes de films. On pense surtout aux films de l'écurie Besson comme "Nikita" (1990) ou "Colombiana" (2011) de Olivier Megaton avec le canevas junkie/passé douloureux, désir de vengeance, apprentissage, mission, émancipation... etc...

Le Rythme de la Vengeance (2020) de Reed Morano

Le prologue annonce la couleur avec une succession entre passé/bonheur et présent/crasse interlope, mais très vite on se pose des questions aux réponses inexistantes et/ou incohérentes : pourquoi et comment un tel drame pousse une jeune femme à se prostituer ?! (la drogue n'étant pas forcément une cause d'après le film), pourquoi un journaliste s'efforce de retrouver une victime collatérale et surtout à quoi cela peut-il bien servir ?! Le terrorisme est de faire peur et donc de toujours revendiquer ses attaques alors pourquoi cet attentat aérien est restée secrète ?!... Donc dès le premier quart d'heure le récit ne tient pas franchement la route, trop d'inconnues dans cette intrigue pour qu'on se prête au jeu. Pourtant Blake Lively donne de sa personne, elle reste crédible et la psychologie du personnage reste intéressante même si elle aurait pu et aurait dû être plus approdonfie. Par là même, l'intrigue, une fois passée le questionnement, méritait d'être plus travaillée car jamais on ne connaît les tenants et aboutissants, ni le pourquoi du comment. A tel point que le seul intérêt du film est de voir Blake Lively en baver puis se transformer en tueuse de sang froid. C'est effectivement un atout, mais pas suffisant pour en faire un vrai bon film. On notera également deux paramètres qui finissent pas décevoir encore : les décors où comment Tanger et Marseille ont les mêmes villes (toutes deux ayant été tournée à Almeria en Espagne), puis la photographie trop terne, et pourtant signée du Directeur Photo attitré de Steve McQueen de "Hunger" (2008) à "Les Veuves" (2018). En conclusion un thriller bancal sur quasi tous les niveaux, qui ne vaut donc que pour Blake Lively (Jude Law est anecdotique) et pour ce mixte espionnage/action plutôt séduisant, l'un ne prenant pas le pas sur l'autre. Pas désagréable en soi, on aura vu beaucoup mieux.

Note :

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